L’hommage caustique que méritait Chirac, c’est ici

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Des boucs et des brebis. Extraits 

Je ne puis cacher ma profonde  satisfaction sur la façon dont a été menée la glorification de Jacques Chirac par le gouvernement Français et ses médias. Je n’en attendais pas moins. Tout au plus me suis-je étonné que personne n’ait proposé de Panthéonniser le grand-homme aux côtés de Simone Veil qu’il affectionnait au point de l’appeler : Poussinette !

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Je n’ai pas noté de fausse note devant le petit écran.  L’admiration et la reconnaissance y furent unanimes. Un instant, j’avais craint qu’un journaliste catholique quelque peu factieux  ne vienne troubler l’harmonie du Système en rappelant que l’homme était celui qui avait affirmé la nature athéiste de la République en  déclarant qu’en aucun cas, « la loi morale ne devait l’emporter sur la loi civile » ! Car il est vrai que les tribunaux républicains lui en avaient donné la garantie en le condamnant à deux ans de prison pour avoir tripatouillé dans les caisses parisiennes, mais en ne faisant pas appliquer la sentence ! C’était une grande première ! Désormais un malfrat découvert pouvait tout espérer s’il était républicain , et cela devrait permettre à Balkani de bénéficier de la compréhention de la loi. J’ai entendu dire d’ailleurs que l’on avait déjà « aménagé » la peine de Monsieur Cahusac,  qui certes volait l’état, mais les yeux dans les yeux, ce qui est une preuve de caractère républicain. En fait, il semble que le président Mitterrand avait prévu ce progrès, car il avait dit : « Après Chirac, n’importe qui peut être président de la république ! »

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Un instant aussi, j’ai craint  que le suicide quasiment bi-journalier des paysans ruinés par le système, ne se ressente dans les propos de quelques  paysans interrogés qui me ressembleraient, car Chirac avait beaucoup travaillé dans ce sens. En effet, ministre de l’Agriculture, il avait estimé que le seul syndicalisme Agricole légitime, était, comme en Russie Soviétique, celui qui  prenait en charge les rapports rédigés par Matignon, lesquels prévoyaient la disparition des Trois quarts des Agriculteurs sinon plus. C’est ainsi  que le « Cercle des jeunes Agriculteurs » fut hautement appointé  pour cela, alors  que le «  Mouvement  des Exploitants Familiaux », et la « Fédération Française de l’Agriculture » qui s’efforçaient de préserver le revenu des hommes de la terre, n étaient même pas consultés ! De toute évidence, à cette époque, Chirac en s’inspirant du Modèle Soviétique, se souvenait d’avoir distribué «  l’Humanité » Stalinienne dans la rue.

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On négligea d’interroger les veuves et les fils des paysans suicidés, pour ne pas faire désordre, au cas où certains n’auraient pas manifesté d’enthousiasme.  On n’interrogea que les admiratifs de la façon dont Chirac palpait le cul des vaches  au salon de l’Agriculture,  et celle dont il pouvait engloutir le saucisson après la tarte aux prunes, et le verre de lait non pasteurisé après le champagne ou le Beaujolais . J’avoue avoir trouvé à ces laudateurs inconscient du génocide Agricole des têtes de parfaits abrutis, mais là, en tant que très modeste paysan qui n’a jamais vécu qu’avec le quart du Smig, il est possible que je sois partial. Il est possible aussi qu’il n’y ait pas eu seulement des crétins parmi les bouseux chiraquiens, il y a eu aussi les profiteurs  de la ruine des petits exploitants, et  les dirigeants syndicaux qui ont quitté la traite des vaches pour les tétons de Marianne !  Ainsi a-t-on pu entendre le Député Jacob  qui  remplaça avantageusement  la vulgaire soupe-aux choux, par la tête de veau façon Gribiche,  déplorer très  pieusement la perte de l’équarrisseur Agricole, alors que je l’ai entendu donner parfois des signes d’intelligence !

