Syrie : allons-nous vers un remake Journées Portes Ouvertes 2015 ?

Publié le 21 février 2020 - par - 2 commentaires

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La province syrienne d’Idlib est une chaudière dont la soupape de sécurité est proche de quitter son axe et avec ou sans l’Ange Merkeille, un remake 2015 est plausible.

 

Le nouvel exode des réfugiés syriens sera propulsé non seulement par la guerre mais aussi par le désastre économique. Et dans ce cas de figure, le Groupe de Višegrad n’accueillera qu’une poignée de Syriens chrétiens.

 

Idlib

 

Cette petite province de 6000 km² (soit l’équivalent du Var) compte 3 millions d’habitants et d’habitants sous tente, les réfugiés intra-syriens. Étant donné la poussée des forces gouvernementales, ils seraient près de 600.000 à avoir rejoint récemment l’enclave dans l’espoir d’un avenir à court terme turc voire européen.

 

Dans les zones à camps, ils sont 3500 à 4000 par km² et n’ont pas réellement le choix : les forces syriennes progressent vers le nord en nettoyant village par village parfois au moyen de ces abjectes bombes thermobariques.

 

Parmi ces 3 millions, ils sont 100 à 150.000 combattants islamistes qui ont collaboré avec Al-Qaïda voire des groupements encore plus extrémistes. Qui en garantira la future traçabilité ?

 

Les trois bouées de secours potentielles, du meilleur vers le pire

 

Se rendre en Turquie qui compte déjà son lot de 3,5 millions de Syriens. Ils seraient près de mille à s’y rendre chaque jour. Pour certains réfugiés, la Turquie représente l’UE27 dans le périscope.

 

Se diriger vers l’est de la Syrie, vers les territoires sous contrôle de la Turquie. C’est la solution la plus logique du point de vue occidental mais peut-être pas celle de ceux qui fuient la guerre.

 

S’en retourner vers le sud de la Syrie, ce qui paraît difficilement imaginable pour ceux qui sont fichés par Bashar al-Assad. Après le cessez-le-feu du 12 janvier 2020, trois points de passage ont été aménagés sur la ligne de front mais quelques centaines de personnes à peine ont pris la route du sud, celle de la remigration intérieure. Bien sûr, personne ne veut plonger à nouveau dans la gueule de Bashar, ce qui est humain.

Syrie : l’incroyable dépeuplement

 

22 millions d’habitants en 2011 desquels il faut soustraire 500.000 civils ayant perdu la vie lors des combats et bombardements et 6 à 7 millions hébergés actuellement en Turquie, Jordanie, au Liban et en Europe.

 

14 à 15 millions d’âmes peuplent la Syrie 2020 dont les deux tiers « sous domination gouvernementale ». Et bon nombre nécessitent une aide humanitaire urgente.

 

Sur les images de guerre civile syrienne apparaissent régulièrement des débris de missiles comportant des numéros de série russes et il est parfois difficile de déterminer s’il s’agit d’un cadeau aérien de Poutine ou d’anciens ananas balistiques CCCP utilisés par Bachar.

 

Les convois de réfugiés syriens sont souvent la cible des dictateurs, rappelant ici l’Exode 1940 et les ignobles piqués de Stukas. Le 24 décembre 2019, l’aviation mitraille les convois de réfugiés sur l’autoroute M5 Hama-Aleppo, faisant de nombreuses victimes civiles.

 

Autoroute M5

 

Les Turcs sont plus malins que nous

 

Dans les années 50, Ankara a bien signé une convention internationale sur la prise en charge des réfugiés mais en se réservant le droit d’exclure les fuyards en provenance… du Proche-Orient ! Une décision visionnaire ?

 

L’UE verse annuellement 3 milliards d’euros à la Turquie à titre de soutien aux réfugiés. L’UE27 dégrossie de Londres comptant 446 millions d’habitants, cela donne 6,72 €/an par tête de pipe, un bon 15 €/an par le prisme de la population active. Ce n’est pas rien ! En 2015, le gouvernement allemand avait déjà débloqué 23 milliards de dollars affectés uniquement aux réfugiés sur son propre territoire.

 

La Turquie lance également ses propres soldats à Idlib afin de tenter de freiner le flux de réfugiés, d’où le risque de confrontation avec l’armée syrienne elle-même soutenue par les Russes. Et si Yvan bombarde un membre de l’OTAN, on se demandera une fois de plus ce qu’y fait Istanbul !

