Pourquoi les capacités intellectuelles de nos jeunes régressent-elles ?

Un article d’Atlantico m’a interpellée… que dis-je, secouée ! « Déclin historique des capacités cognitives. Pour la première fois une génération obtient un score inférieur aux précédentes. »… 

Que dire ? Se récrier, nier, crier au complot, aux vieux cons ? Bien sûr c’est vieux comme le monde, la tentation, du « c’était mieux avant »… parce que l’absence de changement est rassurante. Je n’ai jamais fait partie de ceux qui disent « c’était mieux avant » parce que le « Avant » avec l’absence d’eau courante, le linge lavé au lavoir, l’eau à aller chercher à la fontaine publiqu…  Nombre d’instits qui tenaient des classes de 50 à coups de règles en fer sur les doigts, de journées passées à genoux avec des piles de livres sur les mains… merci bien j’ai connu. Jamais je ne dirai ni ne laisserai dire que c’était mieux avant. C’est un mensonge éhonté.

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Néanmoins on a le droit et même le devoir de dénoncer les éventuelles dérives qui peuvent mettre à mal nos enfants, notre génération, notre monde, notre civilisation.

Il faut avoir à l’esprit que nous subissons la double peine. Une société qui va vite, très vite, trop vite (pas pour un Musk mais tout le monde n’est pas Musk) et qui, de ce fait, fait disparaître les étapes de la vie, de la croissance, de la connaissance… Je ne vais pas parler de ce que je considère comme un viol de l’enfance, la disparition de la question existentielle des jeunes enfants, « comment on fait les bébés ? « , « Marina est née dans une rose ?« … Ah ! le charme des questions, des interpellations, du rêve… qui aide à grandir comme les contes de fée qui, pourtant nous donnent inconsciemment les réponses que les adultes ne veulent/peuvent pas dire. Lire et relire Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées.

Or, de mystère il n’est plus question, on ne nous a pas demandé notre avis. Je trouve quant à moi qui ne suis pas prude que faire de l’Education sexuelle en maternelle c’est scandaleux, c’est faire grandir nos enfants trop vite. Oui, il n’y a plus d’enfants… et c’est une grave responsabilité et des politiques et des parents qui tuent le rêve, le besoin de chercher.. Et je ne parlerai pas de gamins qui, à 7 ans, interrogent Chat Gpt sur tout et sur rien… Adieu les tâtonnements, adieu les erreurs, adieu les recherches au long cours.. Mais Chat GPT et les IA ont leur utilité, ils existent il faudrait juste que les parents enseignent à leurs enfants une utilisation positive.. Mais c’est une autre sujet. Je cause, je cause et finalement je ne parle pas de mon sujet du jour, pourtant important  :

 Le déclin des capacités cognitives des jeunes générations : un phénomène historique,  quels enjeux ? 

