
Tiens, on dirait, au moment où j’écris que c’est le retour du film du dimanche soir sur la comédie politicienne !
On l’imaginait rugissant comme un lion révolutionnaire, cravate rouge au vent, prêt à en découdre avec Macron, Bardella et le grand capital. Raté. Jean-Luc Mélenchon, la voix chevrotante, ressemble plus aujourd’hui à un petit garçon qui voit ses copains de bac à sable organiser une partie de foot sans lui ! Siouplaît, les copains, ne vous suicidez pas pour tuer LFI, je peux vous aider à exister, il suffit qu’on discute, qu’on trouve des solutions…
Le leader insoumis, qui avait officialisé sa quatrième candidature drapeau au vent, prêt à monter au combat sur une terre déjà conquise, tremble.
Il tremble devant les grandes manœuvres à gauche : ces traîtres de socialos, d’écolos et de communards osent – horreur ! – discuter entre eux d’une primaire !!! Ils ont très vite compris que s’ils ne montraient pas les dents, Méluche prendrait la tête de la gauche et ne laisserait que des miettes aux autres, laissant croire aux crédules que la gauche ça serait lui, comme la République….
Une primaire ! Le mot seul le fait trembler…
Un peu de patience , supplie-t-il dans La Tribune Dimanche.
Patience pendant que les autres décantent. Patience pendant que les écolos murmurent accord honorable dans leur coin. Patience pendant que les communistes cherchent un pôle de la radicalité qui, comble de l’ingratitude, ne serait pas uniquement composé de La France Insoumise.
On sent le désespoir poindre sous la rhétorique habituelle. Lui qui a fait gagner tout le monde grâce à la Nupes et au Nouveau Front populaire (selon sa propre version des faits, évidemment), se voit aujourd’hui comme le sauveur qu’on rejette. « Ce n’est pas moi qui suis anti-écolo ou anti-communiste, ce sont eux qui sont anti-mélenchonistes du matin au soir ! » pleure-t-il presque.
Pauvre Jean-Luc. Lui qui rêvait d’être le père incontesté de la gauche, se retrouve dans le rôle du tonton un peu encombrant qu’on invite par politesse mais qu’on préfère ne pas laisser trop près du barbecue. « Notre objectif n’est pas d’absorber les autres forces », jure-t-il la main sur le cœur. Traduction : S’il vous plaît, ne m’obligez pas à vous absorber complètement, je suis trop gentil.
Pendant ce temps, à gauche, on s’agite, on complote, on parle primaire, on rêve même d’un candidat qui ne soit pas lui. Scandale ! Mélenchon, le révolutionnaire qui a toujours détesté les appareils, découvre soudain les vertus de l’unité… à condition qu’elle se fasse sous sa bannière. Un classique.
Pourvou que ça doure, disait Laetitia Bonaparte. Je ne serais pas mécontente quant à moi de voir s’éloigner le spectre de la guerre civile que génère forcément un Mélenchon aux portes du pouvoir. Espérons… J’aimerais beaucoup assister au spectacles le plus drôle de 2027, le grand orateur insoumis, seul sur scène, en train de hurler contre le « suicide collectif pendant que toute la gauche fait la fête sans lui. »
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