Le concert imaginaire

C’est le 7 mai 1824 que fut jouée pour la première fois à Vienne, la neuvième symphonie de Beethoven ; le succès fut considérable. Le concert débutait par l’ouverture La consécration de la maison, créée le 3 octobre 1822. Une semaine après ce concert mémorable, Beethoven en organise un autre avec, en plus, La Fantaisie chorale composée en 1808 dont la première fut donnée  le 22 décembre. On trouve dans cette œuvre unique en son genre (piano, orchestre et chœurs) les prémices de L’Ode à la joie de la neuvième symphonie. Le concert du 14 mai n’existe que dans mon imagination, quoique, quoique…

Pour l’ouverture, j’ai choisi la version Karajan de 1968, interprétation qui, à mon avis, reste inégalée :

Pour la fantaisie chorale, j’ai opté pour la version Bernstein avec le pianiste Homero Francesch et l’orchestre philharmonique de Vienne. Ce choix n’est pas innocent, je m’en expliquerai plus tard. Ci-dessous les paroles de l’œuvre (sur la vidéo les sous-titres sont en anglais) :

Texte original (Allemand)Traduction française
Schmeichelnd hold und lieblich klingen

unsers Lebens Harmonien,

und dem Schönheitssinn entschwingen

Blumen sich, die ewig blüh’n.

Fried und Freude gleiten freundlich

wie der Wellen Wechselspiel;

was sich drängte rauh und feindlich,

ordnet sich zu Hochgefühl.

Wenn der Töne Zauber walten

und des Wortes Weihe spricht,’

muss sich Herrliches gestalten,’

Nacht und Stürme werden Licht,’

äuß’re Ruhe, inn’re Wonne,

herrschen für den Glücklichen

Doch der Künste Frühlingssonne

lässt aus beiden Licht entsteh’n.

Großes, das ins Herz gedrungen,

blüht dann neu und schön empor,

hat ein Geist sich aufgeschwungen,

hallt ihm stets ein Geisterchor.

Nehmt denn hin, ihr schönen Seelen,

froh die Gaben schöner Kunst.

Wenn sich Lieb und Kraft vermählen,

lohnt dem Menschen Göttergunst.

Les harmonies de notre vie résonnent

d’un chant flatteur, gracieux et charmant,

et des fleurs éternelles

s’éveillent au sens de la beauté.

La paix et la joie dansent en toute amitié

comme le va-et-vient des vagues ;

la rudesse et l’hostilité qui se bousculaient

cèdent devant l’enthousiasme.

Lorsque la magie des sons se fait entendre

et que parle la bénédiction du verbe,

quelque chose de magnifique doit se dessiner,

la nuit et les tempêtes se changent en lumière :

Les bienheureux voient régner

autour d’eux la paix, en eux le bonheur.

Et le soleil printanier des arts

fait surgir la lumière de cette paix et de ce bonheur.

La grandeur qui était enfermée dans nos cœurs

refleurit et se dresse joliment vers le ciel ;

si l’esprit s’élance,

un choeur d’esprits lui répond sans cesse.

Acceptez donc avec joie, belles âmes,

les présents de l’art.

Quand l’amour et l’énergie se rejoignent,

l’humanité reçoit la faveur des dieux.

Et maintenant, c’est l’heure de :

L’orchestre de chambre de Brême sous la direction de Paavo Järvi va nous jouer maintenant l’ultime symphonie du maître de Bonn :

LES BONUS

En 1962, Leonard Bernstein avait déjà enregistré la fantaisie chorale avec le génial Rudolf Serkin. J’ai écouté et visionné une pléiade d’interprétations de cette œuvre, mais celle-ci est la meilleure de tous les temps. Bernstein lui-même reconnaissait que sa période en que chef principal du New York Philharmonic (dans les années 60) était la plus excitante de sa carrière. Peu après la disparition du maestro, la maison Sony a sorti une intégrale des enregistrements à New York, la Royal Edition qui comportait plus de 100 CD, puisque parmi cette collection figuraient des albums doubles ou triples. Chaque CD comporte une aquarelle différente du prince Charles, aujourd’hui Charles III, d’où le nom de la collection. Je n’ai pas tout acheté car je possédais déjà d’autres enregistrements de Lenny, mais ma CD-thèque en comporte pas mal :

Et pour terminer, une curiosité ; il y a peu, j’ai rédigé un article consacré à Franz Liszt, fantastique transcripteur comme vous pourrez le constater (partition incluse !) :

ET SI ON RIAIT UN PEU ?

Certainement pas en tout cas avec notre sinistre de l’Intérieur, l’ineffable Dard-Malin. Un de ses prédécesseurs, un certain Christian B. nous aura bien fait rire à l’insu de son plein gré !

Filoxe

 

 

 

 

 

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2 Commentaires

  1. Merci pour cet article, Herr Kappelmeister. Euterpe s’est penchée sur votre berceau.

  2. Vous avez raison Filoxe Bernstein fut un excellent chef d’orchestre, il enregistra notamment la première intégrale des symphonies de Malher, il fut également un grand vulgarisateur auprès des enfants afin d’assurer la continuité du public, ses emissions TV étaient fabuleuses! Merci encore pour vos articles.

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