Chloroquine et trottinettes : des médecins français piègent une revue « scientifique » avec un article bidon

Publié le 22 août 2020 - par - 4 commentaires

Dans la série « les revues médicales sont toutes achetées et racontent n’importe quoi », après le sinistre exemple du Lancet qui avait descendu en flèche l’hydroxychloroquine avec un article entièrement bidonné, des médecins français ont voulu voir jusqu’où certaines revues étaient capables d’aller… Le résultat, édifiant, ci-dessous. Pour le coup, mieux vaut en rire qu’en pleurer et se souvenir de cet énième exemple pour convaincre Mââme Michu que l’on se paye sa tronche dans les hautes instances. 

Merci à Jean-Paul Saint-Marc qui nous a signalé l’article.

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Plusieurs praticiens sont parvenus à faire publier un article fantaisiste dans le Asian Journal of Medicine and Health. L’objectif était de démontrer le manque de rigueur néfaste de certaines revues dites « prédatrices », qui polluent l’univers des publications scientifiques.

Toutes les publications ne se valent pas.

Voilà l’enseignement à tirer d’un canular mené par plusieurs plaisantins, qui sont parvenus à faire publier dans une revue scientifique une étude « bidon » suggérant que l’hydroxychloroquine pouvait prévenir les accidents mortels de trottinettes. Dans une longue note publiée sur son blog, l’un des auteurs raconte la supercherie, menée pour dénoncer les agissements de certaines revues dites « prédatrices », qui « acceptent de publier n’importe quoi » moyennant compensation financière.

Le chien de l’Elysée parmi les auteurs

La revue Asian Journal of Medicine and Health a ainsi publié samedi 15 août un article intitulé « Contrairement aux attentes, SARS-CoV-2 plus Létal que les Trottinettes : est-ce-que l’Hydroxychloroquine pourrait être la Seule Solution ? ». La molécule, notamment défendue par le professeur Didier Raoult dans le traitement des patients atteints de Covid-19, fait toujours l’objet d’une vive polémique.

La pseudo-étude est signée par plusieurs auteurs aux noms fantaisistes dont « Didider Lembrouille », « Sylvano Trotinetta » et même « Nemo Macron », en référence à l’actuel chien de l’Elysée, qui réside dans le palais présidentiel. Pour justifier leur démarche, les auteurs disent se fonder sur « des études visionnées sur Youtube et Dropbox », qui « ont mis en garde contre les dangers potentiellement mortels des trottinettes ».

L’article, criblé de références humoristiques, présente une méthodologie plus que douteuse : « Les études 1 et 2 ont été conduites sur la chaise (Ikea) des auteurs en France (multicentrique), le 20 juillet 2020. L’étude 3 a été réalisée dans le parking d’une usine abandonnée (Montcuq, région Occitanie, France) », plaisantent ainsi les auteurs dans l’article, qui sera pourtant publié dans cette revue tout en faisant l’objet d’une « relecture » par deux réviseurs anonymes. L’article a depuis été retiré, mais reste accessible en ligne.

L’un des auteurs de l’article et doctorant en bio-chimie, Mathieu Rebeaud, s’est amusé de cette publication, ironisant sur son « sérieux ».

La démarche avait pour objectif de dénoncer le fléau des « revues prédatrices », qui se développe dans l’univers de la recherche scientifique. « Sur internet, les revues scientifiques prédatrices, ou douteuses, ou parasites, ou illégitimes, ou peu scrupuleuses (predatory ou deceptive journals), profitent pour la plupart du modèle auteur-payeur de la publication en libre accès. Leur but est mercantile, sans chercher à promouvoir ni pérenniser les résultats de la recherche », explique sur ce sujet le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, ndlr).

