L’insouciance de l’époque des « 400 coups » (1959), c’est fini : où sont passés les enfants des villes ?

Scène du film Les 400 coups : tout le film est tourné en décors réels, sans studio et surtout dans nos rues chéries.

Où sont passés les enfants des villes ?

Les sociologues ne le diront jamais mais une des causes est évidente : la population a bien changé depuis l’époque du film Les 400 coups et tout naturellement, les parents mettent à l’abri leurs enfants de toute la faune importée.

Cela fait le bonheur des vendeurs de consoles de jeux et autres chaînes Netflix avec des séries au kilomètre pour ne pas sortir de chez soi. Les marchands de smartphones s’y retrouvent aussi : cela permet à des enfants de passer une bonne partie du week-end à échanger avec des amis sans sortir de chez eux, voire de leur chambre – une chose impensable pour les enfants que nous étions.

La rue, l’espace public, c’était la « vraie vie », où l’enfant était présent. Et puis les enfants étaient nombreux dans une famille, bruyants et turbulents, les parents leur disaient d’aller jouer dehors.

En cause, il y a bien sûr la voiture qui prend plus de place, mais maintenant, il faut bien dire que  le territoire est contrôlé par les aliens qui y font leur loi. Plus question d’y laisser traîner les gamins.

 

Quelques scènes du film Les 400 coups pour retrouver (un petit peu)  l’atmosphère  de l’époque : 

Dossier les 400 coups

« Mais où sont donc passés les enfants qui allaient chercher le pain à la boulangerie d’en face ? »

Photo de 1957

 

Mais où sont donc passés les enfants qui allaient chercher le pain à la boulangerie d’en face, jouaient à la marelle, se promenaient, en bandes ou par fratries, dans les rues de nos villes et villages ?

Mais où sont passés ces enfants en culotte courte photographiés par Robert Doisneau ou Willy Ronis ?

Ils sont devenus des adultes, aux cheveux blancs et aux idées bien arrêtées. Leurs enfants à eux, en revanche, sont assis sur le canapé du salon devant Netflix ou une console de jeux.

Plusieurs sociologues de la ville, urbanistes et philosophes ont publié des livres récents où ils observent, enquêtes à l’appui, que les enfants ont disparu ces dernières années de l’espace public, n’y sortant plus qu’accompagnés par des adultes. Méfiants et précautionneux, les parents préfèrent garder leurs chères têtes blondes bien au chaud à la maison, loin des agresseurs potentiels et des dangers de la circulation routière.

« Sur les trois ou quatre dernières décennies, il y a eu une diminution du rayon d’action des enfants autour de leur domicile et du temps passé en dehors sans la présence d’un adulte accompagnateur. La tendance globale dans les villes européennes est donc celle d’un retrait des enfants de l’espace public », assure Clément Rivière, maître de conférences en sociologie urbaine à Lille (Nord) et auteur de « Leurs Enfants dans la ville »

[…]

Le Parisien,  11 janvier 2023 

Voir aussi : Le Monde, septembre 2022

Les photos qui suivent datent pour la plupart des années 1950, à l’époque où les enfants dans les rues de Paris étaient omniprésents.

M° Couronnes, 1968
Photo Léon Claude Vénézia © Roger-Viollet

Les friches industrielles ont disparu et les rares espaces verts disponibles sont réservés aux migrants.

Passage Julien Lacroix, Ménilmontant, 1953
Photo Robert Doisneau © Atelier Robert Doisneau

Toits de Ménilmontant, 1952
Photo Édouard Boubat

Où sont passés les Enfants des Villes ?
 » La voiture fondue », Zone autour de Paris, 1944
Photo Robert Doisneau © Atelier Robert Doisneau

Pour la petite histoire de cette photo, le photographe avait été contacté bien des années plus tard par un des enfants (celui au volant ou celui sur le toit) pour lui dire qu’il était devenu mécanicien automobile.

