Elon Musk président des Martiens ?

Musk, né sud-africain, ne peut concourir pour la Maison Blanche. Mais aucune loi ne l’empêche de briguer la présidence de Mars. À condition de réussir son formidable pari jugé impossible par les « experts » qui se trompent toujours. S’il peut finaliser les propulseurs ioniques 25 fois plus rapides que les moteurs à ergols et développer les technologies pour l’installation d’une colonie durable sur la planète rouge.

L’argent est le nerf de l’espace. Le défi est tellement énorme que l’homme le plus riche du monde doit faire appel à l’épargne de ses contemporains.

SpaceX devrait publier avant fin mai son dossier d’introduction en Bourse auprès de la SEC  (securities and exchange commission), le régulateur américain des marchés. La société aérospatiale avait déjà déposé de façon discrète un avant-projet début avril. Une étape classique dans le processus qui mène à la cotation à Wall Street. La seconde mouture devrait révéler au grand public une partie des comptes de l’entreprise et des éléments pertinents sur sa rentabilité.

Fondée en 2002 par Musk, celui-ci détient 47 % du capital et 78 % des droits de vote. Un déséquilibre qu’il lui faudra compenser par des dividendes hors normes si Space X veut attirer des capitaux boursiers dans des conditions similaires. Dans un pays où les lobbys des petits et moyens porteurs sont très actifs c’est jouable car tout repose sur l’équation personnelle de Musk, qui a fait ses preuves en matière de multiplication des profits.

Mars n’est ni une utopie ni une rêverie de science-fiction. Qu’on y débarque ou pas au cours de ce siècle, la quatrième planète assure une publicité de prestige au camion spatial de l’entreprise. Un des prestataires privés avec qui la NASA a signé un contrat de transport de fret vers la station spatiale internationale (ISS) dans le cadre du programme COTS (commercial orbital transportation services). L’entreprise de Musk développe par ailleurs le programme Starlink d’accès à haut débit à Internet par satellites sur toute la planète Terre.

En 2025, SpaceX, dont le siège est installé au Delaware, l’État le moins gourmand des USA question fiscalité, se classait au 40e rang mondial pour la production d’armement, 30 % de son chiffre d’affaires provenant directement du département de la Défense. En outre, la société a reçu dans les trois milliards de dollars de ses contrats avec la NASA.
Selon une enquête du New York Times d’août 2025, SpaceX bénéficie d’une optimisation fiscale lui permettant d’échapper en toute légalité au paiement de l’impôt fédéral. Ses pertes comptables initiales combinées à des dispositions fiscales pour stimuler l’investissement privé dans des entreprises innovantes à fort potentiel lui ont permis un report de pertes et d’importantes déductions fiscales.

Il n’y a que des minus de gauche pour confondre le retour sur investissement avec la fraude fiscale. Si on ne peut amortir ses apports, on ne s’engage plus. L’innovation s’enraye, l’économie dépérit. Les pays communistes comme la France sont exsangues. Aujourd’hui SpaceX est valorisé à 350 milliards de dollars. C’est bien mais Musk doit mieux faire avant d’envisager sérieusement une humanité multiplanétaire.

Les visionnaires ont toujours été vilipendés par les médiocres
Jusqu’en 1903, des « scientifiques » se gargarisaient à démontrer l’impossibilité du vol contrôlé de plus lourd que l’air. Jusqu’à ce que les frères Wright, deux réparateurs de bicyclettes, inventent le principe des trois axes toujours en vigueur dans l’aviation de loisirs jusqu’aux navettes spatiales de retour sur Terre, en passant par le transport aérien. Leur architecture « canard » prétendue obsolète a été redécouverte par Burt Rutan et ses plans transposés sur des chasseurs bombardiers.
Le principe 3X demeure, coordonnant les gouvernes de direction et de profondeur avec la poussée ou la traction et la portance, même si les ailerons ont remplacé le gauchissement des bords de fuite des ailes, et si des circuits hydrauliques se sont substitués aux poulies, câbles et tringles. Mais jusqu’en 1905, le temps que leurs brevets soient dûment enregistrés, le doute était de mise chez les « beaux esprits » de l’époque. Et jusqu’en 1908, on traitait de voleurs les frangins volants lorsqu’ils proposaient des contrats aux futurs actionnaires et commerciaux.

Il ne faut donc pas s’étonner si 120 ans après, les petits, les minables, les complexés et les losers prédisent la banqueroute à Space X qui vise une entrée au NASDAQ en juin 2026, avec une valorisation immédiate de l’ordre de 1750 milliards de dollars, et ambitionne de lever jusqu’à 80 milliards indexés sur les bénéfices dans les années suivantes.

