Comment empêcher les fonds américains de couler nos banques ?

Depuis quelques semaines, les titres de nombreuses banques américaines et européennes sont « attaquées» sur les marchés financiers. Ces attaques sont d’une telle amplitude qu’elles ont mené à la faillite certaines d’entre elles.

Le Crédit Suisse a bu la tasse en 24 heures, et a dû se faire racheter en urgence par son homologue UBS, le tout s’accompagnant d’un gigantesque prêt de 100 milliards de francs suisse, destiné à assurer la survie du nouveau monstre issu de la fusion.

C’est maintenant le tour de Deutsche Bank, une anomalie de la nature qui aurait dû être restructurée depuis longtemps, et d’autres banques européennes de premier plan comme la Société Générale ou BNP Paribas.

Les questions légitimes que nous sommes en droit de nous poser sont les suivantes : qui sont les attaquants ? Comment procèdent-ils ? Et surtout pourquoi les laisse-t-on faire ?

Les agresseurs sont parfaitement identifiés ; ce sont majoritairement des fonds spéculatifs américains, des hedgefunds.

Ces entités sont de véritables parasites du système financier. Ils ne participent aucunement au financement de l’économie réelle, et ne vivent que de rapines obscures.

Se comportant comme de véritables hyènes, ils identifient une proie mal en point, une société traversant une mauvaise passe, et aggravent par leur action la situation.

La technique la plus classique employée consiste à vendre à découvert les titres de la société sur les marchés, ce qui leur permet de faire du profit à la baisse.

Considérons par exemple la société A, dont l’action vaut 100 euros. La hyène va donc contacter des détenteurs de ces titres pour leur emprunter les titres de la société A sur une durée déterminée, contre une rémunération fixe sur la période considérée. Admettons que fictivement que cette dernière soit de 5 %.

Immédiatement après les avoir empruntés, elle va les revendre en bloc sur le marché, dans le but de créer un sentiment de panique, espérant ainsi faire baisser le cours de la société A.

Lorsque le cours a suffisamment baissé (supposons que la valeur soit maintenant de 80 euros), la hyène va alors les racheter, puis les rendre au prêteur, avec les intérêts.

Le bilan financier de l’opération pour le fonds est donc :

100 euros – 80 euros-5 euros = 15 euros.

Voilà donc comment procèdent ces nuisibles pour générer des sommes considérables sur des sociétés en difficulté.

Mais alors pourquoi ne pas réguler ou interdire purement et simplement ce genre d’activités qui n’apportent absolument rien de bon à la collectivité, qui aboutissent à des catastrophes sociales, dont les contribuables des pays concernés devront éponger les pertes ?

La disparition de Crédit Suisse, par exemple, va se traduire par des dizaines de milliers d’emplois supprimés. Il convient de préciser que près de 15 % des Suisses travaillent directement ou indirectement pour l’industrie financière. Ce ne sont pas seulement des traders qui vont se retrouver au chômage, mais des comptables, des informaticiens et des agents de maintenance et de nettoyage.

C’est là où l’histoire devient amusante, ou tragique, selon le point de vue. En effet, qui sont les entités qui prêtent les titres aux hedgefunds en vue de ces opérations malfaisantes ? Qui peut bien détenir des titres en quantité suffisante, et la logistique nécessaire pour mener à bien de telles opérations ?

La réponse est hélas empreinte d’ironie : les banques elles-mêmes…

En effet, ce qui se nomme en anglais le Prime brokerage (courtier principale en français), consistant à se procurer des titres et à les prêter contre rémunération, est une des activités les plus lucratives des grandes banques, et principalement des principales banques américaines. La période de taux d’intérêt nul que nous avons traversée depuis les années 2010 a d’ailleurs fortement participé à l’essor de cette activité.

Ironie du sort, c’est justement la banqueroute de l’un de ces fonds qui avait coûté la bagatelle de 14,5 milliards de dollars de perte à Crédit Suisse il y a quelques années, lui faisant faire un pas de plus vers l’abîme.

On peut alors se demander légitimement s’il n’existe pas des solutions afin de neutraliser définitivement cette activité ?

Bien entendu que ces solutions existent, et si elles étaient implémentées, elles donneraient des résultats probants très rapidement.

Tout d’abord, il conviendrait de suspendre les cotations des titres dès qu’une attaque est identifiée sur des entreprises stratégiques, et ce pour une durée illimitée, comme l’a fait la Russie pour ses indices actions au début du conflit ukrainien. Cela laisserait ainsi le temps aux autorités de mettre un plan de sauvetage en place, et donnerait un coup d’arrêt à la baisse des titres.

Mieux encore, on peut parfaitement imaginer que les États se dotent d’une force de frappe financière conséquente, en accord avec la banque centrale, afin d’identifier ces hyènes.