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Bien sûr comme il était difficile d’attribuer à Chirac les qualités morales qu’il n’eut jamais, on se rabattit sur le coté populaire, enthousiaste et rigolard du sujet, avec même quelques allusions à une virilité débordante. Bref certains journalises nous le présentèrent comme le véritable type Gaulois, intrépide, fougueux, puissant , éloquent, galant, fraternel  et traitant par un noble mépris ,les propos  abracadantesques de ses détracteurs. Cela m’a posé un véritable problème .

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J’ai en effet lu, à l’époque, un article de la revue espagnole : « Gaceta Illustrata » qui prétendait que l’homme se serait appelé en réalité Santiago Cordéro Marin, né au village d’Albama en 1934 dans une famille qui dut s’exiler devant la victoire Franquiste.. La famille s’étant peut-être dissociée, il aurait été adopté par Marie-Louise Chirac, qui venait de perdre son enfant et ne pouvait en avoir d’autres !  Cela permettrait de comprendre l’amour qu’il portait aux guerrilléros espagnols, qui reprirent les armes en France durant l’occupation allemande, et qui d’après quelques historiens, tuèrent  plus de Français que d’Allemands.  Chirac fit inscrire ces communistes patentés sur nos monuments aux morts en parité avec les héros de Verdun . Il devait ensuite reconnaître, ce à quoi s’était refusé le président Mitterrand qui, lui, avait vécu cette époque, la responsabilité du gouvernement français dans  la déportation des juifs !

[…]

Je suppose que c’est aussi ce que l’on apprend à l’Ena. Il y avait excellé  de sorte que ses camarades l’avaient surnommé l’ « Hélicoptère », car il appuyait déjà ses propos délirants, en moulinant de ses bras comme s’il avait voulu prendre son envol. En réalité, il prenait le vent. Le vent porteur de son époque. Celui qui permet aux énarques de discuter des problèmes sans avoir à les résoudre.
Je ne suis pas donc certain de la Gauloiserie du personnage,  Il me semble ressembler plutôt à ce personnage de la bande dessinée, Lukie Luke, qui passait pour titrer plus vite que son ombre.. Chirac lui, s’est toujours retourné plus vite que son ombre.  Et je dois rendre  quelque hommage à  un centriste, qui semble avoir eu un éclair de courage pour l’oser écrire, et probablement sans avoir demandé la permission à François Bayrou.  Voici sa charge  qui me semble un bon rappel :

   « On  a connu Chirac plaidant pour un travaillisme à la Française, puis devenant brusquement libéral, préoccupé par la fracture sociale, mais menant sous la houlette d’Alain Juppé une politique de réformes brutales, partisan d’une droite dure,  avant d’établir une étanche frontière entre la droite républicaine et l’extrême droite, accusant Giscard et les pro-Européens d’être les agents de l’étranger avant de se rallier à Maastricht. Les exemples sont multiples de ses revirements qui disent assez que sa pensée politique se résumait à la tactique électorale. Ayant théorisé que les promesses n’engagent que ceux qui les croient, il se pensait  autorisé à dire tout et son contraire, pourvu que sa parole séduisit  son interlocuteur ».

(P. Carmouze. Editorial dans l « Eclair » du 30 Septembre 2019.)

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[…]

Finalement, je n’ai connu qu’une déception. Celle que m’a causé le président de la République en rendant hommage à son prédécesseur. J’ai subi bien des fois le reproche amical  de donner trop  d’importance à l’intelligence du Président Macron, alors qu’il s’en sert pour de mauvaises causes. C’est qu’on peut espérer une conversion de l’intelligence, mais jamais de l’inintelligence ! Je reconnais que jusqu’ici, l’intelligence Macronienne a surtout réussi à persuader le peuple Français que les clopinettes républicaines sont des friandises. Mais j’espérais au moins formellement un beau texte. Je ne comprends donc pas qu’il ait été si mauvais dans l’expression,  que j’eus l’impression d’entendre un Zombie sorti de je ne sais quel frigidaire, qui exposait  d’effrayantes banalités sur un ton aussi chaleureux que les brises de l’Antarctique !

