« Ah non, ne mettez pas l’Allemagne à genoux, et pour Mil » : réponse à Philippe Arnon


« Ah non, ne mettez pas l’Allemagne à genoux, et pour Mil » : réponse à Philippe Arnon

Française sur sol français amoureuse de l’Allemagne

« Garçon, un petit remontant pour Philippe Arnon ! »

« Il faut mettre l’Allemagne à genoux, et pour 1000 ans ! ». Philippe, j’espère lire cela un 1er avril ! Parce que si vous tentez la position genouillère, vous risquez de réveiller à nouveau le démon, fruit de vos phobies anachroniques.

 

Monsieur Arnon,

Je ne mets en doute ni votre intelligence ni votre culture générale. Qui plus est, vous êtes sans nul doute notre allié à en juger de par « L’islam, une stratégie militaire, sous couvert de religion » que j’applaudis très sincèrement.

Mais votre article du 6 février 2020 m’a fait bondir de stupéfaction. Ma réaction remplirait à elle seule une centaine de pages mais je tenterai de condenser mon indignation en quelques mots, ceci sur base de certaines de vos assertions.

La controverse

https://ripostelaique.com/il-faut-mettre-lallemagne-a-genoux-et-pour-1000-ans.html

On a parfois le sentiment que l’article a été écrit en 1950, tant vos ressentiments sont proches du mainstream de l’époque d’après-guerre.

Ci-dessous, dix extraits en italiques.

« L’Allemagne, les mains derrière le dos et la tête baissée ! »

Allez donc dire ça à la jeunesse allemande 2020. Elle vous prendrait dans le meilleur des cas pour un fantaisiste de cabaret ou un réalisateur de film d’humour casque à pointe genre 7ème Compagnie ou L’As des as. Dans le pire des cas, vous lui feriez une brillante démonstration vocale de ce qu’est la véritable haine.

« L’Allemagne, ennemi public numéro 1 »

Certainement durant l’Euro 2020 ou le prochain Mondial pour un excellent Classico France-Allemagne.

« Sa grosse tare, c’est sa foutue puissance économique »

La puissance ne tombe jamais du ciel. L’Allemagne, c’est le plus vaste réseau de PME familiales au monde, une incroyable fourmilière réagissant rapidement aux demandes à l’exportation. Et contrairement à notre belle France, Berlin n’a pas cédé au mythe de la désindustrialisation Cocorico.

« Moi, je crois qu’il y a des gènes qui caractérisent les pays. Chez les Allemands, c’est de dominer par la haine et la cruauté »

Le gène dont vous parlez est le fruit de l’évolutionnisme qui conditionna l’Homme à se rassembler en mini-tribus combattant les tribus concurrentielles. Ce gène n’est pas spécifiquement allemand, il est universel. Tout ce que l’on peut ajouter est qu’il existe une certaine corrélation entre esprit de discipline sociale et malléabilité.

« Aujourd’hui, et à juste titre, on est obnubilé par la barbarie de l’islam et notre garde en ce domaine ne doit bien sûr pas baisser. Mais elle doit également s’exercer vis-à-vis de l’Allemagne »

Comparer la barbarie de l’islam à l’Allemagne 2020 en tant qu’ensemble, c’est faire une publicité remarquable de l’islam. Vous surclassez ici tous les imams français.

« L’Allemagne, c’est la quasi-extermination dans sa colonie du Sud-Ouest africain de deux ethnies locales »

Tous les pays colonisateurs ont les mains sales, même ce petit Royaume de Belgique d’apparence si pacifique qui coupait les mains des malheureux autochtones congolais refusant le travail forcé au profit des ambitions du Roi-bâtisseur Léopold II.

« L’Allemagne, c’est le dégoût morbide du néant, le plaisir de l’anéantissement total de l’humanité »

Si l’on procède par fragmentation historique, un tel constat peut être décerné à l’expansion mahométane, l’expansionnisme espagnol en Amérique du Sud, l’impérialisme soviétique etc. Dans une moindre mesure, pensez également aux serfs allemands victimes de la déferlante napoléonienne vers Moscou, qui laissa les plaines prussiennes dans un bien triste état.