En cas d’attaque, cette entité étatique rachèterait les titres attaqués afin de les faire remonter en flèche, ruinant ainsi définitivement le hedgefund hostile, qui exploserait en quelques jours.

Il suffirait de faire un exemple, en choisissant un fonds américain assez connu, pour nous mettre à l’abri de ces cloportes. Ces gens sont des rapaces, pas des têtes brûlées ; ils sont parfaitement rationnels, et ont bien conscience qu’il n’y a rien à gagner à s’en prendre à un porc-épic.

Quant à ceux qui participent activement à ces actions sur notre territoire, Vincent Auriol avait en son temps trouvé la solution : « Les banque, je les ferme, les banquiers, je les enferme ».

Alain Falento

https://ripostelaique.com/comment-empecher-les-fonds-americains-de-couler-nos-banques.html

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9 Commentaires

  1. C’est trop tard il fallait supprimer l’OTAN et faire comme DE GAULLE !Maintenant nous ne sommes plus qu’une colonie américaine et la France en tant que pays au niveau international est devenue un département qui applique a la lettre les directives de l’Europe dirigée par l’oTAN et Biden! C’est a dire que la France n’existe plus seule van Der Leyen présidente autoproclamée dirige (avec Biden)De Gaulle doit se retourner dans sa tombe!tous nos élus idem ils sont aux ordres !Des pantins pour un semblant de démocratie!

  2. Et ils prêtent sûrement de l’argent aux états par des canaux détournés. Certains spéculent même sur la ruine des pays. À fusiller de toute urgence. C’est l’écume du capitalisme.

  3. Le Crédit Suisse, Deutsche Bank, la Société générale, BNP Paribas sont en très grande difficulté suite à la crise financière et économique qui s’abat sur le monde Occidental y compris Chez les Amerloques avec la Silicon Valley Bank qui a fait faillite récemment où les salopards d’Amerloques détruisent les banques Européennes avec les Hedgfund qui font de la spéculation sur le dos des banques Européennes pour se faire un blé monstre et il faut se débarrasser d’eux. Ça me ferait plaisir de voir les Hedgfund et les banques Amerloques faire faillite les une après les autres car c’est la fin de la domination économique des Amerloques responsables de la destruction du monde par leur folie guerrière et leur arrogance parce que ces Amerloques vont manger leur Pain Noir !

  4. C’est de modifier ou d’interdire certains outils de mécanisme financier par les autorités des marchés financiers des places boursières ,elles ne sont pas là pour investir comme vous le dites c’est de la spéculation ,on peut parier à la baisse ou à la hausse en shortant en exemple donc il y a une pléthore d’outils financiers sur des produits dérivés, votre question comment s’en protéger je penserai que c’est impossible ,sans une directive de l’état

  5. Que faire, quand on a 3 ronds de côté justement à la BNP? Si quelqu’un pouvait me donner un conseil..

    • …Tout retirer?
      Plutôt avoir son argent sur soi ou chez soi qu’entre de mauvaises mains, non…? Surtout en ce moment…

      Vous pouvez aussi investir dans des biens physiques (vêtements, braséros ou réchauds, bois de chauffage, etc…)… faire des réserves de nourriture… etc…

      …Vous pourriez acheter de l’or : “c’est une valeur sûre”, dit-on…

      Si jamais vous avez un peu d’argent pour acheter des pièces d’or (Louis d’Or, 50 Pesos, Souverain, etc…), renseignez-vous bien quand même (il ne faudrait pas que vous vous fassiez avoir), et pensez à demander à ce que les pièces que vous achetez soit sous scellé(s)!
      (Je ne suis pas une spécialiste, alors je ne peux pas vous conseiller… mais peut-être que vous devriez demander à un bijoutier ou quelqu’un qui s’y connaîtrait dans l’or ce qu’ils en penseraient…?)

      …C’est VOTRE argent, et vous en faîtes ce que vous voulez.
      Bon courage!

      • Merci Émilie. J’ai fait un petit héritage que j’ai mis sur un compte épargne, mais comme ça tangue au niveau des banques, on est un certain nombre à se poser la question..

  6. “un gigantesque prêt de 100 milliards de francs suisse”

    Hi, hi, et 100 milliards d’euros de fraude chez les Français, MDR :
    Soupçons de fraude fiscale géante : des perquisitions en cours dans cinq banques en France
    Les banques Société générale, BNP Paribas, Exane (filiale de la BNP), Natixis et HSBC sont visées.
    https://www.francetvinfo.fr/societe/justice/soupcons-de-fraude-fiscale-geante-des-perquisitions-en-cours-dans-cinq-banques-en-france_5737457.html

    • ça sent le roussi, j’espère que ce ne sera pas la chute vertigineuse.
      On a affaire à tant de cons et de malhonnêtes qui tirent les ficelles !!

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