Grain de sable…Et si on se rasait les poils pubiens pour sauver la planète ?

Le Journal des Femmes  nous a livré le 10 août une information capitale qui rend foi en l’Humanité.

[…]Et c’est particulièrement vrai sur certaines côtes méditerranéennes, où la fréquentation touristique a atteint des niveaux records ces dernières années ; mais rien en comparaison avec cette plage du bout du monde. Face à l’afflux de visiteurs, plusieurs destinations ont choisi de limiter l’impact humain en instaurant des mesures parfois inattendues : quotas, réservations obligatoires, restrictions ou encore sanctions financières. Si ces dispositions peuvent surprendre les voyageurs qui découvrent les lieux pour la première fois, elles répondent pourtant à un objectif simple, celui de protéger des espaces naturels particulièrement fragiles.

Parmi les exemples les plus emblématiques figure une plage située en Italie, régulièrement classée parmi les plus belles d’Europe. Nichée au nord-ouest de la Sardaigne (île choisie par les stars pour les vacances), elle séduit par son eau cristalline aux nuances de bleu et son sable d’une finesse exceptionnelle. Chaque saison estivale, des visiteurs venus du monde entier affluent pour profiter de ce décor presque tropical. Mais cette renommée a un prix !

La forte fréquentation a longtemps accéléré l’érosion du littoral et fragilisé un sable d’une grande délicatesse. Pour enrayer ce phénomène, les autorités ont progressivement renforcé les mesures de protection, allant jusqu’à instaurer un accès limité avec un nombre maximal de visiteurs par jour pendant la haute saison. Pour protéger ce site d’exception, les autorités ont instauré une nouvelle règle qui ne manque pas d’étonner les touristes. […]

 En effet, sur la plage de La Pelosa en Sardaigne, les autorités italiennes ont frappé fort pour sauver la planète.

Ne la sauver ni d’un cataclysme géologique ni d’une météorite mais du grain de sable emporté par la serviette du touriste.

Il est désormais interdit de poser sa serviette directement sur le sable : il faut glisser une natte en fibres végétales entre la plage et la serviette.

Faute de quoi le contrevenant s’expose à une amende de cent euros 1. À ceci s’ajoutent la réservation obligatoire, le QR code, le droit d’entrée de 3,50 € et le quota journalier de 1 500 âmes  2

 La plage a dorénavant son huissier, son octroi et son douanier.

 

Saluons d’abord le courage de cette mesure. En ces temps difficiles où la planète s’embrase, un peuple a eu le courage de se lever pour dire basta!

 C’est désormais bien fini : plus personne ne partira  d’ici avec du sable dans les ourlets. Le nom des édiles de Stintino restera gravé à jamais dans le marbre de l’Histoire.

 

L’étude d’impact est édifiante.

 

En effet, il est nécessaire de s’appuyer sur des chiffres incontestables pour quantifier les ravages des touristes inconscients.

Certes, chaque baigneur à l’heure du départ, secoue sa serviette. C’est un geste ancestral, quasiment liturgique : chacun évite de salir le coffre de sa Fiat familiale avec du sable.

Nonobstant la vigueur apportée à l’opération, il est inéluctable que quelques grains récalcitrants s’accrochent obstinément aux fibres du tissu.

 En étant très généreux, on peut estimer que cette quantité atteigne jusqu’à un gramme par serviette.

Un gramme maximum multiplié par 1 500 visiteurs et par 154 jours de saison réglementée, cela nous fait quand même 231 millions de milligrammes de sable par an. Ceci représente, avec une densité de 1 600 kg par m3, pas moins de 144 millions de millimètres cubes par an, soit une perte d’épaisseur de la plage atteignant 12 microns par an!

 

L’étude d’impact ne mentionne pas l’épaisseur de la plage, ce qui mériterait des investigations supplémentaires pour déterminer précisément le nombre de millions d’années qu’il faudra pour la faire disparaître et c’est bien dommage.

