La mort de Quentin ne sera pas la dernière. Loin s’en faut. On peut même dire que ce drame a été volontairement planifié et organisé. Il en annonce d’autres, c’est écrit d’avance. Qu’on ne me dise pas que j’exagère ou que je dramatise. La situation est beaucoup plus grave et inquiétante que ne veulent bien le dire les commentateurs et hommes politiques un peu partout en France. Pour prendre la mesure de ce qui se passe sous nos yeux, il faut avoir en tête plusieurs informations et éléments.
Tout d’abord, il faut se poser une question fondamentale : comment et pourquoi en est-on arrivé à cette situation où LFI d’une part cornaque d’une main de fer toute la gauche et d’autre part bordellise toute la société y compris le Parlement ? La réponse est toute simple : parce que depuis des années la gauche, les bien pensants et tous les médias qui les soutiennent répètent inlassablement que le danger qui menace la France c’est le fascisme. Et la droite (macroniste, LR, Modem,…etc) qui n’a rien dans la culotte ni dans la tête a accepté cette affirmation et s’est couchée honteusement et sans réfléchir une seconde devant les affirmations péremptoires de la gauche, mettant à cette occasion en place le front républicain.
Le Premier ministre, le ministre de la justice ont fait hier des déclarations à peu près lucides et correctes vis à vis de LFI et des antifas. Mais est-ce que ce ne sont pas eux-mêmes qui ont fait élire en juillet 2024 ceux qu’ils dénoncent aujourd’hui ? Ai-je rêvé ou est-ce bien Gabriel Attal qui a appelé à faire barrage au RN, y compris en votant LFI ? Est-ce bien Édouard Philippe qui a appelé à voter communiste pour empêcher l’élection d’un candidat RN ou étais-je en train de faire un cauchemar ? Et n’était-ce pas le même qui était à la fête de l’Humanité ? Et inversement n’est-ce pas LFI qui a retiré ses candidats dans de nombreuses circonscriptions au 2° tour, dont deux étaient vraiment symboliques : celle d’Élisabeth Borne (Mme retraite à 64 ans) et celle de Gérald Darmanin (le chef de « la police qui tue ») ? Tous les deux élus grâce à ce retrait de LFI. Donc LFI, la gauche et la droite molle ont fait ce qu’il fallait pour se faire élire mutuellement. Il est bien temps aujourd’hui de pousser des cris d’orfraie devant les discours et les actions de LFI et ses amis antifas, mais ce sont ceux qui les dénoncent aujourd’hui qui ont contribué à les mettre à la place. Ces gens peuvent s’effrayer de ce qu’est LFI, mais cela ne leur permet pas de faire oublier leur responsabilité écrasante dans la survenue de la situation actuelle. Il ne faut surtout pas oublier cela.
Le second point fondamental, qui est largement incompris par la classe politique et nombre de commentateurs, c’est ce qu’est réellement LFI et sa stratégie politique pour accéder au pouvoir. Mélenchon a deux fers au feu. Le premier se propose de conquérir le pouvoir par les urnes. En 2022, il lui a manqué 421.308 voix pour accéder au 2° tour. Ces voix il veut les trouver dans les banlieues avec le vote musulman, ce qui explique l’incessante campagne de LFI contre Israël (on devrait plutôt dire son antisémitisme) et contre ce qu’ils nomment islamophobie, comme disent les Frères musulmans. Quant au reste des voix, Mélenchon va une fois de plus tordre le bras de la gauche et imposer sa candidature unique dès le 1er tour en 2027, faute de quoi il fera battre tous ceux qui auront refusé de le soutenir. D’ailleurs Mélenchon a annoncé très clairement qu’il refusait des primaires à gauche. Ce qui signifie que PCF, PS et Verts se retrouvent avec un pistolet sur la tempe. Et Mélenchon leur dit : « si vous voulez m’empêcher d’être le candidat de la gauche en 2027, j’ai les moyens de vous faire rayer de la carte politique en France. Vos partis disparaîtront. ». Argument qui ne laisse nullement indifférents les intéressés. Voilà pour le 1er fer au feu, celui de l’accès au pouvoir par la voix des urnes.
