« L’Espagne doit se préparer à un attentat massif à l’arme blanche, en pleine lumière du jour sur une place publique »

salafistescatalogne

Les détenus pour djihadisme à Badalona sont un couple et leurs fils jumeaux

Traduction par Alain de Catalogne d’un article  paru ici :

http://noticias.lainformacion.com/disturbios-conflictos-y-guerra/terrorismo/el-salafismo-se-extiende-sin-control-en-cataluna_PEhq5eHqIZz9pCJxfAj7i/

Le salafisme s’étend sans contrôle en Catalogne .

Andrés Torres

MARDI, 31/03/15 – 14:00

 

  • « L’Espagne doit se préparer à un attentat massif à l’arme blanche, en pleine lumière du jour sur une place publique » disent les experts en terrorisme djihadiste.
  • Les salafistes ont doublé leur présence en Catalogne. Si en 2008 on comptait environ 30 centres religieux, maintenant ils contrôlent entre 57 et 60 mosquées.

Un couple de marocains et leur deux fils jumeaux de 16 ans ont été arrêtés ce mardi à Badalona, ils sont accusés d’endoctriner, de recruter et d’envoyer des djihadistes en Syrie, pays dans lequel serait mort un de leurs fils. Ce ne sont pas les premières cellules désarticulées en Catalogne ces derniers mois. Tant et si bien que le propre Département d’Etat des USA a déjà signalé en 2010 que cette région méditerranéenne était en train de constituer un important centre de l’ islamisme radical en Espagne.

Cependant, selon les mots de José Maria Gil Garre, directeur du Département d’Etudes  du terrorisme de l’Institut de Sécurité Globale, dont le siège est à Londres, parler – comme certains médias l’ont publié – de la Catalogne comme succursale de l’Etat Islamique, reste encore une « étiquette journalistique ». Dans des déclarations faites à lainformacion.com , Gil Garre considère qu’il n’existe pas en Catalogne des “éléments différenciés” quant à la captation et la radicalisation de djihadistes par rapport aux autres communautés “comme Murcie ou le Pays Basque ».

Dans ce sens, on ne peut parler de centre djihadiste dans la mesure où ce type de cellules ne fait pas partie de structures ni n’ont de relations hiérarchisées avec des groupes terroristes comme « L’Etat islamique » ou Al Qaida. Ce sont des individus qui écoutent la fatwa de Baghdadi – calife de « l’Etat Islamique »- et répondent à ses injonctions et développent une conduite criminelle.

Le salafisme se développe en Catalogne.

La clef, souligne le porte-parole de l’Institut de Sécurité Globale, passe par l’extension du milieu salafiste qui s’est produit ces dernières années en Catalogne. Un processus qui a facilité le recrutement et la radicalisation de djihadistes.

Dans ce sens, Gil Garre précise que le salafisme – de l’arabe salaf, prédécesseur, ancêtre – n’équivaut pas au terrorisme, mais cette doctrine islamique ultraorthodoxe prêche une interprétation littérale du coran telle qu’elle s’est inscrite dans un contexte médiéval. « S’il fait partie du noyau idéologique de tout djihadiste, le salafisme s’est énormément étendu en Espagne et singulièrement en Catalogne. » assure-t-il.

 

En quatre ans  les salafistes en Catalogne ont doublé leur présence. Ainsi si en 2008 on comptait environ 30 centres religieux, concentrés pour la plupart à Tarragone, maintenant ils contrôlent entre 57 et 60 mosquées, leur zone d’influence s’est étendue à Lérida et Gérone. Gerona. « Le salafisme a été un élément clef d’investigation du mouvement djihadiste dans les pays du Maghreb d’où proviennent nombre de terroristes récemment arrêtés dans notre pays précise Gil Garre.

Cependant le salafisme étend ses tentacules bien au-delà de la Catalogne. Il y a quelques jours on a célébré un congrès salafiste au Pays Basque et dans quelques jours La Rioja accueillera un évènement similaire. « En Espagne on les a laissé opérer en toute tranquillité »  explique-t-il.

Une alternative ideologique… pour les jeunes Espagnols.