On peut cependant raisonnablement penser que d’ici là l’Union Européenne aura achevé sa réforme institutionnelle et que la France aura résorbé son déficit.

 

Les sempiternels détracteurs de l’écologie punitive pourraient arguer que personne n’a envisagé les courants marins qui redistribuent joyeusement des milliers de tonnes de sédiments le long du golfe de l’Asinara chaque hiver. Le tout en l’absence de tout QR code et sans le moindre tapis de protection.

Leur mauvaise foi pourra leur faire dire que le sirocco, à lui seul, doit déposer chaque année davantage de sable du Sahara que trois générations de touristes n’en enlèveraient.

Ces arguments de mauvaise foi seront évidemment brandis par les mêmes qui refusent de devenir végétariens, qui continuent obstinément à prendre l’avion, qui roulent encore en voiture thermique et qui changent de slip tous les jours. Bref, des gens n’ayant aucune conscience écologiste.

 

Laissons ces boomers inconscients des ravages infligés à notre planète à leur triste sort. Il est à craindre qu’ils soient au-delà de toute tentative de récupération.

 

En revanche, toute personne écoresponsable de bons sens (navré du pléonasme) ne peut conclure qu’à l’insuffisance des mesures des autorités italiennes. Elles n’ont pas osé aller jusqu’au bout de la logique.

 En effet, arrivé à ce constat, un législateur cohérent devrait aller jusqu’au bout de la démarche. Puisqu’un gramme de sable menace le patrimoine de l’humanité, il faut traquer tous les grammes, y compris ceux qui échappent à la serviette.

Car le législateur a écarté un peu trop vite les autres sources de l’hémorragie de sable, pourtant plus graves que celle provoquée par les serviettes.

 

Les amendements suivants semblent nécessaires:

 

Rasage intégral obligatoire à l’entrée de la plage.

 

Les poils du corps et notamment ceux du pubis constituent des pièges à grains autrement plus redoutables qu’une servietteéponge en microfibre.

La science est formelle : on peut calculer très précisément le poids de sable pileusement séquestré en s’appuyant sur des données incontestables. L’échelle de Tanner permet de calculer le nombre de poils au-delà du strict triangle pubien pour inclure également le scrotum, le périnée ainsi que les extensions abdominales et crurales.

Selon une étude, un poil moyen retient jusqu’à trois grains.

Le poids moyen de chaque grain de sable de de la plage la Pelosa est de 0,17 mg.

Un simple calcul permet de vérifier que par voie pubienne, près de six cents kilos de sable disparaissent annuellement en toute impunité. Soit près du triple du préjudice des serviettes.

Il suffirait d’un poste de tondeuse municipale en amont du guichet, et l’affaire serait réglée.

Ceci prouve en outre une fois de plus que la transition écologique peut créer des emplois, n’en déplaise à ses détracteurs.

 

Douche interne obligatoire.

Le sable s’introduit partout dans les narines, les oreilles, l’ombilic, et d’autres cavités que rigoureusement ma mère m’a défendu de nommer ici (comme disait Brassens) mais que la carabiniera se fera un devoir de contrôler.

À la sortie, un lavage sous une pression de 4 bars, avec récupération intégrale des eaux de ruissellement dans un décanteur permettrait de restituer à la plage jusqu’aux plus petits grains ayant migré.

 

Cet exemple montre bien qu‘en matière environnementale les autorités ne prennent toujours que des mesures trop frileuses, des initiatives trop timides. Pour obliger les citoyens à adopter un comportement vertueux, le chemin à parcourir est encore très long.

 

C’est très exactement le même raisonnement qu‘applique Jean-Marc Jancovici dans toute l’approche scientifique de son « Shift project » et que l’on devrait généraliser dans une approche systémique de la réflexion écologique.

 Raoul Girodet

 

 

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1 Commentaire

  1. En acceptant d’être grossier, voilà ce que ça m’inspire :

    Tu les verras plus
    Les poils de mon c. Etc.

    En plus on peut les revendre pour en faire des tapis de prière.