Rue des Terres au Curé, 1954
Photo Sabine Weiss

C’était peut-être dur mais nous n’avions pas la crainte d’être agressés,  nous pouvions jouer dans la rue, en plus tout le monde se connaissait.
Rue Vilin, Ménilmontant, 1960
Photo de Jean Jéhan, extraite du livre « Paris Bohème » 1960, aux éditions Parimagine
Enfants jouant sur le plateau Beaubourg, rue Saint-Merri. Au fond la rue Brisemiche. le 3 août 1959
Photo René Maltête 1958
Rue Tholozé, Montmartre, 1950
Photo Jacques Verroust, fin des années 1950
En 2023, les grilles qui entourent les pieds d’immeuble ont été installées partout : elles sont destinées à empêcher les dealers de squatter les halls d’entrée.
Démolition et terrain vague, Ménilmontant, 1955
Photo Henri Guérard
Escaliers de la rue Piat, 1959
Photo Willy Ronis
Le Marais, 1952. Enfants jouant dans un terrain vague
Enfants dans un terrain vague, porte de Saint-Cloud, 1950 – Photo Sabine Weiss
2023 : les  mairies écolos coupent des arbres magnifiques et créent des zones grillagées, des terrains de baskets clôturés à l’américaine, pour bien enfermer les jeunes. Les racailles y stagnent tout le temps, les petits ne peuvent pas y accéder…
Des jeunes garçons jouent sur la chaussée, place du Tertre à Montmartre dans les années 1950. Pauvre place du Tertre maintenant, c’est la foire !
Photo INTERCONTINENTALE : AFP
La Mère catherine, point de chute des  Patriotes de Philippot. 
Rue Maître Albert vue du quai Montebello
Photo Inge Morath © The Inge Morath Foundation
Il faut  souligner le rôle essentiel des commerces de proximité. Ils jouent un rôle important à la fois dans l’animation du quartier, mais aussi dans le rassurement des parents (« si tu as un problème, tu entres dans un commerce, tu demandes à m’appeler »). Il y a une forte confiance dans la figure du commerçant non halal.  Or, dans de nombreuses villes, le nombre de commerces est en baisse ou bien aux mains de communautés.
Construction d’une planche à roulettes. Belleville 1951 – Photo Gérald Bloncourt
Les « calico » : une planche et 2 tasseaux et 4 roulements à billes ! 
Et toujours le béret !
Les pistes cyclables ont pourri Paris, expropriant les pietons dans beaucoup de petites artères
Rue Edmond-Flamand, 1952
Photo Sabine Weis
Parfois, un papa rapportait des roulements à billes de l’usine ! Mais là, il manque la ficelle attachée  à la barre avant pour diriger le bolide !
Dans le Marais – Photo Florence Leroy
La marelle, 1960 – Photo Gérald Bloncour
Le charpentier de la rue Saint Louis en l’Ile, 1947
Photo Robert Doisneau © Atelier Robert Doisneau
Au XIXe siècle, les enfants pouvaient voir des artisans travaillant dehors.
« Je suis tombé par terre,
C’est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C’est la faute à Rousseau
. »

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17 Commentaires

  1. C’est vrai qu’on adorait jouer dans les terrains vagues quand on était môme même si (et surtout si) c’était interdit par les parents.
    Mais malgré tout, il y a un progrès : il n’y a presque plus de terrains vagues parce que l’on a arrêté de tout démolir comme c’était le cas à l’époque.

  2. Quand on voit des petiots de quatre ans s’amuser librement dans la rue, on s’aperçoit du chemin parcouru.
    On ne pourra pas revenir en arrière, mais il est peut être encore temps de stopper la chute définitive de notre société.
    Alors que les aliens qu’on nous impose tuent et jouent de l’arme blanche sur la population, violent des femmes de 90 ans et plus, et n’hésitent pas à voler une chienne pour assouvir leur instinct bestial, le micron farceur nous en promet d’autres pour lesquels nous devrons travailler plus longtemps.

  3. Ce fut la « belle France », pas encore infestée de racailles extra européennes, celle que j’ai connu. Mon patelin de la banlieue nord de Paris (eh oui) n’était que champs, d’arbres fruitiers, de maraîchers. Une petite rue pavillonnaire qui ressemblait à un coin de campagne…Terminé de nos jours. Tout a été « bétonné » depuis.