Il y a un second fer au feu, pour le cas ou la voie électorale ne fonctionnerait pas. Ce second fer c’est le recours à une insurrection qui lui permettrait d’arriver au pouvoir. Pour prendre une image, ce qui s’est passé en 2023 mais cette fois partout en France et en même temps. Vous me direz peut-être : « Ce n’est pas sérieux de dire cela. C’est impossible qu’il planifie cela ». Eh bien vous vous trompez totalement. Les gens commencent à se rendre compte que cette perspective devient de plus en plus crédible avec les évènements que nous voyons aujourd’hui. Mélenchon a annoncé tout cela depuis bien longtemps. Je fais partie de ceux qui l’ont dit et écrit depuis plusieurs années, mais la plupart des gens pensaient que ceux qui disaient cela exagéraient et n’ont donc pas pris la mesure du danger. Rappelons les signes qui annonçaient ce qui se prépare.
Tout d’abord, le prétexte à la violence insurrectionnelle sera d’une simplicité biblique : l’élection du RN (Le Pen ou Bardella) à la présidentielle de 2027. Le discours que nous entendrons sera celui-ci : « Les fascistes viennent d’arriver au pouvoir. Peuple de France debout. Il n’est plus temps de parler, il faut agir pour sauver la république et la démocratie ». Et partout en France, LFI et ses alliés feront descendre les gens dans la rue et sortir de leurs banlieues les habitants des cités en leur disant qu’ils seront les premiers menacés par la politique anti immigration du RN. Ce sera dès 20H01 le jour du 2° tour, à l’annonce des résultats. Ajoutons que même élu le RN n’aura pas le pouvoir. Depuis 1974, l’investiture du président nouvellement élu s’est toujours tenue entre 8 et 13 jours après son élection. Notamment pour laisser le temps au conseil constitutionnel de valider l’élection. C’est là que nous sommes en droit de nous interroger : Le conseil constitutionnel déclarera-t-il que l’élection n’est pas valable ? (comme cela a été fait sur intervention de l’Union Européenne en Roumanie). De plus la passation de pouvoir n’ayant pas eu le temps de se faire… quelle serait l’attitude des autorités en place face à une insurrection « Pour défendre la république et la démocratie contre l’arrivée des fascistes à l’Élysée » ? Est-ce que le pouvoir et l’État profond s’opposeraient à cette insurrection ou seraient trop content de la laisser faire ? À un an de l’élection présidentielle de 2027, il m’apparaît utile et même urgent de réfléchir à ces questions ?
Certains objecteront peut-être que prêter de tels projets à Mélenchon n’est pas très crédible. À ceux-là je réponds qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent. Mélenchon est beaucoup plus dangereux que certains ne l’imaginent. Quelques éléments vont le démontrer sans difficulté. Tout d’abord, Mélenchon a été et est toujours trotskiste. C’est même le chef du POI (Parti Ouvrier Indépendant). Officiellement, c’est Marc Gauquelin dit Marc Lacaze. Ce dernier était au Bureau Politique de l’OCI du temps où Pierre Lambert en était le chef. Mais aujourd’hui, le vrai chef c’est Jean-Luc Mélenchon. D’ailleurs Mélenchon ne cache même pas ses relations avec le POI dont les locaux sont qu’occupait l’OCI donc 87 rue du Faubourg St-Denis Paris 10. La preuve se trouve sur cette affiche appelant à une réunion des jeunes de LFI. Regardez l’adresse de la réunion… c’est celle du local du POI.

