Sibelius, la musique venue du froid (1)

Après un voyage qui nous aura emmenés de l’Écosse jusqu’aux confins de l’Asie centrale, on va se poser en Finlande avec, en quelque sorte, l’enfant du pays, Jean Sibelius. Durant sa longue existence, il nous aura légué un héritage musical considérable, d’où le (1) après le titre de l’article, car j’aurai l’occasion de revenir sur ce très grand compositeur. Comme vous pouvez le constater, deux drapeaux ont été ajoutés sur la photo de Sibelius : celui de l’Empire russe et celui de la Finlande. En effet, au moment de la naissance de Sibelius, la Finlande était sous la tutelle de la Russie.

C’est ainsi que Finlandia, créé en 1900, a été interdit par les Russes et cette pièce symphonique a dû être jouée sous d’autres noms pour contourner la censure. En 1938, Sibelius a ajouté des paroles, Finlandia devenu de facto l’hymne officieux du pays. Voici les deux versions, la première par le New-York Philharmonic dirigé par Leonard Bernstein, la seconde avec les chœurs : il s’agit d’une version 100% finlandaise. Les choristes sont mêlés au public, ce qui lui permet aussi d’entonner l’hymne.

 

Sibelius a composé sept symphonies, pas toujours faciles d’accès, je dois le reconnaître. Même si ce n’est pas la plus connue, je vous propose la troisième, écrite entre 1904 et 1907 et créée à Helsinki le 25 septembre 1907 par l’orchestre d’Helsinki dirigé par le compositeur. Cette symphonie, en trois mouvements, est considérée comme la plus classique de toutes ; on retrouve encore des interprètes 100% finlandais :

 

Restons en Finlande, plus précisément en Carélie, avec la suite Karelia écrite en 1893. À l’origine, il s’agissait d’une musique de scène en huit tableaux, mais Sibelius n’était pas satisfait du résultat, il en tira une suite (d’une horrible beauté !) en trois mouvements, la voici :

On va terminer ce premier volet consacré à Sibelius avec deux morceaux joués par l’orchestre philharmonique de Radio-France, dirigé par son chef titulaire, le finlandais Mikko Franck ; on commence par le premier mouvement de la suite Le roi Christian, composée en 1898 :

Et enfin le poème symphonique En Saga, créé à Helsinki le 16 février 1893, révisé en 1902 (première le 2 novembre de la même année). Il d’une œuvre à la fois mystérieuse et puissante mais qui ne s’appuie sur aucun support littéraire :

Dans un prochain volet consacré également à Sibelius, je vous proposerai, entre autres, Le concerto pour violon et La Valse triste. Évidemment, il n’y aura pas que ça !

Ah oui ! le flash mob !

Réalisé le 2 septembre 2021 à Münster (Allemagne), un extrait de l’opéra inachevé Tirant d’eau Turandot, vous n’échapperez à la vue déprimante de quelques muselières !

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3 Commentaires

  1. Comment te remercier, Filoxe, une nouvelle fois, pour ce cadeau hebdomadaire que j’attends avec impatience ? Je sais que, au milieu de compositeurs, opéras, symphonies connues (j’ai joué de la flûte dans un petit orchestre de jeunes dans une autre vie, et j’ai dansé de magnifiques ballets avec mes pointes… souvenirs, souvenirs) je vais découvrir des pépites inconnues… Je ne connaissais pas bien Sibelius… une belle rencontre, ah ! le premier mouvement du Roi Christian et Karekia, à damner un saint, et l’inoubliable Finlandia avec ses choeurs, mourir de plaisir ! mais mention particulière pour le flashmob de Puccini. qui m’a fait monter les larmes aux yeux… j’adore quand la culture la musique viennent surprendre, éblouir le passant qui découvre lui qui, souvent n’a jamais mis les pieds dans un concert ou à l’opéra, la beauté tout simplement. Merci mille fois !

    • Merci, Christine, tu vas me faire rougir 😊, je l’ai dit, Karelia est d’une « horrible beauté », il m’arrive de pratiquer l’oxymore !

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