 

 

Frontière turco-bulgare : la petite porte vers l’UE27 ?

 

La surveillance de cette ligne Turquie-UE est mixte : bulgare et européenne, plus précisément allemande. Mais Bulgarie n’est pas Hongrie et le taux de corruption des douaniers bulgares ainsi que la tradition locale des trafiquants passeurs laissent craindre le pire pour les partisans du No More Refugees.

 

Un ordre de grandeur : il faut quinze heures environ pour se rendre du sud de la Turquie à la frontière turco-bulgare, longue de 240 kilomètres.

 

 

Frontière turco-bulgare, une imperméabilité à confirmer

 

Syrie : le chaos économique

 

Selon un expert polonais, la Syrie est dans un état bien plus désolant que celui laissé par les nazis en Pologne. Depuis 2011, la chute du PNB est de 75% et 40% des bâtiments sont inhabitables. Une remise sur les rails de la Syrie prendrait 2 à 5 décennies et absorberait 700 milliards de dollars.

 

En 2011, un dollar américain s’échangeait à 45 livres syriennes, aujourd’hui à 1150. Ce qui explique que même les fonctionnaires dociles ont difficile à boucler les fins de mois.

 

2000 livres syriennes. 2011 : 44 dollars, 2020 : 1,75 dollar

 

La faute aux méchants colonisateurs français ?

 

Niet ! Une vue de l’esprit : à considérer une occupation française prolongée jusqu’en 2000, le constat syrien ne serait assurément pas aussi dramatique pour ces peuples ne demandant qu’à vivre.

 

La Syrie acquiert son indépendance de la France le 17 avril 1946, une France laissant une province d’Idlib aux terres fertiles : céréales, olives, figues, raisin, tomates, production de coton et non un champ de la mort où les malheureux sont coincés entre la frontière turque et les tirs « gouvernementaux », échos d’une dictature totalitaire comme seul l’islam sait en produire.

 

Richard Mil

 

Ils auraient pu naître et être citoyens du monde. Le bloc arabo-musulman en décida autrement

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2 réponses à “Syrie : allons-nous vers un remake Journées Portes Ouvertes 2015 ?”

  1. Avatar Machinchose dit :

    il faut absolument rendre la syrie, le liban, la jordanie et l’ iRAQ a l’ ancien empire ottoman

    régime sous lequel pas un turban ne dépassait

    les Turcs ont toujours su etre d’ excellents colonisateurs, comme en Tunisie et Algérie……….régions ou durant quatre siècles aucun hopital, école, route, pont, ne fut jamais construit

    (contrairement a cette brave France, qui en moins de vingt ans a propulsé ces gourbis dans la modernité européenne)

    et qui recueille a présent les fruits de cet investissement douteux

    d’ ailleurs, pas bizarrement du tout, trés peu de ces « colonisés » par les Turcs, une fois « colonisés » par les Français, fuirent vers la Turquie

    seule la fameuse Smala d’ Abd el Kader, vaincu par la France y trouvera refuge
    Jérusalem, avant la victoire israélienne de 1967, abritant le quartier des Maughrébins, rasé depuis et remplacé par la belle esplanade du mur du temple

    moralité: » fa lou ben a Bertrand, te remercie en caguant »

    et en caguant devant ta porte et chez toi!
    ce pays , comme ce continent vont s’ effondrer si des mesures sevères, trés dures ne sont pas prises dans les prochaines années
    tant que des foules de ces « envahisseurs » ne seront pas bloquées, et renvoyées chez leurs shithole
    et ne venez surtout pas me faire rigoler en opposant le ridicule « ils sont franàais comme vouzémoi  »

    ce sont d’ abord et avant tout des crève la faim, des lies,des sauvages, qui ont réussi a nous faire craindre leur rencontres, surtout depuis qu ils ont colonisé des quartiers, des villes, des régions et a présent nos campagnes

    ajoutons a celà leur religion conquérante, violente et prédatrice et sans oublier la mèche de la dhimitude

    ces vingt millions de conquérants ne s’ arrêteront plus avant le pouvoir, dont la conquête se précise de plus en plus de jour en jour

    et avec la funeste complicité de TOUS nos zélus, avides de conserver leur statut, leur paye, leur notoriété, leur pouvoir, leurs privilèges,leur bagnole et chauffeur de fonction, leurs putes parfois indiscrètes
    tous, sans exception se comportant dans leur sphère en mini-rois
    quand je vois ces gens, dont l’ exemple leplus parlant est depuis des années le benêt bien joufflu et tétra mentonnée, Gérard Larcher, il me prend d’ irrepresssibles envies de charettes de guillotinables
    vite! vite! un autre Fouquier Tinville !

