De Don José à Manu, personne n’échappe à son destin

 

Suite de l’échange entre Emmanuel Macron (EM) et son garde du corps (GDC) :

EM : quel destin ?

GDC : mais enfin, monsieur le président, c’est le 8 mai, vous devez remonter les Champs-Élysées !

EM : ah non, z’ai trop peur, le méssant peuple sera là avec ses dispositifs sonores portatifs ! Brizitte ne peut pas venir avec moi ?

GDC : faites pas l’enfant, monsieur le président, vous allez voir, on a prévu une surprise rien que pour vous !

EM : bon, alors, ze descends ! (et là, le petit Manu monte dans la voiture et plus tard s’aperçoit que l’avenue est vide).

EM : oh ben ça c’est zentil alors, merci, merci, mais ze peux saluer ?

GDC : bien sûr, monsieur le président, on a fait comme vous avez dit, on les a eus, ces connards et puis vous savez que vous faites tout ce que vous voulez !

EM : bonzour, les arbres, bonzour les maisons, bonzour les pizons, c’est le plus beau zour de ma vie !

(On remarquera la présence de BFMTV, un hasard, sans doute).

Revenons à présent à un sujet plus sérieux, j’ai nommé LE DESTIN. Et on va commencer avec Fatum, une fantaisie symphonique écrite par Tchaïkovski en 1868. Mécontent du résultat, le compositeur détruisit la partition de l’œuvre ; il avait juste oublié que les parties d’orchestre avaient déjà été imprimées et cette composition, pourtant créée le 27 février 1869 à Moscou, fut rejouée après sa mort. Voici l’orchestre académique d’État dirigé par Evgeny Svetlanov :

C’est dans l’opéra que le DESTIN va s’avérer impitoyable. On va commencer par Carmen, créé le 3 mars 1875 à l’Opéra-Comique de Paris. L’œuvre n’eut pas le succès escompté et il faudra 1878, soit trois ans après sa création mais aussi trois ans après la mort de Bizet pour que l’opéra devienne un succès mondial. Les deux personnages qui ne pourront échapper à leur DESTIN sont Don José et Carmen. Le premier va tomber tomber dans la déchéance au cours de l’opéra : brigadier au premier acte, il est simple soldat puis déserteur au deuxième acte, contrebandier au troisième, meurtrier enfin au quatrième. Carmen est une femme entière, sans concessions et son destin lui apparaît clairement dans le trio des cartes. Frasquita et Mercedes, les deux amies un peu frivoles de Carmen décident de tirer les cartes. Notre héroïne essaie à son tour, mais elle ne lit que la mort, pour elle d’abord, pour Don José ensuite. (Cet extrait, comme le suivant est extrait du film de Francesco Rosi avec Julia Migenes et Placido Domingo).

À présent, le final : les cartes ne se sont pas trompées, Carmen est tuée et Don José est arrêté :

S’il y a un maître incontesté du drame dans l’opéra, c’est bien Verdi ! De 1851 à 1853 va arriver ce qu’on appelle la “trilogie de Verdi”, avec Rigoletto (1851), Le Trouvère et La Traviata (1853). Le premier de cette trilogie fut créé le 11 mars 1851 à la Fenice de Venise. Rigoletto s’inspire d’une pièce de Victor Hugo, Le roi s’amuse (non, Macron n’a rien à voir là-dedans !). Les deux personnages qui seront frappés par le DESTIN sont Gilda, la fille du bouffon du Duc de Mantoue, Rigoletto. Ce dernier subit, dès le premier acte, la malédiction de Monterone dont il s’est moqué. Gilda sera tuée par Sparafucile, tueur à gages, en lieu et place du Duc de Mantoue. Celui-ci séduit la fille de son bouffon en se faisant passer pour un étudiant pauvre, Gualtier Maldé :

J’en profite pour dénoncer un scandale absolu ; dans les années 60, une diva d’origine cubaine a connu la gloire grâce à l’air de Gilda.  Même le nom de cette soprano d’exception est tombé dans l’oubli, quelle ingratitude, heureusement que je suis là pour rendre à cette grande artiste la place qu’elle mérite !

Osez dire que je n’ai pas eu raison !

Revenons à l’opéra lui-même, et comment passer à côté de cet air ?

Rigoletto décide de venger l’honneur de sa fille en faisant assassiner le Duc par Sparafucile, puis de le placer dans un sac afin de le jeter à l’eau. Gilda a connaissance des funestes projets de son père et les choses ne vont pas se passer comme prévu :

Quelle magnifique mise en scène signée Jean-Pierre Ponnelle ! Et naturellement vous aurez reconnu le grand Pavarotti !

