Ferghane Azihari: «L’islam n’est pas la religion des opprimés»

Débat sur l'islam Textes fondamentaux sur l'Islam Publié le 17 avril 2021 - par - 6 commentaires

FIGAROVOX/TRIBUNE – Les violences qui affectent le monde musulman sont injustement attribués aux Occidentaux, estime Ferghane Azihari. Selon lui, les dérives islamistes n’ont pas seulement à voir avec les facteurs géopolitiques, mais tiennent des principes inhérents à cette religion.

 
 

Chaque attentat islamiste commis en France est l’occasion pour une certaine presse anglo-saxonne de critiquer la tradition séculière hexagonale.

Elle reste fidèle aux objections que les philosophes du siècle des Lumières britanniques formulaient à l’encontre de l’athéisme de leurs homologues français.

L’hostilité islamiste envers la France serait le fait de l’intransigeance du pays de Diderot envers la religion.

Ce biais explique le désintérêt des contempteurs du modèle français pour le parcours des djihadistes.

Peu de médias anglo-saxons ont fait le travail du Journal du dimanche qui, dans son dernier numéro, décrit méticuleusement la socialisation numérique et religieuse de l’assassin de Samuel Paty.

Ce récit donne du fil à retordre à ceux qui jugent la variable religieuse secondaire pour comprendre ce genre de crimes.

Sans surprise, cette presse anglo-saxonne fait aussi profil bas quand un professeur britannique subit des intimidations après avoir montré les caricatures de Mahomet.

Il semble que la menace islamiste s’abatte aussi sur les citoyens d’un pays doté d’une religion d’État et qui tolère des tribunaux islamiques sur son sol. Si «l’intégrisme laïque» n’est pas en cause, quel est donc le dénominateur commun à la France et l’Angleterre?

Le passé colonial, peut-être?


Dans son rapport sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie commandé par Emmanuel Macron, l’historien Benjamin Stora évoque en effet le terrorisme islamiste pour illustrer l’urgente nécessité d’allumer des «contre-feux» aux «incendies de mémoires enflammées».

La formule traduit l’adhésion à la lecture géopolitique de la violence islamique.

Cette violence n’aurait rien ou peu à voir avec l’islam. La religion musulmane ne serait qu’un alibi pour exprimer des frustrations nées des péchés de l’Occident et de ses laquais dans le monde arabo-musulman.

L’un des plus éminents représentants de cette école est l’islamologue François Burgat, qui a passé sa carrière à soutenir que les violences qui affectent le monde musulman sont essentiellement «réactives».

On ne peut s’empêcher de noter cette contradiction récurrente de l’interprétation «tiers-mondiste» de l’islam: il reproduit tous les clichés orientalistes qu’il prétend combattre.

L’un d’entre eux consiste à nier l’agentivité de l’Oriental: sa capacité à être un acteur politique autonome.

«Les succès descriptifs et textuels de l’orientalisme ont été si impressionnants que des périodes entières de l’histoire culturelle, politique et sociale de l’Orient ne sont considérées que comme des réactions à l’Occident. L’Occident est l’agent, l’Orient est un patient», déplorait l’écrivain palestino-américain Edward Saïd dans son célèbre ouvrage sur l’orientalisme.

NDLR: Edward Saïd est un sale type par ailleurs.

Un des précurseurs  de l’islamo-gauchisme.

Mais il est amusant, comme le fait l’auteur, de retourner le discours des islamo-gauchistes contre eux-mêmes.

N’est-ce pas ce que font tous ceux qui attribuent les violences qui affectent le monde musulman à des causes qui lui sont extérieures?

De ce préjugé infantilisant découle un anti-impérialisme falsifié.

Il explique la complaisance envers les méfaits qu’inspirent l’islam et son hostilité à la modernité.

Il soutient que l’irruption brutale de l’Europe dans le monde musulman au 19e siècle et la persistance de l’impérialisme ne pouvaient qu’aboutir, chez les dominés, à une contre-violence enrobée d’une idéologie locale «en réaction» à la brutalité étrangère.

«Le lexique islamique se réfère à un univers symbolique et normatif perçu comme endogène, «fait maison», imposé ni du dehors, par la puissance coloniale, ni d’en haut par les élites», écrit François Burgat dans son ouvrage sur l’islam politique paru en 2016.

En assignant la quête de l’Oriental vers l’autodétermination au lexique islamique, François Burgat l’infériorise en suggérant qu’il est incapable de faire la part des choses.

L’Oriental ne parviendrait pas à lutter contre une domination étrangère injustifiée en épousant les traits civilisationnels du conquérant les plus intéressants.

Pourtant, l’Amérique latine n’est pas revenue aux religions précolombiennes et aux sacrifices humains pour lutter contre l’emprise de l’Espagne et du Portugal.

Les Américains ont habilement utilisé le «No Taxation Without Representation» des Britanniques pour les chasser du Nouveau Monde.