La forte implantation de la communauté marocaine et pakistanaise en Catalogne, particulièrement à Barcelone explique pourquoi les foyers de luttes contre le djihadisme se tournent maintenant vers la Méditerranée. En accord avec les données de la Police Nationale il existe quelque 60 000 Pakistanais qui résident dans la Cité Comtale, la majorité sont des hommes, célibataires et sans papiers. C’est dans ces antres de la pauvreté et de la marginalisation que le salafisme attrape ses fidèles.

« Beaucoup de djihadistes se sentent “non identifiés “ à leur entourage , et ressentent la nécessité de se lier, même affectivement, à une idée alternative stimulante » argumente Gil Garre qui illustre son explication avec un exemple déchirant. « Un jour j’ai eu un entretien avec la sœur « occidentalisée » d’un djihadiste qui était mort en Syrie. Je lui demandai : Pourquoi ? et elle me répondit qu’on lui avait offert la possibilité de faire partie de quelque chose d’important. » Le salafisme fascine parce qu’il offre des réponses simples –littérales- à des questions complexes, et il apporte des cautions morales si claires qu’il donne à ses fidèles un extraordinaire sentiment d’appartenance et d’identité.

Cependant, selon l’analyste de l’Institut de Sécurité Globale, chaque fois sont plus nombreux les jeunes espagnols –espagnols de souche- qui se convertissent à l’islam par le salafisme. « Ces processus sont particulièrement visibles en Catalogne ”. Il se produit des situations de vulnérabilité ou de manque d’affection chez de nombreux garçons catalans que les radicaux exploitent pour les inciter à la violence.

« Les salafistes qui auront vu les détentions de ce mardi penseront qu’ils ont été arrêtés justement parce qu’ils étaient salafistes ou parce que la femme portait le niqab « , explique Gil Garre. Ici réside la dimension de radicalité de cette doctrine islamique explique-t-il.

« L’Espagne doit se préparer à un attentat au couteau sur une place publique »

Bien au-delà de l’extraordinaire travail exécuté par l’intelligence policière, qui a déjoué des attaques imminentes en Espagne, José Maria Gil Garre croit que l’Espagne ne mesure pas bien la dimension de la menace djihadiste. Dans cette optique notre pays doit se préparer à des attentats peu complexes, de grand impact.

 « Il n’est pas nécessaire d’avoir un 11 septembre ou un 11 mars ou un attentat au quartier général de l’OTAN, le djihadisme a compris qu’il est plus impactant de provoquer un attentat massif à l’arme blanche sur une place publique  en plein jour. » explique avec un terrible exemple l’analyste de l’Institut de Securité Globale. En mai 2013 un djihadiste égorgea un soldat britannique en pleine rue dans le quartier Woolwich, au sud est de Londres. Il s’agissait d’un fils d’immigrants londoniens élevés et ayant grandi à Londres, converti à l’islam, le responsable d’un attentat sanglant filmé par des centaines de portables enregistrant la scène d’assassinat au cris de « Allah est grand » L’Institut de Sécurité Globale alerte de la possibilité de dangers similaires avec de jeunes espagnols adeptes du salafisme.l salafismo.

Le djihadisme regarde Al-Andalus

Depuis Osama Bin Laden jusqu’au Calife  Abu Bakr al-Baghdadi, les idéologues du djihadisme ont signalé Al Andalus –l’Espagne- comme teritoire pour la reconquête avec une extraordinaire dimensión symbolique.

Les musulmans occupèrent l’Espagne durant 700 ans. Dans ce contexte le véritable danger va bien au- delà du retour des combattants mudjahidines de Syrie, par le simple fait que le Calife de l’Etat Islamique puisse décréter que le djihad se fera dorénavant en Espagne.

« C’est cela la véritable menace« , conclut José María Gil Garre.

Traduction par Alain de Catalogne, responsable Résistance républicaine Espagne

 109 total views,  1 views today

image_pdf

11 Commentaires

  1. C’est très inquiétant. Le cancer de l’islam se propage insidieusement en Europe.
    Après la France, pays le plus islamisé suivi de près par la Belgique, voici l’Espagne gangrené à son tour.
    On a du souci à se faire…

Les commentaires sont fermés.