Dimanche cinéma : quelle fille, dans les années 70, n’était pas amoureuse de Robert Hossein ?

Quel homme ! Quel acteur ! Quel séducteur ! Quel charme !

Tout cela est vrai… parce qu’il incarnait la masculinité dont on a voulu dépouiller nos garçons… Les pseudo-féministes tapent tellement sur les mâles depuis des lustres que les jeunes hommes ont peur d’être des mecs qui en ont. Ils n’osent plus être que de pâles reflets des filles… Le résultat c’est que nombre de nos filles se tournent vers les sales petites racailles machistes, par envie d’être baisées par des mecs qui aient l’air de…  mecs.

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Je vous choque ? Tant pis. Le sexe continue de mener le monde, et il le mène surtout quand on a 15 ans, avec des envies, des hormones qui bouleversent tout.. On sait que nombre d’histoires amoureuses commencées à cette époque de la vie ne vont pas bien loin, il faut bien que jeunesse se passe, et il faut bien ne pas être sérieux quand on a 17 ans !

Mais on sait aussi que nombre de ces histoires, menées par le cul, se terminent dans l’horreur pour la femme et les enfants… Mais c’est ainsi, il reste encore en nous une part de cerveau archaïque, si bien décrite par notre Tigre, et elle ne nous fait pas faire que de justes choses. Qu’on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas, cette part archaïque est aussi celle qui peut nous sauver car elle nous donne des réflexes de fuite, de défense en cas de danger…

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Mais revenons à Robert Hossein. Une bonne partie de son succès d’acteur était due au fait qu’il incarnait avec un talent fou l’homme idéal, le mâle, beau, fort, intelligent, sans scrupule quand il le fallait. Et cela a fait partie du succès de la série Angélique, Marquise des Anges.

Ci-dessous 5 très courts extraits de films :

« Pardonnez nos offenses » (1956), de et avec Robert Hossein.

« Angélique, Marquise des anges » (1964), de Bernard Borderie.

« Le Professionnel » (1981), de Georges Lautner.

« Le Grand Pardon » (1982), d’Alexandre Arcady.

« Vénus Beauté (Insitut) » (1999), de Tonie Marshall.

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Néanmoins réduire Robert Hossein à sa mâlitude  (oui je sais, je fais du Ségolène Royal) serait non seulement réducteur mais offensant car Robert Hossein est d’abord, avant tout, un passeur. Le passeur de la culture, du beau… Comme acteur mais aussi comme réalisateur et metteur en scène. Un grand. Un très très grand... Il incarnait à merveille ce vieil idéal des Grecs anciens :   καλὸς κἀγαθός, Kalos kagathos, traduit littéralement par beau et bon… mais qui signifie plus subtilement « l’homme qui incarne la grandeur, la dignité de l’homme, physiquement et moralement. Socrate qui était fort laid était pourtant considéré comme « kalos kai agathos », incarnant la dignité de l’être humain, sa  force morale et physique, le but ultime l’harmonie du corps et de l’esprit.

Il a tourné avec les plus grands, Allégret, Autant-Lara, Vadim, Allégret… il a joué avec les plus grands, il a fait connaître Garcia Lorca, Frédéric Dard comme Sartre, il s’est intéressé à Robespierre et Danton, faisant revivre avec passion notre histoire. Un passeur, vous dis-je !

Sans snobisme, il a rendu accessible à tous les plus grandes oeuvres. Le cinéma populaire, le théâtre populaire, notre histoire…  n’ont jamais si bien été défendus que par Robert Hossein. Un passeur, vous dis-je.

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Ce qui m’a le plus marquée ? Sa version des Misérables... grandiose, extraordinaire. Elle m’a marquée à vie. Il n’y jouait pas il était le réalisateur. Je me souviens du choc quand je l’avais vu à sa sortie, en 1982. L’enchantement, le choc des images, des mots, de la fresque historique… Le livre de Hugo que j’avais lu avant ne m’avait pas fait toucher à ce point ce qu’est l’humain, sa grandeur, sa force (ah ! Jean Valjean… ), le héros qui peut sommeiller dans le plus humble des hommes. Je n’avais pas perçu alors à quel point je pouvais haïr la médiocrité comme celle des Thénardier, et les collabos comme Javert… Une partie de mes engagements politiques sont liées, inconsciemment, au film de Robert Hossein. Si je suis et reste de gauche, de la vraie gauche, celle de Hugo, c’est aussi grâce aux Misérables, à Hugo et à Hossein. Je ne les remercierai jamais assez. 

La scène ci-dessous est dantesque, phénoménale, de génie. Et annonciatrice pour nous d’une autre révolution sans doute.

 

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Réalisateur de génie pour des films, des comédies musicales… Cet homme aura marqué son époque en lui offrant tout son génie. Merci à lui. 

 

19 Commentaires

  1. Merci à Christine pour cet article à l’introduction décapante ! 😉

    Je ne trouve pas le cinéma d’antan « ringard ». C’est le plaisir qui compte avant tout. Je fais voir de tout à mes enfants qui aiment beaucoup le cinéma des années 70 (particulièrement avec Belmondo). Et pourtant, ce sont encore des collégiens !

    Moi-même, à 15 ans, j’aimais beaucoup « Angélique, marquise des Anges »… peut-être plus pour Michèle Mercier que Robert Hossein 🙂

    Le dernier film que j’ai vu avec lui est « La petite vertu » (1968) avec Jacques Perrin, Pierre Brasseur, Michel Creton et les très sensuelles Dany Carrel et Cécile Vassort.

    • Moi aussi je reluquais plutôt Michelle Mercier mais monsieur Robert Hossein était il est vrai un grand monsieur .

