Entretien avec Stephan Brandner, député Allemand de l ‘AfD

Stephan Brandner est né en 1966 à Herten, dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. C’est un homme politique allemand du parti de la droite nationale, l‘Alternative für Deutschland. Depuis décembre 2019, il est l’un des trois porte-parole fédéraux adjoints du parti. Il est député au parlement allemand depuis 2017 et a présidé la commission des affaires juridiques du Bundestag de janvier 2018 à novembre 2019. Stephan Brandner a également été tête de liste de l’AfD dans le Land de Thuringe aux élections fédérales de 2017 et de 2021. Auparavant, il avait siégé au parlement régional de Thuringe de 2014 à 2017. Il est considéré comme appartenant à l’aile nationaliste de l’AfD.

Je me suis récemment entretenu avec lui au sujet de la culture de « référence » allemande, la Leitkultur.

Voici les réponses qu’il a apportées à mes questions.

 

Nicolas Faure : Monsieur Brandner, pensez-vous que l’on puisse véritablement considérer qu’il existe bien une culture dominante typiquement allemande ? Comment la concevez-vous et quelle fonction devrait-elle avoir en Allemagne ?

Stephan Brandner ; l’AfD se réclame de la culture dominante allemande. Celle-ci se fonde sur les valeurs du christianisme, de l’Antiquité, de l’humanisme et des Lumières. Elle comprend, outre la langue allemande, nos coutumes et traditions, notre histoire intellectuelle et culturelle. Notre État de droit libéral, notre appréciation de l’éducation, de l’art et de la science ainsi que l’économie sociale de marché en tant qu’expression de la créativité et de la force créatrice humaines y sont étroitement liés. Elle est le ciment de notre société et donc élémentaire pour la cohésion sociale en Allemagne.

NF : « L’AfD considère l’idéologie du multiculturalisme comme une menace sérieuse pour la paix sociale… », lit-on dans le programme de base. Pouvez-vous nous expliquer cela ?

SB : L’idéologie du multiculturalisme met en danger tous nos acquis culturels.  » Multiculturalisme  » signifie non-culture. Le multiculturalisme dissout la communauté et favorise l’émergence de sociétés parallèles. L’existence durable de sociétés parallèles conduit très souvent à des conflits de politique intérieure et peut même, en fin de compte, provoquer la désintégration d’un État. Nous pouvons déjà observer ces phénomènes en Allemagne : les structures claniques et la justice parallèle rendue par les soi-disant juges de paix n’ont absolument plus rien à voir avec nos valeurs.

NF : Comment imaginez-vous l’identité allemande ?

SB : L’identité allemande n’est pas une question d’imagination. Les convictions et les valeurs communes, notre conception de la morale et de l’État de droit, les traditions et les coutumes constituent notre identité allemande. Ce sont les piliers de notre vie communautaire.

NF: Peut-on penser que la langue allemande est étroitement liée à l’identité des Allemands ? Dans quelle mesure ?

SB : Bien sûr, la langue allemande est étroitement liée à notre identité. Qu’il s’agisse de proverbes, de rimes ou de poèmes, notre langue est omniprésente dans la vie quotidienne. La communication est essentielle dans une société. C’est pourquoi nous nous engageons, à l’AfD, pour que la langue allemande soit inscrite dans la Loi fondamentale, notre constitution allemande. Dans d’autres pays, cela va de soi – mais en Allemagne, compte tenu de la situation politique actuelle, ce n’est pas possible.

 

Propos recueillis et traduits par Nicolas Faure auprès de Stephan Brandner, MdB, le 19/07/2022

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1 Commentaire

  1. Je trouve les propos de Me Brandner tout à fait applicables à la France

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  1. Leitkultur en Allemagne : y a t-il une culture typiquement allemande ? – Résistance Républicaine

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