Zineb et l’attentat de Charlie (1/2) : partout on voit l’islamisation de la société

Nous reproduisons ici la première partie d’un entretien du « Figaro » avec Zineb El Rhazoui à propos du procès des complices des assassins des journalistes de « Charlie » qui s’ouvre cette semaine.

Antiislam

Zineb El Rhazoui: «Où que le regard se pose dans l’espace public, on voit des manifestations de l’islamisation de la société»

 

ENTRETIEN – Alors que s’ouvre mercredi le procès des attentats de janvier 2015, pour la journaliste, il n’est pas possible de considérer les crimes terroristes comme des crimes de droit commun.

Par Anne Fulda
 

Ancienne journaliste à Charlie Hebdo, Zineb El Rhazoui, militante de la laïcité et des droits de l’homme, n’était pas à Paris le jour de l’attentat contre l’hebdomadaire.

 

Mais elle qui est régulièrement menacée de mort, notamment pour avoir déclaré en 2017 que l’islam «devait se soumettre aux lois de la République, à la raison et à la critique», s’est néanmoins constituée partie civile dans le procès de l’attentat du 7 janvier 2015.

 

Une manière pour elle de défendre la liberté d’expression.

Et de dénoncer les complicités morales.

 

 

LE FIGARO. – Comment avez-vous appris l’attentat contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015?

Zineb EL RHAZOUI. – J’étais au Maroc, à Casablanca.

J’hésitais à rentrer au journal.

Quand je me suis réveillée, ce matin-là, j’ai écrit un mail à Charb, pour lui proposer, avant la réunion de la rédaction, un article sur la «commercialisation» des femmes par l’État islamique, qui avait élaboré un barème très précis d’évaluation en fonction de leur âge.

C’était tragique et drôle en même temps. J’avais estimé mon prix, c’était 150 ou 200 dollars…

Peu de temps après, j’ai reçu un appel affolé d’Omar Radi, un journaliste marocain: «Où es-tu? Il y a une fusillade à Charlie. . Je ne me suis pas inquiétée tout de suite.

J’ai appelé Charb, lui ai laissé un message, puis un autre.

N’ayant pas de réponse, j’ai téléphoné alors à Luce Lapin, secrétaire de rédaction à l’époque, qui m’a dit:

«On est planqués dans le bureau de Riss, il y a au moins dix morts.» Mais je ne l’ai pas crue.

J’ai continué à penser que c’était une blague jusqu’à ce que j’entende alors des hurlements de bête blessée.

C’étaient les pleurs de Patrick Pelloux.

Là, j’ai enfin compris et je me suis effondrée.

Et après, qu’avez-vous fait?

Mes deux téléphones étaient inondés d’appels d’amis et de la famille qui voulaient savoir où j’étais.

Je ne répondais à personne.

Moi, ce qui m’intéressait, c’était de savoir qui était mort, qui était vivant.

J’ai posté un message sur Facebook pour dire que je n’étais pas au journal, que j’étais en vie.

J’ai trouvé une télé, j’ai appris la mort de Charb, Wolinski, Cabu et Tignous, puis de Philippe Honoré.

Et, après avoir passé toute la journée du choc d’avoir appris le décès de quelqu’un à la joie, le bonheur d’apprendre qu’un autre était vivant, ce n’est qu’à 21 heures que j’ai connu l’identité des douze morts.

J’étais en état de choc.

J’ai eu l’impression que la vie s’arrêtait.

Que la terre s’ouvrait et m’avalait.

J’avais deux amis au journal, Charb et Simon Fieschi: lorsque j’ai appris que ce dernier était entre la vie et la mort, j’ai eu le courage de prendre un billet d’avion.

Est-il normal que, cinq ans après cet attentat, je doive continuer à me balader avec des hommes armés en plein cœur de Paris, alors que je suis pacifique ?

Zineb El Rhazoui

Vous avez dit que votre vie a basculé dès votre retour en France, le lendemain, le 8 janvier. Pourquoi ?

Avant même de prendre l’avion, le consulat de France à Casablanca m’avait contactée pour me signifier ma mise sous protection et me demander de venir dormir à la résidence – pour mieux assurer ma sécurité -, ce que j’ai refusé.

Le lendemain, dans l’avion, j’ai reçu un SMS:

«Je suis votre officier de sécurité, je vous attends sur la passerelle. J’ai un béret, vous me reconnaîtrez.»

J’avais déjà eu une fatwa officielle des oulémas marocains (suite à l’organisation d’un pique-nique au Maroc pendant le ramadan, NDLR), mais là c’était différent, la menace venait d’une nébuleuse internationale et était beaucoup plus inquiétante.

Alors oui, bien sûr, ma vie a basculé mais elle a fini par reprendre ses droits, même si, depuis, je suis toujours accompagnée d’officiers de sécurité.

Avez-vous été informée des autres attentats qui ont eu lieu ce jour-là, notamment à l’Hyper Cacher?

Le 9 au matin, tous les gens de Charlie et leurs familles ont décidé de se retrouver devant le magasin Camaïeu de la place de la République.