Les Européens n’ont pas renié tous les acquis de la Révolution française exportés par une brutalité napoléonienne que Benjamin Constant qualifiait de «funeste anachronisme».

Et alors que les Japonais ont été confrontés en 1853 à une Amérique prête à leur déclarer la guerre s’ils refusaient de s’ouvrir au commerce international, ce sont des intellectuels nippons comme Fukuzawa Yukichi qui ont pressé leurs concitoyens d’adopter le libéralisme occidental pour s’insérer sur le chemin de la prospérité.

Certes, il serait faux d’affirmer que le monde musulman n’a jamais été sensible aux idées occidentales.

De toute évidence, l’empreinte, dans le monde arabe, d’idéologies dérivées du socialisme européen comme le baasisme et le nassérisme dément la rhétorique ethno-différentialiste en vigueur chez les adversaires des Lumières depuis le 18e siècle.

Les peuples ne sont pas par essence imperméables aux idées qui ont pris racine en dehors de leur aire culturelle primaire.

NDLR2 : Comme l’explique Rémi Brague, dans « la voie romaine », l’Europe occidentale est allé chercher  ce qui la fonde en dehors de son « aire culturelle primaire » : sa culture en Grèce, sa métaphysique en Israël …

Même s’il est dommage, en l’espèce, que trop de pays du Sud préfèrent importer les idées les plus défectueuses de l’Occident plutôt que ses succès.

Le problème du monde musulman est ailleurs.

Alors qu’il connaît depuis deux siècles une vive tension entre l’aspiration à la modernité et le repli sectaire autoritaire, pourquoi est-ce le second qui l’emporte encore?

Les précédents américains, européens et japonais que nous venons de citer suggèrent que le facteur géopolitique doit être écarté.

D’autant que parmi les phares de l’obscurantisme et du despotisme islamique figure l’Arabie saoudite.

Or le Royaume des Saoud fait partie des alliés historiques de l’OTAN et n’a jamais connu la colonisation européenne.


Toutes les nations victimes de l’impérialisme ne s’enferment pas dans l’obscurantisme. Et l’obscurantisme n’a guère besoin d’une domination impériale pour prospérer.

La rigueur ne commande donc pas seulement d’abandonner les lectures géopolitiques des violences religieuses.

Elle implique aussi de reconnaître pleinement le rôle de l’islam dans le rejet des valeurs modernes par une frange significative du monde oriental et des minorités musulmanes qui résident en Europe.

La tradition islamique – à travers le Coran et la Sunna – contient en effet trop d’injonctions à persécuter les «mécréants» et glorifie un chef politique et militaire qui, selon ses biographes, a commis toutes sortes d’exactions propres à la fonction.

Faut-il désespérer de l’Orient pour autant?

Dans sa critique de l’Orientalisme, Edward Saïd, tout en étant curieusement complaisant vis-à-vis de l’islam, mettait néanmoins en garde contre l’autre cliché qui assigne l’Orient à une identité figée.

Voilà qui encouragerait presque les musulmans du monde entier à déconstruire un culte autoritaire vieux de 1400 ans pour adosser leur quête vers l’auto-détermination à des philosophies politiques plus paisibles.

Il en va aussi de l’intérêt de l’Orient, qui est la première victime des oppressions que l’islam inspire.

https://www.lefigaro.fr/vox/religion/ferghane-azihari-l-islam-n-est-pas-la-religion-des-opprimes-20210413

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bouillot
bouillot
il y a 6 mois

c’est une religion de haine et de sang cet islam. et ils veulent nous faire avaler ça ces imbéciles de muzz. ils veulent reconquérir le monde entier et ces enfoirés de politicards ne l’ont pas compris.

Argo
Argo
il y a 6 mois

L’Islam une machine à décerveler, dans tous les sens du terme!

Argo
Argo
il y a 6 mois

Pas la religion des opprimés, d’accord puisque c’est celle des oppresseurs!

PASCAL ALEVEK
PASCAL ALEVEK
il y a 6 mois

L’islam est une idéologie d’agression et de conquête, c’est en elle, le coran le rappelle à chaque page, tout est provocation, violence, domination de l’autre, ces gens sont formatés pour imposer leur saloperie de religion que je ne considère pas d’ailleurs comme une religion mais plutôt comme un système de pensée totalitaire et fasciste. Comme l’avait fait Charles Martel en 732, les occidentaux doivent se débarrasser des sarrazins qui sont d’infames envahisseurs néfastes à notre civilisation.

PASCAL ALEVEK
PASCAL ALEVEK
il y a 6 mois
Reply to  PASCAL ALEVEK

J’ai tendance à féminiser l’islam mais il s’agit bien du masculin, l’islam est un système de domination/soumission et une belle saloperie.

Frejusien
frejusien
il y a 6 mois

l’islam est l’idéologie des haineux qui veulent détruire toute civilisation,
accepter l’islam, accepter la construction de mosquées, c’est accepter d’être détruit de l’intérieur, par un rongeur maléfique qui dévorera tout sur son passage

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