Réponse à Bd Voltaire : non, Mitterrand n’est pas le seul coupable, le pire c’est Giscard!

L’article de Boulevard Voltaire commémorant les 45 ans de l’élection de François Mitterrand dresse un réquisitoire sévère contre le président socialiste, présenté comme l’architecte principal des maux contemporains de la France : immigration de masse, communautarisme, déclin identitaire et économique…

Le constat sur les conséquences des années 1980 n’est pas faux, mais l’analyse historique pèche par simplification. Le premier tournant décisif ne date pas de 1981, mais bien des années Giscard (1974-1981). Valéry Giscard d’Estaing porte une lourde responsabilité dans les dynamiques que nous subissons aujourd’hui.

Les accords pétrole contre immigration 

Dès les années 1960-1970, la France a noué des relations économiques étroites avec les pays producteurs de pétrole, notamment l’Algérie. L’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 (négocié et appliqué sous de Gaulle puis Pompidou, mais consolidé sous Giscard) instaurait un régime dérogatoire favorable aux ressortissants algériens : facilité de séjour, titres de résidence de dix ans, regroupement familial simplifié, sans exigence forte d’assimilation.

Sous la présidence de VGE, dans le contexte du choc pétrolier de 1973, cette logique « énergie contre main-d’œuvre » s’est poursuivie. La France importait du pétrole et exportait des emplois peu qualifiés vers une population maghrébine déjà présente. Certes, Giscard a suspendu officiellement l’immigration de travailleurs en juillet 1974 face à la crise et au chômage. Mais cette mesure est restée partielle : le regroupement familial s’est développé, les retours volontaires (avec primes) ont échoué, et les flux irréguliers ont continué. Surtout, aucune politique culturelle ou éducative vigoureuse d’assimilation n’a été imposée. Le choix implicite était celui de l’immigration de peuplement plutôt que de la stricte main-d’œuvre temporaire. Voir les travaux et livres de Bat Ye’or (petit résumé dans un article en annexe)/

L’accueil de Khomeini : une faute géopolitique majeure

En octobre 1978, la France de Giscard accorde l’asile à l’ayatollah Khomeini, expulsé d’Irak. Installé à Neauphle-le-Château, il y prépare sereinement la révolution islamique, diffuse ses cassettes, reçoit les médias et organise son retour triomphal en Iran en février 1979 (avec même un avion d’Air France). Giscard justifiait ce choix par le souci d’éviter une « explosion » et par une certaine naïveté : il espérait que Khomeini incarnerait une alternative  « démocratique » au Shah et ouvrirait des contrats lucratifs à la France !!!!

Résultat : la République islamique naît sous nos yeux, avec les conséquences que l’on sait sur le terrorisme, l’islam politique en Europe et les tensions avec l’Iran. Accueillir l’ennemi déclaré d’un allié (le Shah) tout en prétendant maintenir de bonnes relations avec lui illustre une forme de double jeu et d’aveuglement idéologique typique des élites de l’époque.

Une présidence libérale qui ouvre les vannes sociétales

Giscard incarne le basculement moderniste : majorité à 18 ans, loi Veil sur l’IVG, divorce par consentement mutuel, libéralisation des mœurs, affaiblissement de la souveraineté nationale au profit de l’Europe. Sur l’immigration, il oscille entre restrictions tardives et discours alarmistes ultérieurs (invasion  en 1991), mais son septennat pose les bases structurelles : arrivée massive sans véritable exigence d’intégration, clientélisme naissant et refus de voir le communautarisme poindre. C’est quand même à Giscard que l’on doit la catastrophe « Eurabia » !!! Voir mon article complémentaire du jour sur ce sujet. Et le lien ci-dessous.

https://resistancerepublicaine.com/2025/01/31/resistance-a-lislamisation-1-mort-on-fait-quoi-on-regarde-eurabia/

Mitterrand, en 1981, accélère le mouvement avec la régularisation massive, le droit de vote local promis (non tenu), l’antiracisme comme arme politique et l’ouverture culturelle. Il porte sa part de responsabilité écrasante, notamment dans le déni et la captation électorale des voix immigrées. Mais il hérite d’un pays déjà engagé dans cette voie par la droite giscardienne.

 Conclusion

Pointer Mitterrand comme origine unique des problèmes français est commode, pour les publications « de droite » haïssant « la gauche » mais inexact, et c’est un euphémisme.

La décennie 1974-1984 marque une rupture : fin des Trente Glorieuses, choc pétrolier, choix migratoires sans assimilation, naïveté face à l’islamisme naissant, et libéralisme sociétal sans garde-fous. Giscard, homme de centre-droit « moderne », en est un acteur central. Les élites françaises, de droite comme de gauche, ont collectivement sous-estimé (volontairement ou pas) les effets de long terme de ces décisions sur la cohésion nationale.

