Thilo Sarrazin : l’Allemagne ne pourra jamais produire assez d’énergie solaire et éolienne ! Jamais !

THILO  SARRAZIN : bienvenue à Utopia, gouverner en Allemagne ne sera pas chose facile.

A la fin de l’année dernière, peu après les élections fédérales au Bundestag, Thilo Sarrazin, (entre autres ancien sénateur en charge des finances à Berlin) – et avec qui je suis en contact assez régulièrement me transmettait un de ses écrits concernant la question complexe et actuelle du tournant énergétique en Allemagne, (« Energiewende » en allemand).

Sa position et ses explications sur le sujet semblent complexe au premier abord, lui qui, comme dans tous ces ouvrages, a l’habitude d’appliquer les lois des mathématiques, (par le biais des statistiques par exemple), à des questions de vie pratique.

Au final cependant, son analyse semble couler de source.

Nicolas Faure

ci-dessous  la traduction de cet article en français.

La politique de transition énergétique et climatique menée en Allemagne consiste  :

a.) à réduire fortement la consommation d’énergie dans son ensemble,

b.) à augmenter sensiblement le volume et la part de l’électricité dans le cadre de cette réduction de consommation d’énergie,

c.) à mettre fin le plus rapidement possible à la production d’électricité par le nucléaire, le charbon et le pétrole et à ne tolérer la production d’électricité à partir du gaz naturel qu’à titre transitoire dans le cadre de la production nette d’électricité devant être sensiblement augmentée.

Une forte augmentation de la production nette d’électricité est nécessaire pour le tournant énergétique,

a.) parce que les véhicules à moteur doivent être en grande partie remplacés par des voitures à batterie,

b.) parce que le système de chauffage des logements doit être remplacé par des pompes à chaleur électriques,

c.) parce que les processus à forte consommation d’énergie dans la chimie ou dans l’industrie de l’acier et de l’aluminium doivent également être convertis à l’électricité.

Par ailleurs, un grand espoir réside dans l’hydrogène de couleur bleue. Il pourrait être consommé dans des centrales à gaz. Sa production devrait être rendue possible par d’énormes quantités d’énergie éolienne et solaire. Mais cela reste un projet bien lointain.

En 2021, une toute autre configuration s’est présentée à la réalité énergétique allemande : au cours des trois premiers trimestres, l’énergie éolienne a contribué à hauteur de 20,1 % et l’énergie solaire à hauteur de 11,0 % à la production d’électricité totale de l’Allemagne, soit 31,1 %. La contribution de l’énergie nucléaire et du charbon était en revanche de 45 %. Les capacités de l’éolien et du solaire devraient être multipliées par trois ou quatre en quelques années seulement pour compenser la disparition annoncée ou déjà effective de ces deux sources d’énergie et l’augmentation prévue de la production en électricité. Est-ce réaliste ?

En janvier 2021, 31 115 éoliennes étaient en service en Allemagne, contre 30 617 en septembre, et leur puissance nominale totale a augmenté de 3 % durant cette période. La puissance nominale de l’énergie photovoltaïque a quant à elle augmenté de 7 %. Pour que la production d’électricité atteigne les objectifs fixés par le tournant énergétique d’ici 2030, il faudrait tripler la production d’énergie solaire et quadrupler la production d’énergie éolienne, et ce dès à présent. Même si toutes les parties concernées faisaient preuve de leur meilleure volonté et si la législation allemande en matière de planification devait être modifiée en profondeur en quelques mois, cela serait tout bonnement impossible.

Au cours des quelques jours qui ont suivi sa prise de fonction, le tout nouveau ministre vert de l’énergie, Robert Habeck, a manifestement compris dans quel piège il s’engouffrait. Il est déjà en train de faire marche arrière et a reconnu que la trajectoire de la transition énergétique ne pourrait pas être suivie lors des deux prochaines années. Il semblerait qu’il veuille gagner du temps. Mais sa situation n’est pas facilitée par l’annonce faite par la Commission européenne de vouloir considérer l’énergie nucléaire comme une source d’énergie durable et de vouloir encourager son développement en conséquence. En fermant les six centrales nucléaires restantes, l’Allemagne va se trouver confrontée à un défi de taille.

Le déficit de production qui en résulterait d’ici début 2023 est plus important que la production totale d’énergie solaire de l’Allemagne.  Les médias allemands traitent avec une grande indulgence les fractures logiques et les incohérences manifestes de la transition énergétique et climatique allemande, si tant est qu’elles deviennent un thème récurrent.

Il n’y a toutefois pas lieu de craindre que les lumières s’éteignent de sitôt en Allemagne. Les solides excédents d’exportation allemands permettront encore longtemps d’acheter de l’électricité provenant du charbon polonais, de l’énergie nucléaire française et du gaz naturel russe en quantités illimitées. Mais dans quelques années, il apparaîtra que l’Allemagne gère bien moins bien le tournant énergétique que les pays qui continuent à miser sur l’énergie nucléaire et qui, comme la Grande-Bretagne et la Finlande, la développent carrément. L’opinion publique est un peu comme un enfant capricieux. Il ne faut pas la contredire au mauvais moment, sous peine de susciter la colère. Les politiciens verts doivent revoir en grande partie leur projets politique dans le domaine de l’énergie. L’opinion publique peut rapidement basculer.