On est tombés dans les bras les uns des autres et on a marché vers la rue Béranger, le siège de Libération, qui nous hébergeait.

C’est là que l’on a compris que quelque chose avait profondément basculé: il y avait des barricades, les journalistes derrière, les caméras, les flashes crépitaient.

Nous étions hagards, je n’avais pas dormi une demi-heure depuis l’attentat.

Des politiques sont passés.

On fumait des clopes, on a enfumé Libération, personne n’osait nous dire que c’était non-fumeur.

Je me souviens d’avoir vu, dans un nuage de fumée, arriver Manuel Valls dans un costume impeccable.

C’était très particulier. On n’a pas vraiment suivi ce qui s’est passé à l’Hyper Cacher.

On voyait que la violence continuait mais nous étions incapables de regarder ces événements comme des journalistes.

À ce moment-là, nous ne l’étions plus.

La sidération faisait que tout notre intellect était focalisé sur l’attentat.

Vous étiez à la manifestation du 11 janvier 2015. Quel souvenir en avez-vous ?

C’était extraordinaire!

Même s’il y avait quelque chose d’hermétique entre nous et le monde extérieur.

Quand nous sommes arrivés, on a appris que derrière nous il y avait des chefs d’État du monde entier et notamment de pays qui interdisent Charlie à la vente et condamnent le blasphème dans leur juridiction.

On a eu aussi un grand moment d’hilarité au milieu des larmes, quand François Hollande est venu nous serrer la main.

On était éplorés, les visages déformés par la douleur, les nuits blanches. On nous avait donné des espèces de rubans avec «Charlie Hebdo» écrit dessus.

On entendait des gens aux fenêtres nous crier qu’ils nous aimaient, c’était un moment chargé d’émotion, solennel, grave.

Jusqu’à ce que l’on remarque qu’un pigeon avait c… sur l’épaule du costard de François Hollande. Luz est parti dans un fou rire, puis nous aussi.

On s’est dit que Charb s’était peut-être réincarné dans un pigeon!

Après, nous avons marché sur ce boulevard Voltaire noir de monde.

À ce moment, j’étais réconfortée.

Je pensais que les gens avaient compris pourquoi nous faisions ce travail, pourquoi ce n’était pas un détail de pouvoir dessiner le Prophète pour des journalistes satiriques.

Une petite musique différente s’est cependant vite fait entendre. Certains disaient «Je suis Charlie, mais»…

Les représentants du CFCM, par exemple, qui ont déclaré, la main sur le cœur et la larme à l’œil, que «le terrorisme, c’était mal», mais condamneront, quelques jours plus tard, la une du numéro des survivants.

On a rapidement appris aussi que des gamins, en France, refusaient de respecter la minute de silence en hommage aux victimes des attentats ou qu’il y avait eu des explosions de joie dans certains pays.

Peu de temps après les attentats, Edwy Plenel a tenu une conférence avec Tariq Ramadan et tous ceux qui ont toujours accusé Charlie d’être islamophobe – un délit qui n’existe pas en France – se sont exprimés.

Par ailleurs, des personnes comme Rokhaya Diallo, qui ont accusé Charlie d’être raciste pendant des années, ne se sont pas amendées.

A  suivre, la deuxième partie de cet entretien, en ligne à 16 h le 1 septembre :

Zineb : il y a une grande absente au procès de l’attentat de Charlie Hebdo, l’idéologie qui y a conduit (2/2)

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14 Commentaires

  1. Si certains nient encore la nuisance et l’horreur de l’islam après le WTC en 2001, et ses trois mille morts, il ne faut plus se faire d’illusion. Rien ne pourra leur ouvrir les yeux…
    PS : Je voudrais savoir pourquoi le traitement de texte met automatiquement une majuscule à islam.
    J’ai dû corriger…

  2. Merci Zineb de tenir encore tête alors que nos « gouvernants » se complaisent dans la co-allahboration et le défrocage ! C’est vraiment signe que le danger est grand…
    Si vous vous présentiez en 2022, je voterais pour vous ! Zineb ou Kahina, la Jeanne d’Arc des berbères !
    J’en profite pour complimenter une nouvelle fois aussi notre Ami machinchose qui est plus que jamais dans le vrai !

  3. Richard Malka : « Mme Obono avait les yeux secs devant les morts de #CharlieHebdo. Et M. Mélenchon, qui n’avait pas assez de trémolos dans la voix aux obsèques de Charb, est à la fois Obono et Charb. Je ne sais pas comment il fait. » #AttentatsJanvier2015 #le79Inter pic.twitter.com/U0Q0wJ4d0L
    — France Inter (@franceinter) September 2, 2020
    :::: https://twitter.com/franceinter/status/1301040962601463808

    VIDEO à visionner ou à télécharger (47s)
    :::: https://video.twimg.com/amplify_video/1301040902178304000/vid/1280×720/mfFskHt2Q2CAJhlV.mp4

  4. Des dérangés du bocal fanatisés et conditionnés dès leur naissance , effectivement on voit cette lèpre s’étendre de partout autour de nous et pas mal de convertis dont je devine le niveau de QI !

