En quelques jours seulement :
- Emmanuel Macron est devenu le premier président occidental à se rendre à Damas depuis la chute de Bachar al-Assad.
- Donald Trump l’a rencontré à Ankara, en marge du sommet de l’OTAN.
- Les États-Unis ont engagé le processus visant à retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme.
- Les investisseurs occidentaux sont désormais invités à participer à la reconstruction du pays.
Si l’on se place du point de vue d’Ahmed al-Charaa, cette semaine est un triomphe. À première vue, certains y verront une victoire de la diplomatie occidentale. Je pense exactement l’inverse. C’est une capitulation. Le véritable vainqueur de cette séquence n’est ni Emmanuel Macron ni Donald Trump.
C’est Ahmad al-Charaa, ou, pour ceux qui n’ont pas la mémoire courte, Abou Mohammed al-Joulani ainsi que tous ceux qui travaillent depuis longtemps à son recyclage.
Le véritable message n’était pas politique
Quelques heures après avoir reçu Emmanuel Macron, Ahmed al-Charaa adressait déjà son véritable message.
Il ne parlait ni de démocratie, ni de pluralisme, ni de réconciliation nationale. Il parlait… d’ investissements : « les premiers qui investiront seront les gagnants ».
Cette phrase résume probablement mieux que tous les discours la stratégie du nouveau pouvoir syrien et de ses sponsors.
Les Damascènes sont réputés depuis des siècles pour être d’excellents commerçants. Ahmed al-Charaa a parfaitement compris ce que l’Occident voulait entendre.
Il ne vend plus une révolution islamiste, c’est trop visible. Il vend la stabilité. Il vend la reconstruction. Il vend des contrats. Il vend un marché. Et beaucoup semblent prêts à acheter ce produit avant d’en avoir soigneusement vérifié le contenu.
Une stratégie parfaitement exécutée
Qui avait le plus besoin de cette séquence ?
La France ?
Les États-Unis ?
Ou Ahmad al-Charaa, qui cherchait avant tout une reconnaissance internationale ?
Les images resteront. Il dira à tous les Syriens : “Regardez, même Trump et Macron me reconnaissent, sans élections, ils se précipitent à mes pieds. Donc à quoi bon vouloir me contester. Vous devez être fier de ce que je fais, entrer la nouvelle Syrie dans le consort des nations”.
Les images qui restent seront celles d’un ancien chef issu d’Al-Qaïda recevant un président français à Damas. Celles d’une rencontre avec le président américain, égal à égal. Celles d’un dirigeant syrien redevenu fréquentable aux yeux d’une partie de l’Occident.
Le triomphe de l’islamisme reconditionné
Lorsque j’ai écrit L’Islamisme reconditionné, j’essayais d’alerter sur un phénomène que beaucoup refusaient de voir. Le problème n’est pas seulement l’islamisme. Le véritable danger réside dans sa capacité à changer de visage. Changer de nom. Changer de costume. Changer de vocabulaire. Abandonner les références au djihad pour parler de stabilité, tout en laissant les djihadistes massacrer les minorités. Remplacer les slogans idéologiques par les investissements. Transformer un ancien chef djihadiste en partenaire économique fréquentable. Autrement dit, conserver l’essentiel tout en modifiant l’emballage. C’est précisément ce que j’appelle l’islamisme reconditionné. Le djihadisme recyclé et accepté par un Occident naïf et déconnecté.
La question essentielle n’est donc pas de savoir si Ahmad al-Charaa parle aujourd’hui différemment. La vraie question est beaucoup plus simple :
Son projet politique a-t-il réellement changé… ou seulement son image ?
Une reconnaissance avant les preuves ?
La normalisation diplomatique devrait être l’aboutissement de transformations vérifiables, non leur point de départ.
Or, que constate-t-on aujourd’hui ?
Les images de la reconnaissance internationale se multiplient. Les annonces économiques se succèdent. Les sanctions disparaissent progressivement. Mais les interrogations demeurent entières sur la nature du nouveau pouvoir, la protection des minorités, le pluralisme politique, les libertés publiques et la place réelle de l’idéologie islamiste.
La prudence n’est pas du cynisme. Elle est une exigence. En oubliant cette exigence, la France et l’Occident bradent leur valeurs devant leurs véritables ennemis.
La véritable victoire
Cette semaine restera peut-être comme celle de la renaissance diplomatique de la Syrie. Je souhaite sincèrement que ce soit aussi celle de sa renaissance politique. Mais il serait trop naïf, comme l’affirment Macron et Trump, de l’affirmer.
En revanche, une chose est déjà certaine. Ahmed al-Charaa a remporté une victoire majeure. Il a obtenu ce qu’il recherchait depuis des années : la reconnaissance internationale, la promesse d’investissements et des images qui feront le tour du monde. L’Histoire dira si cette reconnaissance aura récompensé une véritable transformation politique… …ou si elle aura consacré le recyclage international d’Abou Mohammed al-Joulani.
C’est précisément la question que j’ai voulu poser dans mon livre L’Islamisme reconditionné.

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j appelle ca un T R A I T R E ! il devra etre traité comme tel!
la honte ce charlot !!
C’est le recyclage d’un bourreau ayant personnellement massacré et martyrisé des milliers d’innocents au nom de l’islamisme. Il ne peut pas y avoir de pardon. Aurait-on pardonné à « monsieur » Hitler Adolf ? Macron devient un complice de cses crimes !
Qui se ressemble s’assemble.
Bonjour,Macron comme Trump vendraient leurs enfants à des pédophiles pour un juteux contrat, ces vautours de la finance n’ont aucun état d’âme et aucune dignité, ce ne sont que des rapaces qui font la révérence à des hyènes. Pour reprendre le thème de la tétralogie, c’est Alberic et Fafner réunis, et je doute fort qu’une Brunehilde vienne changer la chose. Bonne journée.
Non le Chti je ne peux pas te laisser dire cela de Trump rien à voir avec le pourri Macro
Bien sur,on pourrait se dire que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis,on pourrait meme parler de rédemption,mais personnellement,je n’y croit pas,on ne peux pas faire confiance,ces gens la ont fait de la fausseté,un mode de vie.Nos gouvernants ne sont pas naif,il sont complices quelques part,et ça,ça change tout.
Les Syriens je m’en méfierais. Qui va payer le Qatar?????