Igor Grabar, 1871-1960, le peintre russe qui a dédié sa vie à l’art

 

« Je ne me souviens pas avoir fait autre chose que dessiner ; je ne peux pas m’imaginer sans crayon, gomme, aquarelle et pinceaux ».

Igor  Grabar

Son héritage est énorme: c’était un peintre, un restaurateur, un historien d’art. 

Igor Emmanouïlovitch Grabar est né le 13 mars 1871  à Budapest (Autriche-Hongrie) et mort le  à Moscou

Témoin de deux époques – la Russie tsariste et l’URSS, il a réussi à créer son propre style, qui a combiné l’impressionnisme et le moderne, et a donné une nouvelle signification aux paysages russes.

« L’art, l’art, l’art. Depuis l’enfance jusqu’à maintenant, c’est pour moi presque la seule source de joie et de douleur, de plaisir et de souffrance, d’admiration et de ressentiment, le seul vrai contenu de la vie. »

La grande exposition d’œuvres personnelles d’Igor Grabar, actuellement en cours à la Galerie Trétiakov (18/11/2022–26/02/2023).

 

Vidéo personnelle de Masha,  la Russe en français : 

Le 9 janvier 2023, une soirée-conférence « Igor Grabar, La passion pour l’art » se déroulera à la Maison russe des sciences et de la culture à Paris.

Autoportrait à la palette, 1934-1935, Galerie Tretiakov

 

Son arrière-petite-fille, historienne de l’art et journaliste Eléna Grabar, présentera le parcours créatif de l’artiste en Russie et à l’étranger, son incroyable énergie artistique et son amour dévorant pour l’art.

L’historienne de l’art accordera une attention particulière à une grande exposition d’œuvres personnelles d’Igor Grabar, actuellement en cours à la Galerie Trétiakov (18/11/2022–26/02/2023).

 Igor Grabar est l’une des figures les plus importantes de la culture russe du XXe siècle, artiste, critique d’art, scientifique, directeur de la galerie Trétiakov, réformateur de musée, académicien de l’Académie des sciences de l’URSS et de l’Académie des arts de l’URSS, artiste du peuple de l’URSS.

Son talent s’est étendu bien au-delà des frontières d’un seul domaine d’activité : il a participé à la formation de l’histoire russe et de la théorie de l’art, de la pédagogie, a contribué au développement de la critique d’art, a été aux origines de l’école scientifique russe de restauration et a même fait ses preuves en tant qu’architecte néoclassique.

La conférence se déroulera en russe avec traduction simultanée.

Début de l’événement à 18h30.

Entrée strictement sur inscription préalable.

https://my.weezevent.com/soiree-conference-igor-grabar-la…

 

Rayon de soleil, 1901

Élève d’Ilia Répine diplômé de l’Académie impériale des Arts, Grabar est parti en 1896 en Europe pour apprendre dans l’atelier d’Anton Ažbe. De retour en Russie, il s’est installé à Moscou. Il est devenu membre de l’association de peintres Mir iskousstva  (« Le Monde de l’art ») et, en 1902, a exposé 10 de ses travaux. L’un d’entre eux, Rayon de soleil, a été acheté par la galerie Tretiakov.

Chauffeur, 1904

Le peintre visitait souvent le village de Douguino, où habitait son ami – Nikolaï Mechtcherine. Ensemble, ils partaient pour des études dans les villages voisins, et parfois leurs chauffeurs devenaient des modèles pour leurs futurs tableaux. Comme, par exemple, Michoutka – qui, de par l’expression de son visage, n’était pas enjoué à l’idée de poser aussi longtemps.

Azur de février, 1904

En travaillant à Douguino, le peintre se levait tôt et partait pour ses études. Essayant d’immortaliser les changements instantanés à la lumière naturelle, il a, un jour, s’oubliant à observer un bouleau, laissé échapper son bâton de ses mains. À cet instant, en levant les yeux, Grabar a aperçu « le rayonnement de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel ». Sur fond d’un ciel hivernal bleu, l’arbre brillait de blanc, ses branches dansaient, en formant de nouvelles nuances de couleurs. Pour conserver ce plan, le peintre a creusé une tranchée dans la neige et a peint depuis celle-ci.

