Mort de Michel Hug, père du nucléaire français, un des plus grands ingénieurs de l’histoire de France

Publié le 31 décembre 2019 - par - 4 commentaires

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La France a perdu  en Michel Hug l’un des plus grands ingénieurs de son histoire. Voilà ce qu’écrit de lui Lionel Taccoen qui l’a bien connu

 

Michel Hug est né le 30 mai 1930 à Courson (Yonne) de parents instituteurs. X Ponts et PhD de l’Université de Des Moines (Iowa), il rejoint EDF en 1956.

Chargé du projet du Barrage de Sainte Croix du Verdon, il décida un abaissement du niveau du futur lac  de quelques mètres  afin de sauver la commune de Bauduen, permettant à ce beau village provençal de survivre et de devenir la pimpante localité actuelle.

En 1974, le Premier Ministre Pierre Mesmer annonce à la télévision à une heure de grande écoute un important programme nucléaire. Michel Hug dirige alors la Direction de l’Equipement EDF, maître d’œuvre et d’ouvrage de la construction des centrales électriques, y compris des réacteurs électronucléaires dont le Commissariat à l’Energie Atomique venait de perdre la responsabilité.

Michel Hug se retrouve ainsi patron du programme électronucléaire. Il décide d’une stratégie nouvelle : la construction en série des réacteurs avec innovations progressives, politique suivie maintenant dans le monde entier.

Les 58 réacteurs construits cumulent fin 2019 plus de 2000 ans de fonctionnement.

Suivant les définitions de l’échelle internationale INES, aucun accident ni incident grave n’a été enregistré en plus de quarante ans.

Le coût est suffisamment bas pour qu’aucun des nombreux concurrents actuels d’EDF ne se soit risqué à se lancer à concurrencer le courant qu’ils produisent.

Au contraire, ces concurrents sollicitent le courant issu de l’atome, sans lequel ils ne sauraient survivre. Les deux tiers de l’électricité qu’ils vendent proviennent du parc nucléaire d’EDF.

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De l’autre côté du monde, un ministre chinois, Li Peng, qui deviendra Premier Ministre, a observé et admiré cette réussite française. Il y a trente-cinq ans, Li Peng demanda qu’un réacteur identique à ceux du programme français (précisément ceux de Gravelines) soit construit dans son pays en suivant strictement les méthodes françaises, exigeant en particulier comme architecte industriel la Direction de l’Equipement EDF.

Aujourd’hui, en suivant les méthodes de Michel Hug, les Chinois sont parvenus à un modèle de réacteur Hualong One concurrent de l’EPR. Le premier exemplaire sera mis en service en 2020, après cinq ans de chantier, la même durée que celles observées pour la construction des réacteurs français de Gravelines.

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Pierre Messmer, quelques années avant sa mort, a déclaré à l’auteur de ces lignes que le programme nucléaire français, par le nombre de techniciens et scientifiques impliqués et par son financement, est comparable au Projet Apollo.

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Les dirigeants politiques français ont eu bien tort de s’écarter de sa stratégie industrielle lors de la décision de construire l’EPR.

Auteur : Lionel Taccoen.

Texte relayé par JF Raux.

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4 réponses à “Mort de Michel Hug, père du nucléaire français, un des plus grands ingénieurs de l’histoire de France”

  1. Charles Martel 02 Charles Martel 02 dit :

    Un homme brillant qui était un enfant d’un pays, la France, qui était alors un grand pays avant que des abrutis dhimmis du genre Macron ne le trahisse et ne le brade aux arabo-africano-musulmans et le transforme en poubelle de l’humanité!

  2. frejusien frejusien dit :

    et les gauchiottes étant passés par là, la France a perdu son potentiel nucléaire et une partie de ses ingénieurs spécialisés,
    au point que le réacteur de Flamanville n’est toujours pas terminé et coûte bien plus cher que prévu, suite aux erreurs successives commises,

  3. Avatar Gillic dit :

    Encore un très bon qui nous quitte, c’ est injuste, les massacreurs de la France devraient partir en premier !!!! Rip …..

  4. Avatar Dorylée dit :

    Et on remplace un immense technicien comme Michel HUG par des fabricants de moulins à vent qui brassent beaucoup d’air et énormément de pognon, le nôtre. Et nous finirons fauchés et éclairés à la bougie.

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