  2. Je considère Christine Tasin la femme la plus courageuse de France et, une fois de plus, elle le prouve dans ce poste avec cette franchise magnifique qui est la sienne.

    « …Le résultat c’est que nombre de nos filles se tournent vers les sales petites racailles machistes, par envie d’être baisées par des mecs qui aient l’air de… mecs…. »

    Je crois c’est Erdogan qui nous a promis de prendre possession de nos pays « par le ventre de nos femmes »…il a raison, cela se passe aussi, par example, en Allemagne. Voici un exemple de milliers:

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    Ce que ce Merkel-Refugé dit:

    « Bon Jour l’Allemagne. Je voyage avec mon Passport Allemand. Ne sois pas jealoux, prends-toi un aussi…. »

    Quant à l’ideal macho de ma jeunesse ce fut Jean-Paul Belmondo. 🙂

  3. C ‘est même avant 1970 … En 63,64 travaillant dans un bureau avec quelques minettes , un peu plus âgées que moi… il y en avait une qui en était folle .
    Vieux souvenirs !

  4. Robert Hossein c’est un mariage avec une mineur de 15 ans… c’est un pseudo arabe, donc surement un circoncis incapable de provoquer un orgasme à une femme… mais cette histoire de charmeur ce sont les années exotiques ou l’on donnait aux maghrébins le charme de l’Orient… avec toutes les saloperies que nous subissons ce charme n’est qu’une lointaine illusion… un MIRAGE !

    • Au-delà de vos allégations quelque peu saugrenues, je ne vois pas trop le rapport entre la circoncision « incapable de provoquer un orgasme à une femme » et le jeu d’acteur de Robert Hossein, sa personnalité, sa carrière et le cinéma en général.

  5. J adorais Robert Hossein, à toutes les périodes de sa carrière. D Angélique où son charisme crevait l écran, sa voix chaude et son regard slave.Un homme, un vrai, quel beau couple et quelle magnifique histoire d amour, une fresque historique inégalée. Je l ai vu des dizaines de fois et je pleure toujours, lors de la lecture de la lettre d adieu lue par Geoffrey, un sublime amour impossible, d un romantisme absolu, sans oublier la scène de la statue, d un érotisme torride. Quelle est la femme ou la jeune fille qui peut y rester insensible…Inoubliable et cultissime. Sa conversion et sa passion pour Jésus au milieu de sa vie peuvent paraître étrange mais m a beaucoup touchée en tant que catholique ainsi que son dernier spectacle à Lourdes, racontant la vie de Bernadette Soubirous. Je ne parle même pas de ses spectacles gigantesques sur Jésus et Jean Paul LL., lors des interviews, sa passion était magique et contagieuse. Mon seul regret, ne pas avoir pu voir ses spectacles…Un très grand monsieur… Je suis triste quand je lis certains commentaires sur sa vie, il restera pour moi un immense metteur en scène, un grand acteur et surtout un grand monsieur. Merci pour tout ce qu’il nous a donné, mais Geoffrey restera toujours vivant dans nos phantasmes et dans la mémoire collective de millions de gens. Merci Christine pour ce bel hommage.

    • Des spectacles gigantesques sur Jésus ? tiens donc ? ça mériterait quelques explications ou un autre article informatif ?

  6. Ah , ben , moi , je comprends bien Christine qui s ’emballe pour Robert Hossein ! J ‘ai la quarantaine, donc je ne trouve pas que c ‘est un truc si vieux , c’est tout le contraire, cela donne un coup de frais et le Joffrey de Peyrac lorsqu il avance en boitant vers Angélique , IL DECHIRE L ECRAN , c ‘est du beau, du puissant , du vrai, vous avez vu Ce regard et Ce visage ! Christine a trouvé le mot juste  » un passeur » et pas seulement un mec viril, beau , car le physique au fil des ans, il fout le camp, ce mec c’était une grande âme qui s’est penché sur l ‘amour avec grand A … et qui a trouvé la réponse à ces questions métaphysiques avec une conversion et a cherché à éveiller l ‘humanité par ces grandes fresques théâtrales consacrées à la Bible et à Jésus ! Chapeau bas, c’était un grand monsieur , un très grand ! Salut l ‘artiste !

    • Merci Jenna pour ce beau complément, vous avez réussi à traduire ce que je ressens !

  7. Qu’est devenue la belle Michelle Mercier ?

    il parait que Robert Hossein, s’appelait auparavant Abraham Hosseinov , un Russe probablement,
    en voilà un qui s’est parfaitement fondu dans la société française, au point que personne n’a plus jamais pensé à ses origines

  8. Chère Christine. je ne partage pas ton engouement pour le personnage et son parcours. Par contre ton enthousiasme, lui, s’approche du sacré. Je suis touché par ton emballement de jeune fille et ta belle vision d’Être Humain. C’est par de tels liens que moi je suis attaché à toi.

    • Comme nos désaccords -quelques-uns- en mots choisis sont dits… 😉

  9. Les années 70 mais c’est vieux de 50 ans , ça ….Trouvez autre chose à traiter  .  Tout le monde  se fout d’Hossein . Le devoir de mémoire  des artistes , c’est devenu ringard  : y a plus que des gens comme pascal praud pour nous faire du décalé avec ça

    • J’emmerde ceux qui n’aiment pas ce que j’aime et qui, au lieu de regarder ailleurs, se croient obligés de nous faire une leçon de jeunisme. Ceux qui veulent nous proposer des articles musique et cinéma, entre autres, le peuvent. Qu’ils ne viennent pas pleurer parce que nos choix ne sont pas les leurs.

        • Possible en effet, une belle ironie que j’ai prise à la lettre parce que d’aucuns pensent ainsi pour que ceux qui penseraient vraiment ainsi s’abstiennent de ce genre de remarque.

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