« Nous n’étions pas certains que ce soit une revue prédatrice. L’objectif était donc de la tester. Avec cette publication, on tacle l’étude déjà parue mi-juillet sur l’hydroxychloroquine et on se marre en même temps », explique un autre des auteurs du canular, Michaël Rochoy, ancien chef de clinique, sur Franceinfo.

https://actu.orange.fr/france/chloroquine-et-trottinettes-des-medecins-francais-piegent-une-revue-scientifique-avec-un-article-bidon-magic-CNT000001sx6f5.html

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4 réponses à “Chloroquine et trottinettes : des médecins français piègent une revue « scientifique » avec un article bidon”

  1. François des Groux François des Groux dit :

    Attention Christine et JPSM !

    Que cette étude bidon sur la chloroquine et les trottinettes permettant de discréditer une revue soit reprise par les médias plus ou moins affidés à l’État (Europe1, FranceInfo, Ouest-France ou le Monde…) devrait inspirer à la prudence.

    C’est ce que dit un des commentaires, en tous cas :

    « Hum. Désolé de vous annoncer ça de manière aussi brutale, mais… ce faux article est avant tout une critique des publications du Pr D. R. et de ses thuriféraires. Il faut le lire pour le comprendre bien sûr, comme il faudrait d’ailleurs lire tout ce qu’on commente en bien ou en mal »

    Et en lisant le Monde, on comprend, en effet, que le but est de discréditer Raoult et son hydroxychloroquine…

    « La suite est à l’avenant. Avec une description pleine d’humour au vitriol, truffée d’allusions transparentes aux études favorables à l’hydroxychloroquine et aux déclarations tonitruantes de Didier Raoult prédisant que la Covid-19 ferait moins de morts que les accidents de trottinette »

    https://www.lemonde.fr/blog/huet/2020/08/17/que-revele-le-canular-hydroxychloroquine/

  2. Avatar Machinchose dit :

    complètement HS et je vous en demande pardon

    je me demande comment pieger le site Google Niouze en Français qui ne peut plus passer trois jours sans nous infliger les pétous et les moindre détails de la vie creuse de Laetia Halliday (pas Smet ? mariage bidon ?)

    insupportable, pendant son deuil -vite balancé aux orties- et tellement inconsolable qu elle a vite trouvé un autre mec pour remplacer le poivrot droqué et malade qu était devenu son « époux »
    et pendant des mois, sur google niouze, tout y est passé!!!!!

    ce matin «  » » » » » » » » » »Laeticia Hallyday et Pascal Balland « passent leur temps à se disputer » : ces vacances à Saint-Barth qui tournent mal… à cause du souvenir de Johnny
    21 AOÛT 2020 À «  » » » » » » » » »

    crénom di diou!! mais qu est ce qu on en a a cirer !!

    demain on va apprendre qu elle commence a perdre ses cheveux ou ses poils de foufoune!

    ou qu elle couche avec le fils du poivrot …

    ET ON NOUS INFLIGE SA SALE GUEULE DE FEMME MECHANTE , a chacune des moindres lignes la concernant

    ouf! ça va mieux avec ce coup de gueule contre cette absolue conasse

    et j’ espère que ses thuriféraires auront eu le bonheur de me lire
    tiens marrant: thuriféraire ça rime avec funéraire

    si ça pouvait sonner le glas de toutes ces fayoteries lamentables, rien de tel pour te faire detester une inconnue

    c’est, a cause de cette pute de « presse », aussi qu on a réussi a nous infliger la saga de l’ Assa sine Traorée du cul
    dont on entend enfin plus parler, comme en son temps la débile cinglée Thunberg (traduction de Machinchose: Montagne de thunes, pleine de sous…)

  3. Christine Tasin Christine Tasin dit :

    Tu as raison, François, j’ai hésité à mettre l’article en ligne, mais en même temps, c’est, pour les auteurs, à double tranchant, car les revues qui ont descendu l’hydroxychloroquine sont infiniment plus nombreuses que celles qui l’ont défendu, si tant est qu’il y en ait… Alors pourquoi pas ne pas montrer l’absence de sérieux des revues, quel qu’en soit le sujet ?

  4. Avatar patri-libre56 dit :

    les français moyens peuvent aussi s’apercevoir que l’on peu publier n’importe quelle article bidon dans ses fameuses revues.

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