« Je pense comme Clemenceau »

Et je penserais certainement comme vous en 1920 mais pas en 2020 puisqu’un même Clemenceau patriote né en 1960 ne porterait plus le même regard sur l’Outre-Rhin : il aurait compris que ses nouveaux champs de bataille sont maintenant la Bourse, les marchés industriels et la recherche de l’hégémonie via Bruxelles.

« L’Allemagne, chef du califat d’Europe d’ici peu »

Si l’Allemagne chute, c’est que toute l’Europe occidentale aura versé au préalable dans le fossé musulman, Paris peut-être bien avant Berlin ! Et ne comptez pas trop sur votre imaginaire « alliance entre deux barbaries » car les Allemands ont réponse à tout, surtout ceux de l’ex-RDA où le taux de méfiance envers l’islam ferait bouillir de jalousie les patriotes français.

« Luther, seconde personnalité préférée des Allemands »

Ce que les Allemands ont en tête, ce sont bien évidemment les 95 Thèses placardées sur la porte de l’Église de Wittenberg en 1517 et non les propos judéophobes parfois extrêmement violents proclamés en fin de vie. Les nombreuses facettes du schisme protestant seront décisives : elles permettront au précapitalisme de contourner les nombreux dogmes chrétiens tels que l’esprit de charité et la condamnation de l’usure (« L’argent ne fait pas de petits », Aristote déjà !). Affaire Luther-Affaire Dreyfus : 1-1.

Tel-Aviv

 

Votre paragraphe « Les hommes, dit-on, ont la mémoire courte » relate fort justement les horreurs générées par les nazis et il faudrait dès lors préciser les véritables foyers de l’antisémitisme 1900 que sont la Galicie, la Pologne d’alors encore démembrée et certainement la Russie tsariste. C’est à Vienne – où l’antisémitisme était de bon ton – et non dans quelque région reculée de la Forêt-Noire ou à Berlin qu’Adolf Hitler puisera les soubassements de Mein Kampf, la vie dans les tranchées et la défaite bouclant définitivement ce macabre scénario rédactionnel.

Durant la période de la Reconquista, bon nombre de Juifs s’exilèrent et fuirent notamment vers les terres chrétiennes du Nord. Il trouveront au Saint-Empire et en la ville libre de Francfort des conditions nettement plus favorables qu’en Espagne. Ils seront un moteur essentiel du développement des villes hanséatiques et configureront les premières banques allemandes.

Si vous vous rendez à Tel-Aviv, vous apprendrez que la chancelière allemande y est bien plus populaire que le président Macron. Les Israéliens auraient-ils donc perdu la tête et cédé à la barbarie ?

Un génie industriel au service du meilleur et du pire

En 1900, l’Allemagne fait le forcing pour rattraper Londres et Paris : elle veut sa part du gâteau colonial et tente le rééquilibrage des puissances maritimes. Son industrie se développe à une vitesse ahurissante, notamment dans le secteur pétrochimique. C’est précisément ce savoir-faire en matière de savoir-fer couplé à une maîtrise logistique qui permettra de réaliser à échelle industrielle ce que les Conquistadores espagnols firent quelques siècles plus tôt. Aujourd’hui, pointons-nous les jeunes Espagnols « croisés » en rue pour le génocide perpétré par leurs ancêtres ou même la très sanglante mise au pas franquiste ?  

Fait significatif, les Alliés détruisirent dès 1945 toute symbolique nazie civile et architecturale. Par contre, les Américains confisquèrent à leur profit la science nazie destructrice : Von Braun et plus d’un millier d’ingénieurs allemands ultra-qualifiés poursuivront leurs recherches au Texas et en Alabama au nom du sacro-saint équilibre de la terreur. Visiblement on apprécie beaucoup les barbares à Washington, même Donald Trump se vante en privé des origines allemandes de sa famille paternelle.