    L’ignorance est le plus grand mal de l’humanité .

  5. – » menacée de mort, notamment pour avoir déclaré en 2017 que l’islam «devait se soumettre aux lois de la République, à la raison et à la critique» « –

    Une leçon pour Obono, maltraîtée par VA selon elle et tous les gochos. Une leçon aussi pou la voilée d’un Conseil Régional « dont la vie est détruite » parce qu’un élu a osé lui rappeler que sa tenue vestimentaire violait les règles de la République Laïque Française dans l’enceinte de ce Conseil. Une leçon pour tous ceux qui se disent maltraités par la France, et les Français blancs…. mais qui s’engraissent de prestations sociales que ces mêmes Français financent et cette « sale France qu’ils veulent niquer » qui n’a de cesse d’écraser les autochtones pour eux.

    MENACÉE de MORT !!!! Et qu’a-t-elle donc dit ou fait qui mérite cela ?!

    L’œil islamique est vraiment un mauvais œil qui ne permet que des regards mauvais parce que égarés.

  6. Bonjour @Antiislam ;

    Un grand merci pour votre article, celui-ci et celui que vous nous promettez pour la soirée.

    Nous avons besoin des nouvelles de cette Grande Dame !

    Elle, elle le sait qu’il n’y a rien de raciste dans nos préoccupations ; car elle aussi livre le combat juste, celui que nous menons avec elle parce qu’elle aussi est des nôtres. Elle nous connaît donc très bien ainsi que nos souffrances, notre révolte légitimes. Nous partageons ce même combat et nous l’apprécions pour cela ; nous l’aimons parce que c’est une Noble Compatriote Française.

    Nous sommes fiers et reconnaissants de l’avoir comme porte parole et porte étendard.

    Merci encore @antiislam pour ces deux articles indispensables.

  7. Non, il ne faut pas abolir les religions, et surtout pas le Christianime. Dire cela c’est botter en touche et se soumettre. Ce que, précisément, Charlie refuse de faire en republiant les caricatures qui lui ont valu tant de morts. Cette nouvelle publication présente, en plus d’être toujours au centre de la bougnoulisation de la France, l’avantage de scinder les Français en deux camps : Ceux qui diront que Charlie cherche les problèmes seront des islamo-collabo, et mériteront le même sort que les collabo du 3eme Reich en 44, et ceux qui entrent en résistance contre la peste verte. Non au séparatisme, oui à l’amalgame. Aurait-on pu en 40 trier les bon nazis et les mauvais nazis ?

  8. et sur internet c’est pire

    « ils » ont saturé le gogole avec des milliers de pages et sites EN FRANCAIS de leur diarhée

    leur trahisons natives, génétiques, chromosomique sont résumées dans cette putain de démocratie, en Israel
    ou ils sont aussi nombreux qu en France (20% de la population)
    ce qui leur a permis d’avoir une quinzaine de députés a la knesset- assemblée nationale-
    les quels en authentiques fils de putes se comportent en ennemis de l’ interieur bien visibles
    ils viennent de condamner les Emirats pour « ce coup de poignard dans le dos a la palestine »

    jamais vu ça nulle part au monde !! JAMAIS !

    ne rigolez pas, c’est ce qui arrivera demain chez nous si on ne leur brise pas les reins en commençant enfin a les traiter comme on aurait du le faire depuis 60 ans
    la date du 15 mars 1962 aurait du signer la séparation definitive de ce peuple , ce pays, indignes!

    reciprocité!! autant de mosquées en France que d ‘églises ou de synagogues en Arabistans

    14 députés traitres en Israel, c’ est en proportion 160 deputés a l’ assemblée nationale en France

    c’est en Israel la même demission, voire pire qu en France face a cette fange
    les pires ennemis du minuscule pays juif sont les gauchos juifs eux mêmes sur place
    le vieux complexe galoutique qui les convainc de toujours etre « démocrates » croyant continuer a se battre contre le Tsar et suivre la « libération » proposée par les sovietiques il y a 103 ans….
    pauvres prisonniers a vie d’ une idéologie de merde léguée par leurs parents

  9. Zineb,

    Protégez vous, sortez armée, les fous sont dehors depuis 1600 ans et attaquante bandes.
    Rappelez vous les victimes du  » collègue  » Harpon à la préfecture.
    Ce n’est pas une guerre normale. Ils sont trop lâches et ne veulent pas être tués par une femme…..
    Ça en dit long sur le QI des membres de cette SECTE MALÉFIQUE.

    Courage, trop peu de gens sensés vous connaissent

  10. Les humains n’arrivent pas à discuter ensemble alors qu’ils vivent sur la même planète……. Imaginez la conversation d’un musulman avec un extra terrestre qui débarque de sa soucoupe volante…….
    Abolissons les religions, toutes les religions et les croyances et ça ira déjà beaucoup mieux !!

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