  4. Quelle belle enfance j’ai eu à la campagne, cachettes dans les fermes des copains, cabanes dans les bois et batailles de boules de neige car il neigeait encore abondamment. Tous les enfants se déplaçaient à vélo et c’est comme cela que je faisais du VTT sans le savoir et que par la suite j’ai escaladé maints cols des Alpes….La route qui traversait le hameau nous appartenait, tous les enfants prenaient le bon air car très peu de loisirs étaient en intérieur, c’était LA LIBERTE! Bien sûr qu’il y avait des contraintes et des misères mais c’était une vie tellement plus riche avec beaucoup moins.

  5. Dès que l’on avait fini nos devoirs, on allait tous dehors pour jouer autour des bâtiments, courir dans les terrains vagues etc…
    Je suis triste pour les jeunes de maintenant scotchés à leurs smartphones.

  6. J’ai connu cette période, étant né en 1964, et c’était vraiment génial. Si vous saviez comme j’y repense et comme je regrette ces années 70…

    • Nous sommes si nombreux. On ne peut peut plus s »en tirer par des méthodes normales. C’est à dire par des élections entre les cloutés. C’est effrayant à penser. Mais c’est le cas. L’heure est à l’Histoire. l’Histoire, ça fait toujours mal, mais on survit. Globalement.

  7. Trop de muzz, de musulmans, d’islam. Nous ne sommes presque plus en terre chrétienne et sans parler des femmes qui ne sortent plus avec leurs colliers en or etc…

    • 10 millions d’Angolais chrétiens, et vous ne seriez toujours plus chez vous. Ca n’est pas un simple problème de religion. Osez penser le mot. On n’ose même plus tellement la propagande culpabilisatrice a été efficace.

  8. Que de souvenirs pour moi et ma petite ville bretonne. On se retrouvait pour jouer aux Cow-boys et aux Indiens. On fabriquait des planches à roulette (j’en avais fait une avec l’aide de copains). on faisait du vélo sur l’unique place, devant l’église (aujourd’hui aire de stationnement, ou « parking » ! Les jours sans école, on était toute la journée dehors. On jouait aux gendarmes et aux voleurs dans l’ancienne gare où le petit train de mes souvenirs durant la guerre ne fonctionnait plus… Les gosses, nous étions les rois de la rue… sans rien saccager. C’était la VIE, dans son entier.

  9. Même au début des années 70 ca allait encore les enfants pouvaient jouer sans problème au pied des immeubles et puis les familles wech wech sonts arrivées avec tous les problèmes qu’ils ont engendrés ,cambriolages ,dégradations,trafic de drogue, mon ancien quartier est devenu chicago(nous avons déménagé) et c’est comme ca maintenant dans presque toute la France et ca ne fait qu’empirer à cause de tous ces politiques et leur immigration folle .

    • Le Chicago d’Al Capone l’italien n’a jamais été particulièrement dangereux pour les enfants

  10. Il suffit d’aller au pied des immeubles des cités de banlieue, ils sont toujours là même si ils ont changé physiquement, mentalement et par leur comportement.
    Les autres restent chez eux car maintenant c’est devenu une jungle à l’extérieur.

  11. On a l impression que ces photos ne datent pas du siecle dernier mais bien du dernier millenaire,tant on est a des annees lumiere de notre present !
    L ironie de l Histoire est que certains des enfants photographies se retrouveront sur les barricades de mai 68,lequel fut le commencement de la fin d une France prospere,respectee et sure….

  12. Ils ont été remplacés pardi!
    Par des roms qui font la manche, des mineurs isolés, des OQTF et pleins d’autres enrichissements. Ouais….c’est bien triste le progres

  13. Magnifique album photos, article idem. Merci Jules! Les enfants des villes ont émigré avec leurs parents à la campagne, où se terrent chez eux. Avec les migrants, c’est plus prudent, viols, assassinats, enlèvements…

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  1. Chassées, les mamies parisiennes ne peuvent plus prendre le métro à cause des sauvages – Résistance Républicaine

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