    que nos filles et femmes puissent se balader la nuit dans Paris, que nos, oui, NOS jeunes circulent a Barbès en sécurité, qu on en finisse avec cette « insécurité mortelle », ou plutot ces « incivilité », ça fait moins mal

  2. Avatar Rinocero dit :

    Article intéressant, MAIS, MAIS,MAIS qui oublie un certain nombre de faits.
    Sur les combats :
    Richad Mil oublie volontairement ou pas de rappeler que les rebelles syriens implantés dans la Province d’Idlib ne respectaient pas les trêves et tiraient régulièrement sur les zones gouvernementales et notamment sur la Ville d’Ale et le Province de Lattaquié, faisant eux aussi des victimes civiles. Alep a été, libéré par les forces gouvernementales syriennes il y a 2 ans mais beaucoup de villages aux alentours étaient encore aux mains des forces jihadistes. Ces forces rebelles syriennes sont peut-être d’ailleurs toujours soutenus en sous mains et appovisionnés par les turcs et par d’autres pays de la coalition internationale. N’oublions pas que des restes de l’Armée syrienne libre ont servi d’auxiliaires à l’armée turque pour combattre les Kurdes, il y a quelques mois de cela lors du retrait des troupes américaines qui ne sont pas partis d’ailleurscomplètement de Syrie s’étant repliés dans les zones pétrolières du Nord Est de la Syrie. Par ailleurs les groupes jihadistes de la Province d’Idlib contrôlaient certains secteurs par où passe l’autoroute M5 empêchant de fait la reprise du trafic routier entre Damas et Alep.
    Quant aux victimes civiles elles sont sans doute nombreuses, mais les 150 mille rebelles syriens qui se trouvent dans le réduite d’Idlib utilisent les mêmes méthodes que le Hamas ou le Hezbollah , c’est à dire qu’ils sont implantés au milieu d’habitations civiles , d’écoles, d’hôpitaux. Au demeurant pour libérer les villes de Mossoul et de Raqqa aux mains de l’Etat islamiste , la coalition internationale a bien été obligé de bombarder ces villes massivement, faisant de nombreuses victimes civiles . Il faut voir dans quel état se trouvait la ville de Raqqah après sa libération.
    N’oublions pas non plus que personne n’a obligé le gouvernement turc à s’immiscer dans la guerre civile syrienne, ni à laisser passer par ses frontières des milliers de jihadistes étranger venus pour certains de Libye où Khadafi venait d’ête renversé et de plein d’autres pays arabes.
    Ces jihadistes étrangers ne sont pas venus en Syrie avec un visa en débarquant à l’aéroport de Damas International mais sont entrés illégalement sur le territoire syrien depuis la Jordanie (pays qui mange dans la maini des américains), du Liban et de la Turquie.
    Quant aux rebelles syriens soi-disant modérés de l’Armée syrienne libre ce sont les mêmes qui on,t fait la chasse au kurdes en auxiliaires zélés des forces turques et pour la majorité d’entre eux ils n’ont jamais combattu Bachar El Assad au nom des valeurs de démocratie, de liberté et de fraternité entre les différentes composantes religieuses et ethniques de la société syrienne, mais dans le but d’établir un état régi par la charia .Leur slogan n’était-il pas les « alaouites au cimetière, et les chrétiens à Beyrouth, autrement dit chassés de Syrie. En 8 ans de guerre civile, on n’a jamais vu apparaître parmi les différents groupes armés de l’ASL (Armée syrienne libre) une figure comparable à celle du commandant Massoud en Afghanistan s’opposant aux Talibans.
    S’il y avait eu sur le terrain au sein des forces rebelles syriennes, une personnalité présentable croyez moins bien que les médias occidentaux, soutiens quasiment inconditionnels des forces rebelles l’auraient mis en exergue.
    Le fait que très peu de civils syriens de la Province d’Idlib se rendent dans les zones tenus par les forces loyalistes a plusieurs explications possibles. D’abord on ne vas pas au devant de combats . Quant les forces alliés 4 ont débarqués en Normandie en 44 et établies une poche les populations civiles normandes habitant un peu en recul de la côte n’ont pas été au devant des libérateurs au risque d’être prises dans les combats entre les forces alliées et allemandes. En outre une les civils syriens d’Idlib sont sous la coupe des groupes rebelles jihadistes; si ces civils manifestaient l’envie de rejoindre les lignes gouvernementales, je ne suis pas certains que les forces rebelles les laisseraient faire ou alors ellesn’hésiteraient pas à leur tirer dans le dos.