On termine comme on a commencé avec Tchaïkovski et La Dame de Pique. Trois personnes vont être frappées par LE DESTIN. La Comtesse, qui garde un secret : trois cartes gagnantes au jeu. En voulant connaître ce secret, Hermann va provoquer sa mort, puis il va pousser au suicide la nièce de la Comtesse, Lisa. Le troisième personnage concerné sera Hermann lui-même. Voici les scènes finales de cet opéra magnifique, d’abord Hermann seul dans sa chambre après le décès de la Comtesse, son duo avec Lisa, Hermann dans la maison de jeux. J’ai choisi la version d’Andrew Davis car elle donnée sans public, ce qui évite les bruits parasites. De plus, ce Hermann est le plus terrifiant sur les trois versions que je possède :

(Note : le début de cette scène a fait partie d’un article antérieur).

La première mondiale eut lieu le 19 décembre 1890 (7 décembre dans le calendrier julien) au théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg. Après cette représentation, le compositeur fut porté en triomphe dans les rues de la ville :

Avant de terminer, je reviens sur Chostakovitch. Dans la petite séquence que je vous ai proposée, à part Chosta, un autre personnage apparaît :

Boris Pasternak, vous connaissez ? Voici plusieurs indices, il a écrit un livre qui a été porté à l’écran, bon je sais c’est mince alors plus de détails :

David Lean – Omar Sharif – Julie Christie – Maurice Jarre – La chanson de Lara. Toujours en panne ? (Je suis sûr que non !)

Filoxe

Au fait, comment voyez-vous LE DESTIN de Manu ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 9,361 total views,  1 views today

image_pdf

13 Commentaires

  1. Pour le moment, c’est “la symphonie pathétique”, demain, ce sera “la marche funèbre”

  2. On attend avec hâte son déclin et son éjection mais pas sûr qu’on arrive à se débarrasser de lui aussi vite, j’ai eu vent qu’il essayait de modifier la constitution pour prolonger sa présidence, j’espère que les Français n’accepteront pas son funeste projet ?

  3. Macronor Terminator Flatulator connaîtra un destin tragique lui qui a détruit notre pays mais en ce qui concerne les opéras de Giuseppe Verdi, Piotr Tchaïkovski sont un plaisir à écouter avec beaucoup de délectation que procure la musique classique !

  4. David Lean – Omar Sharif – Julie Christie – Maurice Jarre – La chanson de Lara. Docteur Jivago, un très bon film revu plusieurs fois avec le même plaisir . je reviens à foutriquet l’assassin génocidaire , son temps est compté à l’Horloge de l’Histoire et je ne donne pas chère de sa saloperie de carcasse de destructeur mondialiste immigrationniste de la France , son destin se terminera en place de Grève comme au temps jadis ainsi que pour tous les assassins ,violeurs , trafiquants, incendiaires , traîtres à la Patrie(députés , sénateurs, préfets ,juges etc. etc.), corrupteurs .

  5. Le destin de manu est l’oubli, la pire punition pour les ambitieux arrogants qui passent leur vie à essayer de se faire valoir afin de laisser leurs noms à la prospérité . Filoxe vous auriez pu aussi citer l’opera de Verdi “la force du destin” le titre resume tout, mais je reconnais qu’il n’est pas très connu, l’ouverture à servie de musique du film “Jean de Florette” et il est vrai qu’il est difficile d’être exhaustif tant l’opera est prolifique sur le sujet du “destin”.vje ne ferais pas l’affront de citer le film d’apres Pasternak, tout le monde connaît au moins la chanson interprétée par les “compagnons de la chanson”.

    • Quant à laisser son nom à la «  prospérité ‘. Dieu merci ils ne se reproduisent pas encore entre fiottes , sans doute avez vous voulu dire postérité … 😂🤣😇

      • Ouh, je viens de m’en apercevoir, grand merci Martel, ce foutu correcteur d’orthographe a encore fait des siennes, il ressemble à manu, il dit le contraire de ce que l’on pense! Rien qu’a penser que ce tyran pourrait avoir des petits cela me donne des cauchemars. Merci encore et toutes mes excuses.😃

    • Oui c’est vrai, comment n’ai-je pas pensé à la Force du Destin de Verdi, une des ouvertures les plus connues du maître italien ? Merci de cette petite piqûre de rappel !

      • Comme l’écrit Martel, les fiottes ne se reproduisent pas …Quoique qu’avec les utérus artificiels, ça pourrait bien venir :-(((

  6. Merci Filoxe pour cet intermède hilarant et cet article éminemment musical. Le destin de Manu? Qu’il crève !

Les commentaires sont fermés.