L’agricultrice et restauratrice Kyria Gay au bord de la faillite après le blocage de ses comptes bancaires

Kyria Gay, figure emblématique de l’agriculture ariégeoise, incarne aujourd’hui le cauchemar de milliers de petits producteurs français. À la tête de La Table de Gaya, une ferme-auberge située à Montjoie-en-Couserans, elle a lancé un appel désespéré cette semaine : son compte bancaire professionnel est gelé depuis des mois, plongeant son exploitation dans une asphyxie financière. « On ne peut plus payer nos fournisseurs, nos charges, nos salariés. On est en train de couler », confie-t-elle, la voix brisée par l’émotion. Un témoignage qui résonne comme un aveu d’impuissance face à une machine administrative sourde et implacable.

Un modèle vertueux étouffé par la paperasserie

La Table de Gaya n’est pas une exploitation comme les autres. Ici, tout est pensé en circuit ultra-court : des légumes cultivés sans pesticide aux viandes issues d’un élevage diversifié, en passant par une cuisine maison servie aux clients. Un modèle « de la graine à l’assiette » qui incarne la souveraineté alimentaire tant vantée par les pouvoirs publics. Pourtant, c’est précisément cette autonomie qui semble aujourd’hui menacée. « On travaille jusqu’à 80 heures par semaine pour des revenus de misère », souligne Kyria Gay, dénonçant un acharnement administratif qui frise l’absurde.

Un blocage aux relents politiques ?

L’agricultrice ne mâche pas ses mots : selon elle, ce blocage intervient après des années de prises de position publiques, notamment sur des sujets sensibles comme les effets secondaires des injections anti-Covid. « Il ne faut pas avoir peur de nommer ceux qui, cachés derrière l’administration, s’amusent à faire souffrir les Français », lance-t-elle, pointant du doigt Pierre-André Durand, le préfet de la région Occitanie, qu’elle accuse d’avoir ordonné cette mesure sans justification claire. Pire, même la cagnotte de soutien ouverte en ligne a été bloquée, sans explication. « Si on nous voulait du mal, il fallait nous laisser travailler », ironise-t-elle, amère.

Un symbole des tensions entre citoyens et État

Cette affaire dépasse le simple cas de La Table de Gaya. Elle illustre une tendance lourde : l’utilisation croissante d’outils administratifs ou bancaires pour museler des voix jugées « gênantes ». « On nous étouffe », résume Kyria Gay, dont l’audience récente devant le tribunal administratif de Toulouse n’a, pour l’instant, débouché sur aucune issue. Une cagnotte de soutien a été relancée sur GiveSendGo, mais l’urgence est ailleurs : « La seule chose qu’on demande, c’est de vivre décemment », martèle-t-elle.

L’agriculture française à l’épreuve de la bureaucratie

Derrière ce drame humain se profile une question plus large : celle de la survie des petites exploitations familiales, pilier d’un modèle agricole français en pleine mutation. « On nous parle sans cesse de transition écologique, mais quand on la met en pratique, on se retrouve dans le collimateur », s’indigne Kyria Gay. Son combat résonne comme un avertissement : dans une France où l’administration peut, d’un simple clic, condamner des années d’efforts, qui osera encore innover ?

Malgré les épreuves, Kyria Gay refuse de baisser les bras. « Si on ne parle pas, rien ne changera », assure-t-elle, déterminée à faire éclater la vérité.

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