    Maintenant il est certain aussi qu’une partie importante des civils syriens présents dans la poche d’Idlib sont solidaires des forces rebelles de la même façon que de nombreux civils dans les zones tenus par l’Etat islamique soutenaient l’Etat islamique. Il ne faut pas s’illusionner.
    Concernant les destructions de l’économie syrienne.
    Votre constat est exact et l’appareil économique est effectivemùent en ruine mais vous oubliuez de signaler que la coalition arabo sunnite-occidentale fait tout pour que ce pays ne se reconstruise pas :
    – embargo économique;
    – mainmise des américains sur le pétrole syrien ( ressource qui manque au gvt syrien);
    – pressions occidentales sur certains pays arabes pour qu’ils ne rouvrent pas d’ambassades en Syrie et qu’ils ne reprennent pas d’échanges économiques
    avec la Syrie.
    Autrement dit les Pays occidentaux et les Pays du Golfe refusent d’accepter la victoire militaire du gouvernement légal syrien, en essayant de chasser Bachar El Assad par des sanctions économiques Autrement dit au lieu de chercher un compromis et de normaliser les relations avec Bachar El Assad (par grand défaut je vous l’accorde M. Mil et faute de mieux) on préfère prolonger les souffrances du peuple syrien.
    Sur les morts de cette guerre civile :
    Prenons le cas d’Alep : cette ville depuis le début de la guerre civile s’est trouvée scindée en 2 parties, l’une contrôler par les forces rebelles, l’autre restée dans les mains des forces gouvernementales. Au bout de 5 ans les forces armées loyalistes ont libéré complètement la ville. Or dans la zone qui était restée aux mains des forces gouvernementales depuis le début de la guerre civile, la cathédrale, l’université avait été détruite par les tirs d’artillerie des forces rebelles ( mortiers, roquettes etc) . Ceci pour dire qu’il n’y a pas que les forces aériennies de Bachar El Assad qui ont provoqué des dégâts dans ce pays. Parmi les 500 mille morts on ne peut pas comme le fait malhonnêtement les médias les attribuées aux seules forces gouvernementales; Les victimes civiles se trouvent des 2 côtés même s’il est vrai sans doute que les bombardement aériens ont fait plus de victimes. Et les crimes de guerre ont été commis des 2 côtés. Dans cette guerre les troupes gouvernementales ont perdu des milliers d’hommes tués par les forces rebelles et parfois certains soldats des forces gouvernementales tombés dans les mains des rebelles ont été, après avoir été désarmés fusillés sans forme de procès.
    Sur la catastrophe humanitaire:
    Si un hiver rigoureux n’arrange rien pour les populations civiles, Bachar El Assad n’est pas responsable du mauvais temps. Aurait-il dû différer la reconquête de la Province d’Idlib, alors que les forces rebelles envoyaient régulièrement des roquettes ou des drones sur les zones gouvernementales. Devait-il laisser souffler les rebelles et les laisser se réapprovisionner en armes et munition? Les associations humanitaires n’ont pas accès aux populations civiles; à qui la faute sinon à ces ONG occidentaux qui confondent soutien humanitaire avec soutien aux forces rebelles comme ces mêmes ONG qui ne se contentent pas de secourir les migrants en méditerranée mais font du prosélytisme pour les faire débarquer dans les ports européens et qui leurs fournissent des informations pour franchir illégalement les frontières.
    Et puis soyons honnête s’il est vrai que cette guerre a poussé vers l’exil un grand nombre de syriens, sans doute pour beaucoup opposants à Bachar El Assad croyez vous sérieusement que les 14 millions de syrien restés dans les zones tenues par les forces gouvernementales souhaiteraient unanimement « être libérés par les rebelles syriens ou l’Armée turque » , franchement !?

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