L’OAS pour les Nuls

 

Il y a 63 ans, à Pâques 1961, naissait officiellement, à Madrid (Espagne) l’OAS (Organisation Armée Secrète).

Le 8 janvier 1961 la population de la France métropolitaine était convoquée devant les urnes pour voter un OUI au référendum qui proposait l’autodétermination pour le devenir de l’Algérie Française souhaité par de Gaulle.

Par 75% des votants l’autodétermination, donc l’abandon de l’Algérie par la France, était votée.

Cette autodétermination était rejetée par 72% des votants, en Algérie, mais ce résultat n’était pas pris en compte.

Interrogé en novembre 2009, lors d’un reportage du magazine « Historia », Alain Duhamel, chroniqueur à RTL et l’un de nos plus éminents journalistes politiques, répondait à la question posée : « Quel est, selon vous, l’acte de trahison le plus retentissant de la Ve république ?

-Sans aucune hésitation, celui du général de Gaulle vis-à-vis des Français d’Algérie. De Gaulle est l’Algérie, c’est vraiment une trahison de nature politique. Si j’ose dire, c’est une trahison d’Etat ».

Il est certain que l’OAS n’aurait jamais vu le jour si De Gaulle avait respecté sa parole et n’avait pas trahi les Européens d’Algérie et l’armée qui défendait ces trois départements français.

Un mois plus tard, en février 1961, les généraux Jouhaux, Gardy, les colonels Godard, Gardes, le docteur Jean-Claude Pérez et Jean-Jacques Susini, lançaient l’opération OAS et les premiers messages s’affichaient sur les murs d’Alger « OAS vaincra ».

 

A Pâques 1961, l’OAS se constituait officiellement à Madrid, sous le commandement du général Raoul Salan, de Pierre Lagaillarde, du capitaine Ferrandi, de Manuel Gomez, représentant M. Georges Bidault (surveillé par la DST) et de quelques autres patriotes qui refusaient l’abandon de l’Algérie française.

L’OAS s’est organisée après l’échec du « putsch » des généraux.

Les quatre plus prestigieux généraux de l’armée française avaient pris la décision de se révolter contre le chef de l’État français qui s’était parjuré et les avait trahis.

Cette trahison mettait en danger la vie de leurs soldats, qui allaient tomber pour une politique d’abandon de l’Algérie, alors que la guerre était gagnée sur le terrain.

Dès lors certains officiers et leurs régiments prenaient la décision de se dresser contre l’État français et sa politique incompréhensible et désastreuse.

Le général Challe, chef d’état-major de toutes les armées, refusait de dresser une partie de l’armée contre l’autre et ne souhaitait pas que les Unités Territoriales (200.000 hommes, Français d’Algérie, mobilisés et armés), qui avaient été dissoutes un an plus tôt (suite à un complot organisé de main de maître par De Gaulle, lors des « barricades de janvier 1960, à Alger) soient réarmés. Il jetait donc l’éponge et se rendait aux autorités.

De Gaulle purgeait aussitôt l’armée : 220 officiers étaient relevés de leur commandement.114 traduits en justice. Trois régiments ayant pris une part active au « putsch » étaient dissous, (le 1er REP, les 14e et 18e RCP) ainsi que le groupement des commandos de l’air. Plus de 1000 officiers démissionnaient par hostilité à la politique du chef de l’état.

Arrêtés, les généraux Challe et Zeller étaient condamnés à 15 ans de réclusion (Ils seront par la suite amnistiés et réintégrés).

Les généraux Salan et Jouhaux disparaissaient et entraient en clandestinité.

Pendant ce temps-là, Georges Pompidou rencontrait en Suisse, sur l’ordre du chef de l’état, des représentants du FLN afin d’entamer des négociations.

Il ne restait plus qu’un seul recours, pour tenter de conserver l’Algérie à la France, contre la politique d’abandon mise en place par De Gaulle : l’OAS (Organisation Armée Secrète).

Dès lors le destin de l’Algérie Française, notre destin, était entre nos mains.

Le général Raoul Salan estimait, en son âme et conscience, que les décisions du gouvernement français, en ce qui concernait UNIQUEMENT l’indépendance de l’Algérie étaient contraires à l’intérêt de la Nation. (Tout comme l’avait fait en 1940 le « général » De Gaulle après la décision de signer l’armistice par le gouvernement de Philippe Pétain).

Il estimait également que, contrairement au général De Gaulle, il y allait de son honneur, et de l’honneur de tous les officiers qui l’avaient rejoint, de respecter la parole donnée, par De Gaulle, de conserver l’Algérie à la France.

De très nombreux résistants de la grande guerre et des compagnons de la Libération rejoignaient l’OAS : Georges Bidault (Président du dernier Conseil National de la Résistance (CNR), après la disparition de Jean Moulin, et qui succèdera au général Salan, dès son arrestation, à la tête de l’OAS), Jacques Soustelle, homme de gauche et ex gouverneur général de l’Algérie, les colonels Château-Jobert, Savelli, Ceccaldi, et bien d’autres.