Finalement, en tant que citoyen français soumis à l’impôt, il ne me reste que la satisfaction des économies que nous allons faire sur ce que nous coûtait la retraite superdorée, dont bénéficient les anciens président, et j’avoue que dans mon souci de l’intérêt national ,je souhaite  que  les trois derniers présidents survivants,  soient le plus vite possible appelés par les autorités de l’au-delà,  vers un séjour conforme à ce qu’ils ont mérité.

On peut s’obliger à prier pour que Dieu soit plus clément pour Jacques Chirac, que ne le fut Marie-France Garaud qui tenta de l’améliorer et qui  dut ainsi avouer  sa défaite : « Je croyais qu’il était du marbre dont on fait les statues, il n’était que de la porcelaine dont on fait les bidets ! »

Alexis Arette, (Momas le 30 Septembre2019)

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10 Commentaires

  1. Super bien écrit et bien tourné.
    Pour ma part, le décès de Chirac a été un non événement.
    Alors que j’ai porté le deuil de De Gaulle.
    je me suis abstenu de suivre le cirque télévisuel d’autant que Marine Lepen ayant été tenue à l’ecart, j’ai ressenti cela comme un affront personnel.
    Pour en revenir à Chirac, je lui reproche d’avoir été un arriviste, tournant sa veste toujours du bon côté et de n’ avoir strictement rien fait dans l’interêt de la France et des français, alors qu’élu avec 80% des voies pour son second mandat, il aurait eu tous les pouvoirs.
    Quand au casseroles, comme tous les autres voyous qui accèdent au pouvoir, il en a eu son lot, et sans doute ne les connaissons nous pas toutes.

  2. La minute de silence n’a pas été partout respectée… et sans que ce soit en considérant de la loi de 2004.
    Digne de Mao, cette manipulation de grande envergure en vue de sacraliser la présidence de la République, au plus grand bénéfice du titulaire actuel du poste, a suscité de légitimes réticences. Il reste encore dans ce pays des gens qui ont gardé leur esprit critique et trouvent anormal qu’on nous impose une minute de silence pour Jacques Chirac, là où au contraire la minute de silence a été respectée naturellement par les mêmes quand il s’agissait d’avoir une pensée pour les victimes d’attentats mortes du fait de l’impéritie de nos gouvernants, présents ou passés, dont Jacques Chirac.

  3. j’ais débute ma vie avec le général que je mettrais a part de ce panier de crabes, j’ais connu la mort de Pompidou a l’armée ainsi que l’avènement de giscard, j’ais subit chirac après avoir subit mite érant je ne parle pas des autres car ce ne furent que des figurants, mais pour ce qui est de chirac que tout le monde monte au Pinacle je peux en dire que c’est la même crapule, le même pourrit que les autres sauf que lui c’était une crapule et un pourrit sympa et chaleureux, mais a l’arrivé le résultat était le même qu’avec tous les autres on l’avait toujours dans l’os!

    • Moi aussi je me réfère toujours au Général de Gaulle qui lui fut un très grand « Président ». Ses discours étaient limpides pleins de bon sens, pas comme ceux de macron alambiqués, (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué). Depuis De Gaulle, la société est devenue ingérable, et peu à peu j’ai vu l’ambiance dégénérer dans le mauvais sens. Nous sommes actuellement pas très loin d’une guerre civile car jamais nous n’accepterons de vivre sous la houlette des frères musulmans. Quand l’intolérable devient insupportable, je pense que là les gens réagiront. Du moins, il faut l’espérer.

      • La différence entre De Gaulle et les autres ?
        De Gaulle s’adressait aux Français quand il parlait.

        • De Gaulle capable aussi de coups tordus mais avait la France dans le ventre et ne voyait qu’elle et contrairement aux autres a été le seul a la faire grandir , en plus il avait une vue très claire sur l’international ce qui lui permettait ses coups d’avance vis a vis des grands manipulateurs . Les Etats unis en savent quelques choses ainsi les Anglais , les Russes faisaient très attention avec De Gaulle idem pour les autres .Nous voyons notre actuelle situation quel chemin parcouru par les demies portions qui on suivi et maintenant par celui que nous subissons pour en arriver en 2019 proche du fond .

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