« L’impératrice » chante la décrépitude de Paris et célèbre l’invitation au voyage…


« L’impératrice » chante la décrépitude de Paris et célèbre l’invitation au voyage…

.RUBRIQUE MUSIQUE

Voici un groupe rafraîchissant dans la sombre période que l’on traverse.

 

L’Impératrice est un groupe de six musiciens : Charles de Boisseguin (claviers), Hagni Gwon (claviers), David Gaugué (guitare basse), Achille Trocellier (guitare électrique), Tom Daveau (batterie), et Flore Benguigui, au chant.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Imp%C3%A9ratrice_(groupe)

Ce groupe fait de la musique « pop » et du disco, il chante essentiellement en français et parfois en anglais.

Je l’ai découvert depuis une semaine et suis complètement sous le charme de la voix de la chanteuse principale, Flore Benguigui, et les musiques relaxantes ou pleines d’énergie qui sont une invitation au voyage vers des contrées luxuriantes voire carrément dans l’espace.

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Ce qui me plaît particulièrement chez eux, c’est leur capacité à rendre le français musical.

C’est un lieu commun, depuis des siècles (la Querelle des Bouffons) que de dire que la langue française n’est pas musicale et cela explique aussi en partie la prédominance des Anglo-saxons sur la scène internationale.

Ce groupe réussit à donner envie de chanter en français en 2020 sur de la musique contemporaine.

J’ignore quelles sont les opinions politiques de ses membres.

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Peu importe finalement, ce qui compte c’est ce qu’ils expriment, un spleen parisien, le mal-être de la vie à Paris, un sentiment si partagé qu’on s’étonne qu’Hidalgo ait été réélue…

Comment ne pas songer à la saleté du Paris du XXIème siècle, la violence de ses banlieues « difficiles », au déclin d’un Paris qui n’est « pas comme au cinéma », qui est devenu une ville cauchemardesque (le mot « cauchemar » est employé dans les paroles de la chanson « Paris »), qui engloutit les individus et les « recrache par milliers sur ses grands boulevards ».

C’est le « ventre de Paris » revisité, mais c’est aussi l’incitation au voyage de Baudelaire quand on écoute « Vacances », qui célèbre l’évasion loin du tumulte parisien, des embouteillages causés par les mesures prises par Hidalgo hélas réélue dimanche. C’est dire que la chanson « Paris » et son contrepoint « Vacances » ont de l’avenir devant eux…

L’impératrice évoque le « fracas des automobiles » et le « refrain sans accord des sirènes du soir » dans le Grand Paris, la région parisienne.

 

 

Les textes sont d’excellente qualité, tout est en suggestion, sans les « leçons de morale » de la plupart des autres chanteurs français toujours prompts à glisser de la propagande pro-migrants dans leurs textes…

Flore Benguigui pose la question qu’il fallait poser : « Qui voudrait d’une vie comme ça ? », la vie parisienne sous Hidalgo, après les attentats de Charlie Hebdo, l’Hyper casher et le Bataclan, entre autres, l’incendie de Notre-Dame…

J’entends les murmures de la ville
Que la nuit a mise à nu
Le fracas des automobiles qui filent
Juste un instant s’est tu

Dans la brume électrique elle dort
Sans dessous dessus
Et son corps encore inconnu
Laisse entrevoir

Son coeur qui cogne un peu plus fort
Toutes ces couleurs qui courent encore
Est-il trop tôt, est-il trop tard ?

C’est comme une fille qu’on embrasse
Mais qu’on ne voit jamais de face
Le refrain sans accords
Des sirènes du soir

C’est comme une fille qu’on embrasse
Mais dont le souvenir s’efface
Dites moi si je sors
Du rêve, du cauchemar

Paris, parie avec moi
Quitte à essayer cent fois
Paradis ou pas
Sous les pavés je te vois

Oh pari perdu avec toi
Qui voudrait d’une vie comme ça ?
Paris tu n’es pas
Comme au cinéma

Elle ouvre les yeux sans efforts
Se lève d’un seul coup
Et nous recrache par milliers
Sur ses Grands Boulevards

Fille noctambule fan de l’aurore
Femme de la nuit multicolore
Mais tes matins restent noirs

C’est comme une fille qu’on embrasse
Mais qu’on ne voit jamais de face
Le refrain sans accords
Des sirènes du soir

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Paris « n’est pas comme au cinéma », dans les grands films du temps où la France rayonnait encore…

Seul moyen de fuir l’enfer parisien, une destination tropicale qui permet d’oublier le temps de quelques jours…

Spleen de Paris, Invitation au voyage… les amateurs de Baudelaire apprécieront ce groupe de jeunes musiciens.

 

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Maxime

"On ne peut vivre agréablement si l'on ne vit avec prudence, honnêteté et justice" (Epicure). La France ne pourra retrouver la jeunesse de Bacchus peinte par Bouguereau qu'en renforçant le principe de précaution.


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