Le docteur Jean-Claude Pérez se voyait confier l’O.R.O., branche dure, avec comme adjoint le Lieutenant Degueldre, ancien officier du 1er REP, responsable de la formation et de la direction opérationnelle des futurs commandos deltas.

L’OAS, disait-on, et lisait-on dans les médias et la presse française de l’époque, et même de nos jours, avait mis l’Algérie à feu et à sang.

Permettez-moi de vous rappeler que l’OAS n’a existé que seize mois, de fin février 1961 à début juillet 1962, et que ceux qui ont ensanglanté l’Algérie de 1954 jusqu’à fin 62 ce sont le FLN et l’ALN, et, en mars 62, avec la complicité de l’armée française, lors du blocus de Bab-el-Oued et le massacre du 26 mars, pas l’OAS.

L’OAS a exécuté des individus communistes et gauchistes qui étaient les complices justement de ceux qui ensanglantaient l’Algérie, les « porteurs de valises » métropolitains qui les finançaient, fournissaient armes, faux papiers, aide et assistance, explosifs, fabriquaient leurs bombes et organisaient des attentats aussi bien en Algérie qu’en métropole.

L’OAS a éliminé la grande majorité des « Barbouzes » recrutés par le gouvernement pour la combattre.

L’OAS a plastiqué les entreprises et les commerces de ceux qui abandonnaient leur pays en guerre pour fuir en métropole.

 

Lors des dernières semaines, quand tout était perdu, a pratiqué la politique de « la terre brûlée » pour répondre aux enlèvements et aux assassinats dont été victimes en masse la population de l’Algérie, par ses « nouveaux maîtres » et tenter de remplacer l’armée française qui restait « par ordre » l’arme au pied et se déshonorait, obéissant à un chef d’état et à un gouvernement d’abandon.

 

L’OAS n’a jamais été une organisation d’extrême droite, comme tentaient de le faire croire aux « métropolitains » la presque totalité des médias, au service du gouvernement, des communistes et des gauchistes (et n’ont jamais cessé de l’affirmer depuis).

 

Il suffit de rappeler que son chef, le général Salan, était plutôt étiqueté à gauche, au point même qu’un attentat avait été organisé, notamment par Michel Debré, et justement par la droite française, afin de l’éliminer physiquement car elle supposait qu’il avait été placé à ce poste de gouverneur militaire de l’Algérie dans l’objectif d’un rapprochement avec le FLN, et ce fut le commandant Rodier qui fut tué.

Quant aux autres officiers, militaires et civils, ils n’avaient aucune autre idéologie que de servir la Patrie et défendre la présence française.

Il n’y avait au sein de l’OAS aucune agressivité contre l’ensemble des musulmans. Les ennemis à exécuter étaient les terroristes du FLN et les traîtres français qui étaient leurs complices.

90% de la population approuvait l’action de l’OAS, sans participer aux opérations armées ni aux exécutions nécessaires, mais, effectivement, trop peu nombreux furent ceux qui participèrent activement à la défense de leur pays.

N’oubliez jamais qu’après le général Salan, l’officier le plus gradé et le plus décoré de l’armée française, c’est M. Georges Bidault qui l’a remplacé à la tête de l’OAS. Georges Bidault qui fut le dernier président du CNR (Conseil National de la Résistance), l’homme qui a remplacé Jean Moulin comme responsable de la résistance française face aux nazis.

Le plus bel hommage que l’on pouvait rendre à l’OAS, lui a été justement rendu par son ennemi le plus acharné, le général De Gaulle. 

Dans son livre « C’était De Gaulle », Alain Peyrefitte, ministre, très proche du général, n’hésite pas à affirmer que l’OAS « c’est le sursaut d’un peuple qui ne veut pas mourir », et il fait part de cette confidence du « général » : « Les gens de l’OAS me haïssent parce qu’ils sont aveuglés par leur amour de la France. Mais si ceux qui soutiennent le FLN (les gauchistes Français) me haïssent tout autant c’est parce qu’ils sont aveuglés par leur haine de la France ».

Manuel Gomez

 

 

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19 Commentaires

  1. On rappelle toujours la fameuse phrase”je vous ai compris” et on dit que cela était un peu ambigu et pouvait être compris dans les deux sens.
    Mais on oublie toujours, et pour cause, que de gaulle, à la fin de son discours, a prononcé quelque temps après à Mostaganem, le 6 juin 1958, devant une foule immense, toutes religions confondues ” il n’y a ici aujourd’hui que des français, vive la France, l’Algérie française”
    j’avais 12 ans et j’y ai assisté avec mes parents.
    Voilà pourquoi, j’ai le droit de détester cet homme là, sachant la suite de l’histoire.