Pour la première fois depuis plus d’un siècle, une génération obtient des scores inférieurs à la précédente sur de nombreux indicateurs cognitifs. Le célèbre « effet Flynn » (hausse des QI d’environ 3 points par décennie au XXe siècle, meilleure nutrition, santé, scolarisation…) s’est inversé dans plusieurs pays développés depuis les années 1990-2000. Des études en Norvège, aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Danemark ou en Finlande montrent un déclin, particulièrement marqué chez les jeunes.
Cet effet Flynn  touche le raisonnement abstrait, la résolution de problèmes, la mémoire, l’attention, les compétences verbales et mathématiques, tandis que certaines capacités spatiales peuvent progresser. Des marqueurs physiologiques (temps de réaction, acuité visuelle) confirment souvent ce tableau.
Causes principales
Les facteurs sont majoritairement environnementaux (confirmé par des études intra-familiales : les cadets obtiennent souvent des scores inférieurs aux aînés).
– Écrans et numérique : usage intensif des smartphones (surtout depuis 2010), réseaux sociaux et contenus courts fragmentent l’attention, réduisent la lecture profonde et la mémoire de travail. Les jeunes sont les plus exposés.
Changements éducatifs (nos descendants ne diront pas merci à la génération au pouvoir entre 1970 -Eurabia- et 2030 ; merci Jospin et ses successeurs qui ont mis les syndicats enseignants dans les commissions des programmes ) : réformes scolaires, baisse de l’exigence sur les fondamentaux (lecture, écriture, calcul), réécriture de l’histoire qui fait de nos héros des salauds, faisant disparaître l’envie, justement d’être un héros  ;numérisation excessive qui remplace parfois l’effort cognitif par des outils. Moins de lecture, plus de consommation passive…
– Autres facteurs : Moins d’activité physique, sommeil perturbé ( les heures passées devant les écrans faut bien les prendre ailleurs), nutrition, exposition aux médias, déclin des interactions sociales,   baisse de la stimulation cognitive profonde (faut pas traumatiser Charles). La pandémie Covid a aggravé le phénomène, mais les signes existaient avant 2020. 
Quid de l’impact des écrans sur le sommeil ?
L’exposition aux écrans, surtout le soir, aggrave fortement le déclin cognitif via le sommeil. La lumière bleue émise par les smartphones, tablettes et ordinateurs supprime la production de mélatonine, l’hormone du sommeil. Chez les adolescents, dont l’horloge biologique est déjà décalée, cet effet est particulièrement marqué : retard d’endormissement (souvent 1 à 2 heures), sommeil plus court et de moins bonne qualité (moins de phases profondes et REM). Le sommeil paradoxal, aussi connu sous le nom de Rapid Eye Movement (REM) est la dernière phase du cycle du sommeil. C’est à ce stade que nous rêvons le plus. C’est aussi le moment où nous nous rappelons le plus les rêves que nous faisons.
L’excitation liée aux notifications, réseaux sociaux et jeux renforce encore ce cercle vicieux. Résultat : fatigue chronique, baisse d’attention, de mémoire de travail et de capacités de raisonnement.  
Y a-t-il une ou des solutions ?Couper brutalement les écrans à vos ados équivaudrait à une déclaration de guerre… Petite idée d’astuce simple qui fera hurler mais peut peu à peu être acceptée  : couper les écrans au moins 1 à 2 heures avant le coucher (on peut aussi utiliser des filtres lumière bleue + mode nuit, il paraît que ça fait une vraie différence. J’ai vu ceci sur Amazon mais je n’ai pas testé)
L’immigration ou la génétique  joueraient un rôle mineur ou nul selon les études que j’ai lues sur le sujet. (je mets au conditionnel, la chasse au racisme supposé étant partout je ne suis pas sûre que même des statistiques évoquant cette possibilité soient possibles).
Rôle des programmes scolaires
Les systèmes éducatifs sont souvent pointés du doigt. La massification et les réformes ont apporté des gains au XXe siècle, mais les approches récentes (moins de rigueur, plus de compétences « transversales », écrans précoces…) semblent moins efficaces pour construire les bases cognitives. Des pays  ou des filières maintenant un haut niveau d’exigence préservent mieux les performances. La scolarité longue protège la cognition sur le long terme, mais la qualité et le contenu importent plus que la durée.
 Conséquences
Un déclin cognitif de la population, même modéré (0,2 point de QI par an dans certaines études), peut avoir des effets cumulatifs importants :
– Innovation, productivité et adaptabilité économique réduites.
– Difficultés accrues en formation professionnelle et résolution de problèmes complexes.
– Pression supplémentaire sur les systèmes de santé et d’éducation.
– Risques sociétaux : moindre cohésion, vulnérabilité aux manipulations ou aux défis globaux.
 Solutions possibles
Le phénomène est réversible car environnemental :
Éducation : Recentrer sur les fondamentaux (lecture approfondie, écriture, maths, raisonnement logique), limiter les écrans en classe, promouvoir l’effort et la concentration. Encore faut-il avoir un gouvernement et un ministre de l’Education nationale digne de ce nom, pas payés pour nous détruire !
Habitudes individuelles : Activité physique régulière, sommeil de qualité, lecture, jeux cognitifs, interactions sociales riches, réduction des usages passifs numériques.
Politiques: Campagnes de sensibilisation parentale, régulation des écrans pour les enfants, évaluation rigoureuse des réformes scolaires, promotion d’une culture de l’effort mental. Quand ils veulent ils peuvent, prendre les exemples Covid, vaxxination contre la grippe à laquelle ils ont réussi à ajouter des vaccins anti Covid malgré tout ce que l’on sait sur leurs impostures…
– Recherche et suivi : Continuer les études longitudinales et ajuster les programmes en fonction des données.
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Le cerveau reste plastique. Les gains du XXe siècle montrent que l’environnement compte énormément. Inverser la tendance dépendra de choix collectifs et individuels concrets : valoriser à nouveau la profondeur cognitive plutôt que la distraction permanente. C’est un enjeu majeur pour l’avenir des sociétés développées. 
Ce sujet reste un sujet de débat ; certaines études nuancent l’ampleur ou la généralité du déclin, mais la convergence des données est préoccupante et mérite attention.
Christine Tasin

 

 

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7 Commentaires

  1. Bonjour Christine, joli plaidoyer, mais quand je vois l’enthousiasme et la foi dans leur métier des enseignants, je pense que même avec une volonté politique et parentale, on est pas sorti de l’auberge !

    • Pas faux, le Chti tu aurais dû nuancer enseignants « actuels »… Que sont les hussards de la République devenus ?

      • Bien sûr Christine! Ça tombe sous le sens!,  » les hussards de la république « . sont aujourd’hui presque tous à la retraite ou décédés, jamais je n’oublierai jamais certains de mes professeurs qui ont fait plus que leur devoir en me faisant connaître des auteurs ou des techniques qui ont changé ma vie! Ce que je suis, moi simple fils de mineur,bje leur en dois une partie.

        • On est au moins 2 dans ce cas ! Je sais que pour toi ça tombe sous le sens mais je préférais préciser au cas où