Je reprends le titre d’un article du journal de gauche Le Figaro : « Affichant sa force, Xi tient en respect l’Amérique de Trump et promeut la stabilité ». Tout est faux dans ce titre et dans l’article qui le suit, mais tout ce qui se dit en France sur le voyage de Donald Trump en Chine est faux, donc, ce n’est pas étonnant.
Xi Jinping est arrogant et insultant, mais il n’est pas en position de force, car la Chine n’est pas en position de force. Elle a, je l’ai écrit récemment, perdu le contrôle du pétrole vénézuélien et, presque complètement, le contrôle du pétrole iranien. Le blocus du détroit d’Ormuz la pénalise. La reprise de contrôle du canal de Panama par les Etats-Unis la pénalise aussi, et la prise de contrôle du détroit de Malacca par les Etats-Unis la pénalise davantage encore. Plusieurs pays d’Amérique latine sont en train de rompre les accords qu’ils avaient avec elle.
La Chine communiste doit payer son pétrole au prix du marché mondial. Ce prix est pour l’heure élevé. Cela crée des problèmes en Europe et aux Américains, mais cela crée de très gros problèmes pour la Chine.
Xi ne tient aucunement Trump « en respect ». C’est Trump qui a les cartes en main au Venezuela, en Iran, au canal de Panama, dans le détroit de Malacca, par lequel passe une part très importante de l’import-export de la Chine communiste.
Xi ne promeut aucune « stabilité », bien au contraire : s’il n’avait pas contribué à armer le régime iranien et à lui avoir permis de se nucléariser, en partenariat avec la Russie, Israël et les Etats-Unis n’auraient pas eu à arrêter le régime iranien avant qu’il soit trop tard.
Si Xi n’avait pas appuyé la Russie, il n’y aurait pas la guerre en Ukraine et sans la Chine communiste, la Corée du Nord n’aurait pas pu devenir une puissance nucléaire.
La Chine est la principale puissance de déstabilisation du monde aujourd’hui et le principal ennemi du monde occidental. Parler de Xi comme d’un vecteur de « stabilité » relève du crétinisme ou d’une volonté de faire de la propagande au service d’un régime infect.
La Chine rêve de devenir la première puissance du monde, et ses armes et sa montée en puissance laissent la très grande majorité des commentateurs français béats d’admiration. Ils en deviennent grotesques. La gauche américaine partage cette admiration.
Ce n’est pas du tout le cas de Trump, de son administration et des Républicains américains qui ont décidé d’endiguer la Chine, et qui le font.
La Chine est très loin de pouvoir devenir la première puissance du monde. Elle s’arme, mais le budget militaire de la Chine représente le tiers du budget militaire américain : pas même la moitié, non, le tiers. Et les armes chinoises ne sont pas au niveau technologique des armes américaines et israéliennes : la Chine avait donné à l’Iran les meilleurs moyens de défense anti-aérienne dont elle disposait. Il n’a pas fallu davantage que quelques heures à Israël et aux Etats-Unis pour les mettre hors d’usage, la Chine en a sans doute tiré ses propres conclusions.
Le PIB de la Chine équivaut aux deux tiers du PIB des Etats-Unis, pas 70 ou 80 pour cent, non, les deux tiers seulement, et même un peu moins (64 % exactement), et c’est un pays quatre fois plus peuplé que les Etats-Unis ce qui fait que son PIB par habitant est très inférieur à celui des Etats-Unis.
La Chine importe 65 % du pétrole qu’elle consomme et 30 % de sa nourriture, ce qui la rend vulnérable.
Sur les 15 universités du monde où se mènent les recherches scientifiques et technologiques les plus importantes pour le futur du monde, 12 sont américaines, 3 sont chinoises, et la Chine continue à voler la propriété intellectuelle américaine et continue à utiliser pour cela les nombreux étudiants qu’elle envoie aux Etats-Unis (300.000 par an) : Trump entend diminuer le nombre de ces étudiants dans le cadre de sa lutte contre le vol de propriété intellectuelle. Parce que le vol de propriété intellectuelle joue un rôle essentiel dans le développement technologique en Chine, la Chine a toujours une à deux années de retard sur les Etats-Unis et à l’époque présente, c’est un gros retard.
Trump est arrivé en Chine avec les principaux entrepreneurs américains, qui sont aussi les principaux entrepreneurs du monde. Sur les 10 plus importantes entreprises mondiales, 9 sont américaines, la dixième est saoudienne (Aramco). Les cinq premières entreprises sont américaines et ne sont pas Aramco : elles sont Nvidia, Alphabet, Apple, Microsoft, Amazon. Les entreprises d’Elon Musk (SpaceX, Tesla, X, XAI, Neuralink, The Boring Company) ne sont pas loin derrière les dix premières et Elon Musk envoie dans l’espace entre 200 et 250 satellites par mois. La Chine en envoie une trentaine par mois. La vraie démonstration de force à Pékin a été l’arrivée de Trump en compagnie des principaux entrepreneurs du monde. La Chine a passé plusieurs commandes, dont 200 avions Boeing. Elle voudrait les puces les plus performantes fabriquées par Nvidia, l’administration Trump refuse.