  2. Après, si on dit que cette indépendance était portée par le mouvement de l’histoire et des décolonisations des grands empires britannique et français, c’est accepter une grille d’analyse marxiste(historiciste), et puis il y a l’argumentation de De Gaulle notamment relativement parlant à l’Islam: pouvait-on conserver un territoire avec une population dans la population musulmane allait devenir presque égale à la population non musulmane sur l’ensemble du territoire national?
    L’argument de Colombey-les-deux -Mosquées tient quand même la route.
    De toute façon ça à servi à rien nous en avons quand même un sacré contingent sur le territoire national!
    Quand on coupe le cordon on le coupe pour de bon, quelle erreur tragique!

    • Bonjour,

      Ce qui est quand même impardonnable, c’est ce que j’ai entendu de la bouche du professeur Yves Lacoste, pas précisément un “facho”.

      A savoir, que dès l’été 62, on a laissé immigrer en France une bonne partie de l’Etat-major du FLN.

      Que ces crapules FLN n’aient aucune conscience, on s’en doutait, mais que le pouvoir ait laissé faire, c’est une véritable trahison.

  3. Je sais très bien pourquoi une partie de mes grands-parents qui étaient des rapatriés du Maroc et dont un avait cru après l’indépendance du Maroc, quittant Meknès, où naquit d’ailleurs un certain Bernard Lugan professeur émérite, tenter sa chance en Algérie, ne pouvait pas supporter le général de Gaulle même si je reconnais des mérites par ailleurs au général( mais c’est à titre personnel).
    C’est bien d’avoir aussi rappelé que beaucoup de ces généraux qui ont été relevés par le général de Gaulle étaient d’anciens résistants qui se sont battus pour la France contre l’occupant nazi et non pas des gens d'”extrême droite”, c’est tellement facile de la sortir celle-là!

  4. Et de nos jours, on retrouve les mêmes, ceux qui haïssent la France et font tout pour la détruire, j’ai nommé la gauche traitresse et vendue à tous les ennemis de notre pays, depuis l’époque des socialistes , Mitterrand et sa francisque et son ami Bousquet, alliés des nazis.

  5. Merci Monsieur pour ce rappel historique car vous avez la légitimité pour vous.Il nous revient de transmettre cette belle mais triste vérité à nos enfants.

  6. Monsieur Gomez, je lis toujours vos articles avec intérêt . J’ai lu celui de RL, le même . Merci pour celui-ci. J’espère que l’immense et grandiose historienne qui passe sa vie à épousseter les étagères des Archives Nationales ne viendra pas dégommer les commentateurs qui vous suivent en les traitant d’ignares. Encore merci.

  7. Et maintenant, on a la France algérienne.

    Un des problèmes était que les algériens constituaient la base des ouvriers dans l’industrie automobile et qu’il a fallu faire venir les familles.

  8. Et aujourd’hui les prémices de l’Algérie sur notre sol métropolitain. Il eût fallu interdire aux algériens de venir en France mais la main d’oeuvre pas chère en décida autrement.

    • De Gaulle lui-même s’était inquiété de l’arrivée massive d’Algériens en France après l’indépendance. Quand on pense que par ailleurs il avait interdit le rapatriement des harkis et de leurs familles après Evian, les abandonnant aux massacres des fellaghas…Heureusement dans la honteuse panique de 1962 quelques officiers ont désobéi aux ordres et en ont sauvé un certain nombre.

  9. Merci pour cette remise en vérité d’une époque douloureuse de notre histoire ! que n’a t-on entendu a ce moment là tout sur la fameuse OAS , depuis De Gaulle a commencé a baisser dans l’estime de ma famille et surtout lorsque je racontais au retour avoir vu tous ces gens en larme sur le bateau trahis par mon pays manipulé en même temps par la merde pro-Russe de l’époque aveugle et a la mémoire courte .

  10. Oui, mais l’OAS avait démarré bien avant 1961 où elle s’est officialisée. Nous en faisions déjà partie des années avant pour tenter de sauver ce pays 4 fois plus grand que la métropole et dont Alger avait été capitale de la France en guerre ……

  11. On aurait mieux fait de tout raser quand on est allé là-bas. Au lieu de ça, on a construit un pays, pour la reconnaissance qu’on a aujourd’hui. On reconnait un mauvais arbre aux fruits qu’il donne. Ben on est servi.

    • C’est ainsi toujours ainsi. Prenons l’enseignement: Lorsque l’élève réussit c’est grâce à lui, lorsqu’il rate c’est à cause du professeur.
      Il serait dommage de tout détruire. Ce serait laisser à penser que la France n’est que l’aspect actuel sans culture ni passé même si en Algérie c’est surtout la France Franc-maçonne de la 3eme République.
      é

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