A Sétif, Emmanuel Macron vient d’humilier une fois de plus la France

Ci-dessous la réponse de Bernard Lugan à celui qui déshonore la France depuis sa campagne éléctorale de 2017. Je ne vois pas quel commentaire ajouter à l’analyse de ce véritable historien et grand Français!

A Sétif, Emmanuel Macron vient d’humilier une fois de plus la France

Bernard LUGAN mai 2026_ L’Afrique réelle

En envoyant Madame Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées et aux anciens combattants, déposer une gerbe de fleurs lors d’une cérémonie algérienne de mise en accusation de la France, Emmanuel macron a donc décidé une fois pour toutes de valider l’histoire officielle algérienne.

Dans cette repentance à sens unique qui n’en finit pas, Emmanuel Macron a en effet fait l’impasse sur les morts français pour s’aligner servilement sur l’histoire officielle algérienne.

Or, ce qui s’est passé à Sétif et dans sa région au mois de mai 1945 est bien éloigné de la doxa.

Le 8 mai 1945, date de l’arrêt des combats en Europe, voulant profiter des commémorations, les indépendantistes de la région de Sétif décidèrent d’organiser une démonstration de force. Chawki Mostefaïl’un des chefs de l’opération raconte :
« Il fallait frapper un grand coup […] C’est ainsi que nous décidâmes, au sein du comité directeur, de défiler le jour des manifestations de la victoire, en arborant le drapeau de l’Étoile nord-africaine (mouvement dissous en 1937) et du PPA (dissous en 1939) en tête des cortèges ». (Chawki Mostefaï, entretien donné au quotidien algérien El Watan le 30 mai 2015 intitulé Le 8 mai 1945 a enfanté le 1er novembre 1954.)

L’inquiétude de la petite minorité européenne vivant dans la région était grande car les forces de l’ordre y étaient quasiment inexistantes. À Sétif, les effectifs de la gendarmerie s’élevaient ainsi à 20 hommes à peine. Quant aux hommes valides, ils étaient tous sous les drapeaux en Europe, la mobilisation des Français d’Algérie ayant été totale, soit 204500 mobilisés sur une population totale d’un peu plus d’un million de personnes.

Sur place, les administrateurs français, bons connaisseurs de la région avaient été épurés après le débarquement de 1942, car jugés trop « vichyssistes », et remplacés par de nouveaux venus ignorant tout de la situation locale. Le jeune sous-préfet, juste débarqué de France voulut ainsi faire preuve d’autorité et il ordonna aux vingt gendarmes dont il disposait, d’arrêter les porteurs de drapeaux algériens et de se saisir des banderoles réclamant l’indépendance. Cette tentative tourna au drame, des coups de feu furent tirés et la manifestation dégénéra en massacre, les civils français étant pourchassés par une foule déchaînée. La première victime fut une fillette juive de huit ans tuée à coups de couteau. Les troubles s’étendirent ensuite au bled. Durant cinq jours, les Européens furent attaqués sans pouvoir se défendre. Au bilan, cent trois d’entre eux, de tous âges et de tous sexes, furent massacrés, souvent d’horrible manière (Vétillard, R., Sétif, mai 1945. Massacres en Algérie. Paris, 2008). Sur ces victimes, le silence d’Emmanuel Macron est assourdissant.

Chawki Mostefaï explique clairement que les manifestants n’étaient pas venus avec des intentions pacifiques :
« Vu l’état d’esprit des populations, rurales notamment, qui étaient majoritaires dans les cas de Sétif et Guelma, et qui étaient, par tradition ancestrale, venues armées de gourdins, couteaux et autres armes à feu […] les manifestants réagirent dans un réflexe de vengeance et transformèrent le défilé en émeute. » (Chawki Mostefaï, 2015).