Que se passera-t-il si les projets d’éoliennes donnent lieu prochainement à des manifestations similaires à celles des opposants à la vaccination : enverra-t-on les services de protection de la Constitution pour surveiller les opposants à l’éolien réfractaires à cette politique ?

A coup sûr, la gouvernance en Allemagne risque fort de se compliquer.

 Traduit de l’allemand par Nicolas Faure pour Résistance républicaine

 

 

 

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10 Commentaires

  1. En ce moment précis, en Allemagne, 11 octobre 2022 à 9h00, la vitesse du vent à 100m du sol n’atteint 30km/h que sur le littoral de la Mer du Nord (Wilhelmshaven, Bremerhaven) et de la Baltique (Rostock, Greifswald) selon le site météo  » Ventusky  » . (Avec 30km/h de vent, une éolienne ne fournit que ¼ de la puissance installée) Partout ailleurs sur le territoire allemand, c’est le calme plat, vitesse du vent inférieure à 15km/h (seuil minimum de mise en production d’une éolienne). Ils auraient cent fois plus d’éoliennes que cela n’y changerait rien puisqu’il n’y a pas de vent. Quant au photovoltaïque, son rendement est de l’ordre de 13% dans les conditions favorables en été ensoleillé. L’hiver par temps couvert de pluie ou de neige….. La FRANCE n’est pas obligée de copier les âneries.

  2. Surtout ne tombez pas dans le piège des pompes à chaleur.
    Ceux qui y ont cru, s’en mordent les doigts.
    Très cheres à l’installation, elles fonctionnent à l’électricité, et le meilleur c’est qu’elles consomment plus d’électricité que des radiateurs électriques nouvelle génération à accumulateurs de calories.
    Le meilleur pour la fin, vous êtes obligés de payer un entretien annuel dont le prix s’ajoute à la consommation électrique.
    Et j’oubliais de signaler que lorsque la température extérieure est inférieure à 10°, la pompe ne chauffe plus.

  3. Les Allemands ont dû rouvrir des centrales à charbon pour combler le déficit causé par l’arrêt des centrales nucléaires.
    Je ne considère pas cela comme une avancée écologique, mais plutôt comme un régression vers une pollution plus dangereuse pour la santé des bronches, surtout des nourrissons, surtout quand ces fumées de charbon envahissent le nord de la France.

  4. Je crois que l’hydrogene bleu est produit avec du gaz plutot que consomme dans des centrales a gaz

  5. Si j’ai bien compris Thilo ayant décrit la situation existante à fin 2021, il ne prend pas encore en compte les conséquences contre-productives des sanctions anti-russes puisqu’il évoque l’achat du gaz russe, lequel a du/ou doit prendre fin? Ce qui placera l’industrie allemande dans une situation catastrophique, sauf délocalisation généralisée…

  6. Chez nous aussi, on pourrait avoir de l’électricité. Mais la mafia ne veut pas si on ne paye pas la rançon :
    Centrales nucléaires : Le retard dans l’entretien s’explique également par des grèves de la CGT qui ne délivre pas les autorisations nécessaires.

    https://www.fdesouche.com/2022/10/10/centrales-nucleaires-le-retard-dans-lentretien-sexplique-egalement-par-des-greves-de-la-cgt-qui-ne-delivre-pas-les-autorisations-necessaires/

    Ce qui m’interpelle grave, c’est que ce sont les syndicats qui accordent ces autorisations et non la direction.

    • Il me semble que ce syndicat de mafieux cause beaucoup trop de troubles à l’ordre public.
      Beaucoup plus de troubles et bien plus dangereux pour le pays tout entier, que le petit GI.
      Alors je demande : quand le gouvernement va-t-il se décider à dissoudre ce syndicat et le déclarer NUISANCE PUBLIQUE ?
      Doit-on encore subir longtemps ses oukases staliniens ????

  7. Les Prussiens se sont condamner eux même avec leur politique de transition énergétique qui est un fiasco complet avec l’éolienne qui tente de nous imposer les Prussiens plus les panneaux solaires qui sont de véritables escroqueries environnementales , résultat des courses ils sont obliger d’ouvrir des centrales aux charbon pour produire de l’électricité après avoir fermer leurs centrales nucléaires à cause des Ecolo Nazis . Thilo Sarrazin a raison sur ce point !

  8. ´l’Allemagne ne pourra jamais produire assez d’énergie solaire et éolienne ! Jamais !´.
    Pas grave, Macron va leur livrer de l’électricité gratis.

  9. Les moulins à vent et les miroirs aux alouettes ne produisent que de l’électricité de manière aléatoire. Avec ces connards de salopards d’ordures de Verts de terre, nous retournons tout droit vers le moyen-âge. Des pompes à chaleur ? Dès qu’il fera trop froid, leur puissance baissera, et on se gèlera. De plus, des pompes à chaleur dans des immeubles? Impossible. Tout démolir et reconstruire dans du pavillonnaire ? Mais ils n’en veulent plus. De l’électricité pour les bus, camions, voitures, chauffage, et les besoins domestiques, il faudrait raser les forêts, confisquer les terres agricoles et tout recouvrir d’éoliennes, de fermes solaires. Comme vous le voyez, on est dirigés par des cons, des ordures, des fumiers et des irresponsables. Les électeurs de Foutriquet sont encore plus cons que tous les politiques réunis. Quand tu vois la tronche à Agnès Panier-Garni, t’as tout compris.

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