Musk est la locomotive de son entreprise et Mars ou pas, il garde les pieds sur terre. Des actionnaires s’attendent à ce que cette entrée en Bourse pulvérise le record établi sur le marché américain en 2014 par le holding chinois Alibaba, qui avait récolté 21,7 milliards de dollars. Au niveau mondial, il devrait prendre la médaille d’or au groupe pétrolier Saudi Aramco qui avait placé 25,6 milliards de dollars en 2019 à la Bourse de Jeddah en Arabie saoudite.

Les Saoudiens, réalistes lorsqu’ils sortent le nez et la barbe de leur religion et écoutent les astrophysiciens plutôt que les muftis, envisagent un investissement massif chez Space X. Sans craindre de déranger Allah, ses djenoun et ses houris qui planent dans le ciel sur leurs tapis volants. Leur roi et ses lettrés semblent avoir compris que le progrès repousse leurs coraneries dans des galaxies inaccessibles jusqu’en l’an 3000. Au moins.
Après on verra si le warp drive d’Alcubierre peut plier et déplier le cosmos avec de nouveaux matériaux et des sources d’énergie auxquelles on ne pense même pas aujourd’hui. Après tout, la plupart des calculs de Léonard de Vinci n’étaient pas faux, mais ses avions en bois avec des rames ou des machines à vapeur n’avaient aucune chance de fonctionner.

Elon Musk déjà multimilliardaire pourrait devenir plus riche qu’une centaine d’États à la ramasse et pas seulement parmi ceux du tiers et du quart-monde.
Selon le Financial Times, Musk devrait bénéficier chez SpaceX d’un revenu personnel de l’ordre de 1000 milliards de dollars, prestations et dividendes inclus, ce qui constituerait le package de rémunération le plus important jamais atteint dans l’histoire du capitalisme américain.
Ce dispositif s’articulerait sur l’attribution de 200 millions d’actions de classe B, dotées de droits de vote renforcés, au fur et à mesure que la valorisation boursière de SpaceX franchirait des paliers progressifs de 500 milliards de dollars, jusqu’à un objectif théorique de 7 500 milliards de dollars. Ces actions de classe B donneraient à Elon Musk dix fois plus de droits de vote par action que les actions ordinaires, lui permettant de continuer à contrôler 80 % des votes sans détenir la majorité du capital.

Le Financial Times précise que cette rémunération hors normes serait liée aux objectifs extrêmement ambitieux de Musk, connus depuis plusieurs années. Pour débloquer l’intégralité du capital, SpaceX devrait non seulement atteindre cette valorisation colossale, mais aussi réussir à établir une colonie humaine d’un million de personnes sur Mars.
C’est un banco digne de la philosophie originelle du capitalisme. Où il ne faut pas hésiter à prendre des risques, parce que les profits sont toujours proportionnels aux risques. Tout en se réservant un plan B en cas d’insuccès. En l’occurrence la NASA, l’IA et surtout Starlink, source de revenus constants grâce à la vente des services de connexion au web.

Un second volet envisage de lancer sur le marché 60 millions d’actions supplémentaires si l’entreprise parvient à construire un réseau de centres de données spatiaux sur une constellation de satellites en orbite basse, capables de fournir 100 térawatts de puissance informatique. Quand les plus grands centres de data actuels ont une puissance de calcul de un à deux gigawatts, soit 50 000 à 100 000 fois moins. Mais dans l’espace, il n’y a pas de limites aux volumes disponibles ni de problèmes de refroidissement des machines. Et on n’est pas emmerdé par les écolos.
Ce projet spatial serait soutenu par des modèles avancés d’intelligence artificielle, et concrètement par Terafab une usine géante de puces électroniques en projet. Musk a d’immenses ambitions et des besoins d’argent frais en proportion. Des analystes frileux critiquent l’hétérogénéité de son empire qui regroupe des activités aérospatiales, satellites et vols habités, les usines de véhicules Tesla, la start-up d’intelligence artificielle xAI, le réseau social X ex-Twitter, et maintenant travaille au développement de centres de données dans l’espace. Avant d’aller peut-être faire un tour sur Mars… Mais sans des gens comme lui, on sautillerait toujours dans les arbres.
Christian Navis[

https://climatorealist.blogspot.com/

Ripostelaique.com

 1 total views,  1 views today

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Soyez le premier à commenter