Le POI d’ailleurs rend des services à Mélenchon. Lorsque des militants LFI locaux posent quelques problèmes, le POI débarque et remet de l’ordre y compris en distribuant quelques calottes, ce qu’ils aiment bien faire. Et pour les remercier de l’aide, Mélenchon a fait élire en 2024 un militant du POI comme député : le sieur Jérôme Legavre élu en 2022 puis 2024 en Seine St-Denis. Et bien sûr, s’il y a des manifestations auxquelles participe LFI, le service d’ordre du POI est là. Histoire d’assurer la sécurité des chefs à plumes LFI. Mais Mélenchon ne se contente nullement d’avoir tous ses œufs dans le même panier (POI) et se fait un devoir de créer ou soutenir une multitude de structures locales, pour mobiliser contre le fascisme. Ainsi en est-il de la Jeune Garde, créée à Lyon en 2018 et qui a essaimé dans plusieurs villes de France, notamment Strasbourg, Paris, Lille, Montpellier,… etc. Partout le même profil : des gens violents, très violents. La Jeune Garde,… pour ceux qui ont quelques connaissances sur la mouvance trotskiste, c’était le chant de l’AJS (Alliance des Jeunes pour le Socialisme), le mouvement de jeunesse de l’OCI, dont le célèbre dirigeant était Charles Stobnicer dit Charles Berg. Quel hasard, n’est-ce pas, que la Jeune Garde s’appelle ainsi et que Mélenchon ait ouvertement de bonne relation avec elle. Cela m’amène à penser que même s’il fait semblant de ne pas avoir de liens directs avec la Jeune Garde, Mélenchon en a toujours dit beaucoup de bien et a même fait comme pour le POI, il a donné un poste de député à Raphaël Arnault, l’un des fondateurs de la Jeune Garde à Lyon. N’empêche que là aussi, en cas de besoin, LFI peut à chaque fois compter sur les membres de la Jeune Garde pour assurer leur sécurité en n’hésitant jamais à utiliser la violence.
La violence parlons-en. Mélenchon ne l’a jamais refusée. D’ailleurs, dans son centre de formation dénommé Institut La Boétie, il a même recruté pour l’animer Andreas Malm, un suédois pro-palestinien, antifasciste, anti-raciste et se déclarant écolo-léniniste appelant ouvertement à l’utilisation de la violence pour l’action politique. Et c’est à cet individu qu’il confie la formation des cadres de LFI. Tout un programme, avec valorisation du recours à la violence.
Mais ce n’est pas tout. On a appris hier par la bouche d’un journaliste italien (sur CNews) que le 31 janvier 2026, lors de la manifestation de l’extrême gauche à Turin contre la fermeture du squat Askatasuna – qui signifie “liberté” en basque – tenu par l’extrême gauche italienne, la présence de Raphaël Arnault a été signalée. Rappelons que dans cette manifestation des policiers ont été agressés à coups de marteau. De même, en Angleterre lors de manifestations opposées à la mobilisation des Anglais contre l’immigration, la présence de Raphaël Arnault était également signalée. On me permettra donc de tirer de ces éléments qu’au delà de ce qui se passe en France, indiscutablement des liens existent ou au minimum se nouent entre les mouvements ultra violents en France (type Jeune Garde) et des mouvements similaires dans plusieurs pays européens.
Il ressort de tout cela que notre pays est à un tournant. Aujourd’hui LFI fait profil bas car les éléments qui les accablent se multiplient, notamment deux attachés parlementaires de Raphaël Arnault sont arrêtés et soupçonnés d’être impliqués dans les coups mortels sur Quentin. Et les 9 interpelés ont une garde à vue prolongée de 24H. La gauche « classique » fait semblant de prendre ses distances mais quand les échéances vont arriver et que leur refus d’unité avec LFI signifiera leur disparation en tant qu’élus, je reste persuadé que nombreux seront ceux qui préféreront leurs postes à l’éthique morale et politique. De même, la droite « classique », dénonçant aujourd’hui l’assassinat de Quentin, arrêtera-t-elle ses délires sur le barrage républicain pour enfin voir que le vrai danger se situe du côté LFI ? Comme à gauche, si leur sort politique est en cause, il m’étonnerait qu’il ne se mettent pas une pince à linge sur le nez et ne renouvellent pas leurs accords politiques avec LFI.
Reste que la LFI de Mélenchon est une organisation beaucoup plus dangereuse que les gens ne la voient à ce jour. Les semaines et les mois qui viennent vont être instructifs. Peut-être que cela les aidera à ouvrir les yeux et voir ce qu’ils voient ?
Bernard GERMAIN
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