Monsieur Arnon,

Curieusement, vous ne proposez aucune ébauche d’Union sacrée internationale, aucune méthodologie visant à éradiquer votre « barbarie teutonne ». Le terme est d’ailleurs totalement anachronique et se réfère à une époque où la civilisation gréco-romaine était réellement au-dessus du lot. Mais on ne peut être et avoir été.

Retirée de son contexte humiliant pour nos voisins, l’assertion suivante est parfaite : « Si vous voulez envisager une coopération avec la France, travaillons plutôt ensemble à mettre un terme à l’invasion islamique. Vous serez au moins (???) utile à une œuvre humaniste ». L’entretien de l’amitié franco-allemande est un devoir sacré et la psychose du voisin allemand, une phobie d’un autre âge.

Dans ma vie, j’ai rencontré quelques profils réducteurs façon « Allemands = nazis » mais ils ne disposaient pas de votre instruction, d’où ma grande facilité à recadrer ces congelés du cerveau.

Si vous cherchez un second ennemi extérieur, je vous suggère de vous attaquer aux prêtres pédophiles polonais dont le pourcentage, ô surprise, est plus élevé que celui de leurs confrères allemands.

Épilogue

 

Grâce à Philippe Arnon, j’ai enfin compris le sens profond de l’expression « être capable du meilleur comme du pire ». Du Docteur Jekyll et Mister Hyde en version française, je préfère conserver en tête celui qui pointe son arbalète Arnon vers le minaret Ah-non.

Richard Mil+a

Giboulée Philippe Arnon signalée…

Il est temps de se mettre à couvert…

Patricia Kaas, l’impératrice réconciliatrice

D’Allemagne

https://www.youtube.com/watch?v=WOeNxO3LDVE

 

Made in « Barbaric » Germany

 

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Richard Mil

Belge passionné de sciences humaines, amoureux de la culture française, gaulliste, athée, partage totalement les convictions de l’initiative citoyenne Résistance Républicaine


3 thoughts on “« Ah non, ne mettez pas l’Allemagne à genoux, et pour Mil » : réponse à Philippe Arnon

  1. AvatarJoseph

    Bonjour,
    Tout d’abord, je précise que je me sens proche des Allemands …
    Je préfère leur « mentalité » à celle des Anglais…
    Néanmoins, je leur reproche le génocide des Héréros et des Namas au début du XXième siècle en Namibie, pendant le 2ième Reich.
    Dans certaines régions de ce pays, les constructions ressemblent
    à des villages allemands…
    Avec leur « droit du sang », les Allemands sont un peuple et non une nation.
    Là où ils sont, c’est l’Allemagne.
    Colonie qu’ils ont perdu en 1918.

  2. AvatarKarl der Hammer

    Merci à Richard Mil pour sa réponse à un « article » traitant de « l’Allemagne ».
    Faut-il en permanence réduire l’Allemagne au dictateur nazi (d’ailleurs était-il vraiment allemand ou même « germain »)? Si oui, alors la France c’est le Pétain de la collaboration, la Russie c’est Staline, la Chine c’est Mao, le Cambodge c’est Pol Pot etc…
    Il faudrait quand même réfléchir à ce que l’on entend exactement par « Allemagne ». Historiquement, l’Allemagne, ce n’est pas la « Germanie » – c’est une nation qui se construit sur l’arc Rhin-Danube au contact des Romains et les empereurs allemands se veulent les héritiers de l’Empire Romain (Kaiser = Caesar). Il faut toujours rappeler qu’à la naissance de la nation allemande, la Prusse est un pays peuplé par les Slaves…

  3. François des GrouxFrançois des Groux

    Oui, merci à Richard Mil pour cer article.

    En effet, l’ennemi n’est plus allemand. Même mon père qui a connu l’occupation nazie le dit… Et puis, l’Allemagne n’est pas un bloc monolithique.

    Avec Macron aux commandes d’une France islamisée,on voit mal comment faire la leçon à nos voisins !

    Personnellement, j’ai de très bons souvenirs d’Allemagne : Mayence, Trièves, Berlin, île de Rügen, Ulm, Forêt-Noire et Bavière, Munich…

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