Vent printanier, 1905

En 1905, Grabar est parti à Paris, où il s’est plongé dans l’étude des travaux de Van Gogh. Il était littéralement enchanté par sa technicité incroyable et a modifié son approche de ses propres travaux.

Le résultat a été Vent printanier, ressemblant visuellement au tableau La chambre à coucher de Van Gogh. La toile a été achetée par le légendaire mécénat Ivan Morozov pour sa collection.

Poires sur nappe bleue, 1915

Son travail sur la multi-volumineuse Histoire de l’art russe a englouti le peintre : il parcourait le pays en recherchant des matériaux d’archives. Dans les années 1908-1915, sont sortis huit volumes de la compilation, qui est devenue une pièce majeure de l’histoire de l’art russe. En 1913, Grabar est devenu le tuteur de la galerie Tretiakov et y a conduit un profond changement. À l’exposition de Mir iskousstva en 1915, Igor Grabar a présenté sa nature morte Poires sur nappe bleue, qui a été rachetée par l’Académie des arts pour son musée.

Cour à Moscou, 1930

Dans les années 1920, Grabar et l’écrivain Maxime Gorki ont proposé de créer le Village des peintres, où il serait possible de vivre et de travailler. Alors à Moscou, rue Verkhnaïa Maslovka, là où se tenaient avant des pavillons de studios de cinéma brûlés, des maisons dotées d’ateliers sont apparues. L’un des bâtiments a été habité par le peintre.

Allée de Bouleaux, 1940

À la fin des années 1930, le peintre s’est concentré sur une monographie consacrée à son grand maître, Ilia Répine. Au même moment, est sortie sa propre autobiographie sous le nom de Ma vie. Grabar y avouait que l’art était presque sa seule source de joie, de tristesse et était le vrai sens de la vie. Encore et encore traitait-il de l’un de ses sujets préférés – les bouleaux dans un décor estival ou hivernal.

Abramtsevo. Clôture, 1944

Encore dans les années 1930, en face du célèbre domaine Abramtsevo, en périphérie de Moscou, Igor Grabar a fait construire une datcha de son propre projet, dans le style moderne finnois. Ici, il a continué à créer et à travailler sur L’histoire de l’art russe. Plus tard, il deviendra directeur du domaine muséal.

Paysage d’hiver, 1940-1950

À la fin des années 1940, il a entrepris la restauration du plus vieux monastère russe – celui d’Andronikov. Il y installera le Musée d’art de la vieille Russie du nom d’Andreï Roublev.

C’est ici que ce dernier avait été moine, avait peint la cathédrale Saint-Sauveur et avait été enterré en 1428. Même si, à ce moment-là, Grabar s’était éloigné de l’impressionnisme, il revenait parfois à lui. Ce paysage, peint à « cinq minutes du printemps », est un rappel à ce qui distinguait les premières toiles du peintre. Un ciel clair et ensoleillé, des nuages mouvementés – comme un au revoir au passé.

Présentation des oeuvres : merci à  https://t.me/russiabeyond_fr

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4 Commentaires

  1. Pour qui aime l’art pictural, Comment ne pas être subjugué par un tel talent ? Bravo et Merci l’artiste et pour votre article qui nous permet de le mieux connaître.

  2. Merci pour nous faire découvrir et mieux connaître ce peintre aussi talentueux qu’un Cézane ce qui est peu dire … quel talent.

  3. Grand merci pour cet article.Que c’est beau, et cela ne peut avoir été peint que par une belle personne. La vidéo est intéressante, et outre de nombreux tableaux montre également une affluence à cet exposition. Merci à me-russiabeyond de la présentation des tableaux. Etre loin de Paris est parfois dommage…

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