Vide de troupes, la région fut durant plusieurs jours sous le contrôle des insurgés. Des milices d’autodéfense se constituèrent avec les vieillards et les rares permissionnaires car les Européens en âge de porter les armes étaient, comme il a été dit sous les drapeaux sur le front d’Europe. Puis des renforts, notamment des unités sénégalaises, furent envoyés. Au bout d’une semaine, appuyés par l’aviation, ils réussirent à reprendre le contrôle de la situation.

La répression fut certes brutale, mais elle n’eut pas l’ampleur que lui donnent les milieux officiels algériens, à savoir un bilan fantasmé de 40 000 victimes, chiffre lancé sans vérification par une source diplomatique américaine favorable aux indépendantistes (Vétillard, 2008). Les historiens s’accordent aujourd’hui sur le chiffre de 7 000 à 10 000 morts, ce qui est encore une estimation « haute ». (Service Historique de la Défense (Vincennes),1990 ; Vétillard, 2008)

En métropole, lors des événements de Sétif, l’unanimité se fit. Le PCF lui-même eut une position dénuée de la moindre ambiguïté puisqu’il qualifia les Algériens impliqués dans les événements de Sétif et de Guelma de « provocateurs à gages hitlériens » réclamant que « les meneurs soient passés par les armes ».

Tirant argument des « massacres de Sétif », Olivier Le Cour Grandmaison publia un livre dans lequel il soutient que la colonisation de l’Afrique en général – et celle de l’Algérie en particulier –, fut une entreprise d’extermination annonçant la Shoa. Cette thèse outrancièrement radicale fut sévèrement dénoncée par Gilbert Meynier et Pierre Vidal-Naquet (2005) qui ont écrit à son propos :

« Assimiler peu ou prou le système colonial à une anticipation du 3° Reich, voire à un « précédent inquiétant » d’Auschwitz, est une entreprise idéologique frauduleuse, guère moins frelatée que l’identification, le 6 mai 2005 à Sétif, par le ministre des Anciens moudjahidines, porte-voix officiel du président Bouteflika, de la répression coloniale aux fours crématoires d’Auschwitz et au nazisme […] Ou alors, si les massacres coloniaux annoncent le nazisme, on ne voit pas pourquoi la répression sanglante de la révolte de Spartacus, ou encore la Saint-Barthélemy, ne l’auraient pas tout autant annoncé… En histoire, il est dangereux de tout mélanger. […]. Le texte l’Oliver Le Cour Grandmaison, comporte nombre de schématisations idéologiques, de jugements tranchés, voire d’outrances inadmissibles pour un historien […] A le lire, on ne peut s’empêcher de poser la question : un sottisier peut-il tenir lieu d’œuvre de réflexion et de synthèse historique ? […] L’air du temps de la dénonciation médiatique ne suffit pas à arrimer à la science des convictions et à faire d’Olivier Le Cour Grandmaison un historien plausible. Le contexte social, économique et politique actuel est encore fécond qui continuera à générer de telles tonitruances idéologiques à vocation surtout médiatique. ». (Meynier, G et Vidal-Naquet, P., (2005) « Coloniser Exterminer : de vérités bonnes à dire à l’art de la simplification idéologique ». Esprit, décembre 2005, pp 162-177.

Refusant de prendre en compte la réalité historique, Emmanuel Macron a donc une fois de plus validé la thèse officielle algérienne…

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A lire

-Roger VÉTILLARD :  Sétif, Guelma mai 1945 : massacres en Algérie – 6 février 2008

-Roger Benmebarek : Événements de Sétif mai 1945 , Préfet honoraire Cahier de mémoire N° 2- avril 2010. http://www.rogerbk.com

-Gilbert Meynier et Pierre Vidal-Naquet, Esprit, décembre 2005.

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4 Commentaires

  1. Bonjour,

    Merci Conan, pour ce texte.

    Sur tous ces sujets, (colonisation, esclavage, Algérie, immigration etc ) preemptés par la Gôche (qui n’est même plus le PCF de l’époque si on lit cet article) le mensonge le plus absolu règne …