« Le meilleur des mondes possibles » ou le « Candide » de Bernstein

En ce mois de mai 2022, on chercherait presque en vain où se situe le meilleur des mondes possibles. Peut-être en Hongrie ?

Mais pour Pangloss, le maître à penser de Candide, le meilleur des mondes possibles, c’est celui où l’on vit, quel que soit l’endroit. Pour le philosophe Leibniz, « Pour lui, si Dieu est parfait, le monde ne peut pas l’être, mais Dieu l’a créé le meilleur possible. Le mal existe ponctuellement, mais il est compensé ailleurs par un bien infiniment grand. De plus, selon Leibniz, rien n’arrive sans qu’il n’y ait à cela une cause nécessaire5. Cette croyance est ce que l’on appelle l’optimisme leibnizien ». Pour Voltaire, cette théorie relevait plus du fatalisme que de l’optimisme. Voltaire a écrit ce conte philosophique en 1759 et il a été réédité vingt fois du vivant de l’auteur, ce qui est considérable pour l’époque. L’œuvre de Voltaire est quelque peu déroutante : massacres, viols, amputations, décapitations ponctuent cet ouvrage. Attention à ne pas confondre Candide avec le Coran. Chez Voltaire, les personnages survivent et ressuscitent !

En 1956, le jeune Bernstein adapte le conte de Voltaire et la première représentation a lieu à Broadway le premier décembre. Au bout de 73 représentations, l’opérette est retirée de l’affiche, en gros c’est un bide. Vraisemblablement l’œuvre est trop sérieuse pour Broadway. Candide va subir plusieurs modifications, jusqu’à la version définitive de 1988. On passe d’une opérette à ce qui se rapproche d’un opéra : orchestre important, place importante donnée au chœur, etc. Il existe un DVD de la version concert donnée à Londres en 1989 sous la direction du compositeur, Un petit bijou ! On commence par l’ouverture, ça va de soi !

Écoutons à présent la leçon du docteur Pangloss, avec le texte français en pdf. Comme pour tous les extraits, version de Bernstein suivie de celle de Marin Alsop  :

Et le texte français : Le meilleur des mondes possibles

On va faire l’impasse sur toutes les avanies que subit notre héros, parti de Westphalie, le voici à Lisbonne avec Pangloss au moment où un volcan entre en éruption. Candide et Pangloss sont arrêtés, estimés coupables de cet évènement. Au cours de l’autodafé (un morceau impressionnant !), décision est prise de pendre Pangloss, Candide est fouetté. Pour ne pas surcharger l’article, je ne vais pas mettre le lien, facilement trouvable sur YouTube. J’en ai cependant sorti un court extrait, où l’emprunt de Bernstein à L’Or du Rhin de Wagner est frappante ! On écoute d’abord Bernstein, puis Wagner :

Mais quittons Lisbonne et rendons-nous à Paris. Après la destruction de son château de Thunder-Ten-Tronck en Westphalie au cours duquel tout le personnel a été massacré, Cunégonde qui elle-même a été ultra-violée et mise à mort par ces coups de baïonnette, se retrouve dans la capitale française, Pangloss nous en dit plus :

Et voici Cunégonde qui nous narre son malheur (traduction du texte à la suite) :

Brillez et soyez gaie : Brillez et soyez gaie

Nouvelle venue dans cette histoire, la vieille dame (versions de Bernstein et d’Alsop)

 

Je m’adapte facilement : Je m’adapte facilement

Pour terminer, voici l’air « Bon Voyage ». Après avoir trouvé l’Eldorado en Amérique du Sud et avoir amassé un tas d’or, Candide veut en Europe. Il met toute sa fortune dans l’achat d’un bateau, véritable épave flottante, pas pour longtemps car elle va couler en plein milieu de l’Atlantique :

Bon voyage : Bon voyage

Le Bien universel :

Après toutes ces péripéties, Candide a perdu son bel optimisme. Il revient dans son pays et demande Cunégonde en mariage. « Il faut cultiver notre jardin » :

Il faut cultiver notre jardin : Il faut cultiver notre jardin

Ce voyage en compagnie de Voltaire et de Bernstein touche à sa fin. Ce Candide était l’œuvre du compositeur américain, il l’a travaillée et améliorée jusqu’à son dernier souffle. Cependant, avant de clore cet article, un air de la version originale avec les chanteurs de la création de 1956, un CD introuvable aujourd’hui et très précieux pour moi ! (Voir image de présentation). La différence avec la version de 1988 est particulièrement frappante !

 

Pour finir, le flash mob sur une musique de Haendel. Bravo pour les sopranos qui atteignent l’extrême aigu sans le soutien d’un orchestre !

 

 

 

 

 

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2 Commentaires

  1. Merveilleux flashmob.
    Quel bonheur aussi de voir une (petite) foule sans les affreux voiles islamiques et autres hijabs

  2. J’ai trouvé mon jardin,
    Manque la Cunégonde,
    Manque aussi un larbin
    Pour que récolte abonde!

    En hommage à Filoxe avec mon admiration

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