Comprenne qui pourra la logique Tanguy. Un pur joyau de la pensée politique moderne. Sur TV Libertés, le député RN de la Somme assène, avec le sérieux d’un moine bénédictin, ce qui restera probablement comme le coup de grâce du Frexit : « L’UE nous a ruinés ? Parfait, on y reste ! »
À la question « est-ce qu’on doit comprendre que c’est un préalable et qu’il faut sortir de l’Union européenne et ensuite mener une politique souveraine en France ? », le médiatique député répond sans ambages : « Non, je pense qu’il faut rester au sein de l’Union européenne et faire prévaloir nos intérêts en son sein ». Comparant les traités à un « clou (…) planté dans la main de la France », il a ensuite considéré qu’il est pratiquement impossible de s’en défaire. En tout cas « quand on a des déficits comme nous avons, une dépendance financière, une industrie, une agriculture qui est au fond du trou. » Source Front Populaire
On croit rêver. Après des décennies de déficit commercial abyssal, de désindustrialisation massive, d’agriculture étranglée par les normes bruxelloises, d’énergie sacrifiée sur l’autel du marché unique et d’une dette qui explose sous les contraintes européennes, le diagnostic est limpide… Sa conclusion ? Continuons la thérapie qui nous tue.
France-UE ou le mariage toxique que Tanguy refuse de quitter
Imaginez un couple où Madame a passé trente ans à vider les comptes en banque, à interdire à Monsieur de travailler dans son propre atelier, à lui imposer des normes absurdes sur la façon de cultiver son jardin et à le forcer à acheter l’électricité du voisin à prix d’or. Un jour, Monsieur, exsangue, ose murmurer : Peut-être qu’on devrait divorcer… Et là, Tanguy surgit dans le salon : Mais non ! Regarde, elle t’a tout pris, tu es ruiné, sans outil, sans récolte et sans un rond. C’est précisément pour ça qu’il faut rester marié. Divorcer maintenant ? Ce serait trop bête !
C’est exactement le raisonnement du député. La France est devenue pauvre, sans industrie compétitive, sans souveraineté énergétique et avec une agriculture en voie de disparition ? Parfait. Restons dans le carcan qui nous a mis dans cet état. Parce que, bien sûr, une nation exsangue est bien plus forte pour négocier…
Le RN, ce parti qui se présentait encore il n’y a pas si longtemps comme le fer de lance de la souveraineté nationale, officialise ici sa mutation trahison. On est passés du Frexit maintenant au Frexit quand on sera redevenus la première puissance mondiale grâce à l’UE … Autant dire : jamais. Dans dix ans, on nous expliquera probablement qu’il faut rester parce qu’on est encore plus ruinés qu’aujourd’hui. La stratégie du trou : plus on s’enfonce, plus on creuse. Brillant.
L’autruche patriote
Ce qui est fascinant chez Tanguy et une partie du RN actuel, c’est cette capacité à diagnostiquer le mal avec une certaine lucidité… pour mieux refuser le remède. Oui, l’UE nous étrangle. Oui, les traités sont des camisoles de force. Oui, la concurrence libre et non faussée a surtout faussé notre économie au profit des autres. Et la solution serait… d’accepter l’étranglement jusqu’à l’asphyxie complète ?
C’est la nouvelle posture du réalisme, autre nom du souverainisme de salon. On râle contre Bruxelles en meeting, on tape du poing sur la table pour la galerie, mais quand il s’agit de passer à l’acte – reprendre le contrôle de nos frontières, de l’immigration, de notre monnaie, de notre législation, de notre agriculture… on recule en expliquant doctement que ce n’est plus possible parce que… justement, on aurait trop cédé !
Pendant ce temps, la Hongrie d’Orban, la Slovaquie, et même d’autres nations bien plus petites que nous, montrent qu’on peut dire non, négocier dur, défendre son intérêt national sans trembler. Mais en France, chez certains prétendus patriotes, on préfère l’autoflagellation collective : Nous sommes trop faibles pour être souverains. Donc restons esclaves.
Le Frexit, pour Tanguy et donc pour Marine et Bardella, forcément, serait un rêve de doux rêveurs.
Selon la nouvelle doxa Tanguy-RN, vouloir sortir de l’UE quand on est affaibli serait donc irresponsable. Pourtant, l’histoire regorge de nations qui se sont redressées précisément en reprenant leur souveraineté. Le Royaume-Uni post-Brexit (malgré les hurlements des bien-pensants), ou même la France des Trente Glorieuses, quand elle n’était pas encore entravée par Maastricht.
Rester dans l’UE parce qu’on est ruinés, ce serait comme refuser de soigner le malade en prétendant que le poison est désormais vital. C’est de la soumission déguisée en pragmatisme.
Jean-Philippe Tanguy a peut-être tué le Frexit au sein du RN. Mais il n’a pas tué l’idée qu’une grande nation comme la France puisse, et doive, reprendre son destin en main. Les peuples qui acceptent de mourir à petit feu par peur du grand saut ne méritent plus le nom de nations. Ils méritent le déclin qu’ils ont choisi.
Et si un jour la France se réveille vraiment, ce ne sera pas grâce à ceux qui lui chantent une berceuse européenne pendant qu’elle se vide de son sang. Ce sera grâce à ceux qui oseront dire : assez ! On sort. On reprend. On reconstruit.
Le reste n’est que capitulation en costume-cravate.
Bravo Tanguy, le raisonnement est magistral ! Mieux vaut crever en couple que guérir seul…
Christine Tasin
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Tiens !? Tanguy fait du Knafo ???