La natalité chinoise est très basse et ne s’est pas relevée depuis les années où était menée la politique « un enfant par femme » (enclenchée en 1979). Elle se maintient à un enfant par femme, ce qui est le cas depuis plus de quatre décennies, et signifie que dix Chinois qui meurent de vieillesse sont remplacés par cinq Chinois, d’où une baisse de la population et un vieillissement accéléré. Le fan club de la Chine me répondra que la Chine va tout automatiser pour compenser le manque de main-d’œuvre. Il n’empêche : la pyramide des âges chinoise va être grosse dans ses strates supérieures et bien plus mince dans ses strates inférieures, et avoir beaucoup de vieillards et moins d’adultes et moins d’enfants coûte très cher à un pays. D’ici 2049, l’année du centenaire de la tragique prise de pouvoir par le parti communiste en Chine, la Chine comptera 200 à 250 millions d’habitants de moins qu’aujourd’hui, ce qui constituera une situation très délétère, et si j’ajoute que les effets de la politique du un enfant par femme a conduit à l’assassinat de millions de bébés filles, cela signifie qu’il y a plusieurs dizaines de millions d’hommes chinois qui n’auront pas d’épouse et pas d’enfants.
En recevant Trump, je l’ai dit plus haut, Xi a été arrogant et insultant. Il a dit que si un différend existait entre les Etats-Unis et la Chine concernant Taïwan, il y aurait une situation conflictuelle entre la Chine et les Etats-Unis, et Xi a semblé menaçant. Il peut être menaçant, cela ne changera strictement rien à la position de Trump, et sauf s’il est idiot, Xi le sait. Il a pris la pose du matamore.
Il a parlé du « piège de Thucydide », expression venant du livre du politologue démocrate américain Graham Allison. Il n’est pas étonnant qu’il cite un politologue démocrate. Il n’est pas étonnant non plus que les gens de gauche partout en Europe citent aux aussi Graham Allison. Le fait que des gens qui ne sont pas de gauche le citent aussi montre que l’emprise des idées de gauche sur les esprits est contagieux. Allison dit que lorsqu’une puissance ascendante se trouve confrontée à une puissance dominante qui risque de perdre son statut et qui décline, un risque de conflit majeur existe. Les Etats-Unis sont une puissance dominante, la première puissance du monde. Les Démocrates, dont Graham Allison fait partie considèrent que les Etats-Unis vont décliner, et l’extrême gauche qui tient maintenant le Parti Démocrate entend saborder les Etats-Unis pour accélérer le processus.
Trump et les Républicains entendent maintenir les Etats-Unis en position de première puissance du monde, et ils endiguent la Chine. Un discours qui était d’actualité sous Biden n’est plus du tout d’actualité aujourd’hui. Et même si les dirigeants européens en rêvent, je n’imagine pas un Démocrate être élu président des Etats-Unis en 2028. Les Démocrates peuvent gagner les midterms, mais ce n’est même pas certain, et, au vu de leurs projets s’ils gagnent, ils vont tout juste montrer à quel point ils sont nuisibles, ce qui devait contribuer davantage encore à les éliminer pour 2028. Qui auraient-ils pour candidats ? Gavin Newsom ? Kamala Harris ? Pete Buttigieg ? Pour l’heure, Alexandria Ocasio-Cortez, ancienne serveuse de bar, gauchiste, admiratrice du castrisme cubain, est en tête des sondages du côté démocrate, je ne plaisante pas.
Xi est arrogant et oui, il est insultant : avoir parlé comme il l’a fait devant Donald Trump était insultant. Donald Trump, comme toujours, a été poli et respectueux de façon à mettre le personnage arrogant et insultant dans son tort. Trump n’en pense pas moins, et va continuer son action. Le chien chinois aboie, les Etats-Unis passent et poursuivent leur route.
Xi, en parallèle à ses autres propos, a proposé son aide aux Etats-Unis concernant l’Iran. Les Etats-Unis n’ont pas besoin d’aide. Au moment où j’écris, Trump reste dans la stratégie d’asphyxie du régime iranien et envisage de frapper. La décision lui appartient. L’intérêt de Xi serait que l’Iran continue à lui fournir du pétrole. Ce n’est pour l’heure plus le cas, et la Chine va acheter du pétrole aux Etats-Unis, au prix actuel du marché.
Un vieux proverbe chinois d’avant le communisme dit que lorsqu’on lui montre la lune, l’imbécile regarde le doigt, sans rien comprendre. Les commentateurs français regardent le doigt de Xi, et celui-ci ne montre pas même la lune, mais sa propre vanité. Sont-ils des imbéciles ? Il est aisé de deviner la réponse.
© Guy Millière pour Dreuz.com. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.
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« Trump poursuit sa route… »
Il lui manque tout de même une boussole.
je crois qu’il est celui des dirigeants de la planète qui a la meilleure boussole, ex aequo avec Poutine