Plutôt que de rejouer éternellement 1981, il serait plus utile de reconnaître que le mal vient de plus loin et de plusieurs côtés. La France paie aujourd’hui des erreurs accumulées depuis le milieu des années 1960. Le débat historique doit être lucide, pas partisan…

Christine Tasin

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10 Commentaires

  1. C’est bien de se rendre compte des conneries faites par les prédécesseurs mais peut-être serait-il judicieux de se rendre compte de celles qui sont faites au présent comme l’invasion par les migrants.
    A propos, les migrants sont-ils contrôlés pour l’Hantavirus avant d’entrer ???

  2. Bonjour,

    Bravo Christine : excellente analyse que je partage !!!!

    Et je vais même ajouter que l’ « ouverture des vannes sociétales », je la mets totalement à son débit, ce qui n’est pas ta position, sans doute.

    Desserrer des lois trop rigides, oui, en faire l’alpha et l’omega de la politique : non !!

    La substitution quasi-totale du sociétal au social, nous en crevons : nous sommes envahis par ce type de problèmatiques et rien d’autre de sérieux n’est traité.

    Exemple récent : « nos » députés discutaillent pendant des heures sur l’inscription du droit à l’avortement, dans la constitution se donnant des heures de révolutionnaires, pour pas cher, alors qu’il n’est pas du tout menacé …

  3. Au milieu des années 1960… C’était donc sous les mandats du Général de Gaulle… Ce dernier aurait donc contribué au « mal » ?

    • De Gaulle n’a pas rencontré des difficultés semblables à ses successeurs. Il a bénéficié, après la guerre, des bénéfices de la reconstruction des trente glorieuses. Plein emploi, explosion d’une économie favorable mais aussi une certaine insouciance qui a provoqué mai 68 qu’il n’a pas vu venir. C’est ensuite que le climat a commencé à se dégrader en France. Giscard a hérité des chocs pétroliers en 73 et 79 qui ont contribué à propulser Mitterand. Je rappelle une expression de l’époque: « Giscard à la barre, la France à la dérive … »

  4. Bonjour. De toute manière, on a vite fait le tri! Tous à la poubelle à déchets ! Mais De Gaulle à donné l’indépendance à l’Algérie, la plus grande faute qui nous prive de ressources énergétiques ! Et les soldatsmorts pour rien!, Giscard, n’aurait pas alors eu à faire des concessions pendant la crise pétrolière et il est le seul à avoir regretté ses erreurs ! Alors que le Mitterand, bouffi d’orgueil, a ruiné la France avec sa megalomanie, il est le traitre qui nous a menti et fait rentrer dans l’Europe, il a instauré le RSA (idee franc maçonne, paraît il) alors que les français voulaient du travail! Devoir qui incombe à l’état ! Et a attiré ainsi tous les parasites notoires, je m’arrête ici, car demain j’y suis encore. Miterrand est le fondateur du « grand remplacement » et le pire de tous ces faquins que j’abhorre! Bonne journée.

  5. Confidence d’un proche de giscard lors de ses visites chez les gueux de province. En voyant les Français accourir pour le saluer, il disait en apparté : Regardez-moi ces « pioupious », on vient leur donner des miettes et ils sont contents.
    C’est dire que le mépris du peuple n’est pas nouveau.

  6. Il est certain que l’européiste Giscard a sa part de responsabilité, surtout avec le regroupement familial. Il parait qu’en 1977, Barre et lui ont voulu arrêter, mais que le conseil d’état a dit non. Ensuite ils n’ont pas insisté. Après Giscard a regretté publiquement.

  7. Il y a une chose que je ne comprends pas chez Giscard. A la question d’un journaliste, dans les années 80 « Quelle fut, selon vous, votre plus grande erreur , lors de votre septennat ? » Giscard répondit « Avoir permis les lois sur le regroupement familial ! ». Par la suite , il se fendit d’un article dans le Figaro magazine,à la fin des années 80 ou début 90 dans le celebre numero intitulé « Serons nous encore francais dans 30 ans ? ». Ce qu’il préconisait alors n’aurait pas été désavoué par le FN. Sauf que… ca s’est arreté là…Giscard n’était pas un petit monsieur en politique.Il avait de l’influence o combien du coté de l’UDF voire RPR et pourtant il n’en a pas usé. Rien. Nada.

  8. Tous coupables, giscard a fabriqué la clef, la mitte s’en est servi pour ouvrir la porte.
    Quant aux suivantx, notre pitre actuel en est la synthèse.