La viande peut présenter des avantages spécifiques pour les personnes âgées

Illustration tirée d’un article d’EPOCH TIMES en lien ci-dessous

J’ai été interpellée par plusieurs articles parus dans la presse ces dernières semaines, évoquant le risque de démence qui nous guette en vieillissant, certains évoquant même un risque génétique accru pour ceux qui auraient un certain gêne plus ancien que les autres, APOE, parvenu jusqu’à nous pour à peu près 20% de la population. J’ai demandé à Dominique ce qu’il en était, sachant que la majorité d’entre nous ne connaît pas du tout ses gênes. Mais cela me paraissait intéressant à cause du rapport à la viande et à la mode vegan. Moi, par exemple qui ne suis ni végétarienne ni vegan, je mange  peu de viande par goût et je découvre que ce n’est peut-être pas une bonne idée en vieillissant ! 😉

Christine Tasin

 

Cette étude suédoise menée sur 15 ans est intéressante pour les retraités soucieux de leur santé cognitive, elle concerne entre autres les risques  d’Alzheimer qui seraient liés à certains gènes : Meat Consumption and Cognitive Health by APOE Genotype (Consommation de viande et santé cognitive selon le génotype APOE).

Points clé de cette étude

Question: Une consommation plus élevée de viande est-elle associée à une meilleure santé cognitive chez les personnes porteuses des génotypes APOE ε3/ε4 et ε4/ε4 ? Cette association diffère-t-elle de celle observée pour les autres génotypes ?

Résultats: Dans cette étude de cohorte menée auprès de 2’157 personnes âgées sans démence, une consommation totale de viande plus élevée a été associée à un déclin cognitif plus lent et à un risque de démence réduit chez les personnes âgées porteuses des génotypes APOE ε3/ε4 et ε4/ε4. Des interactions liées au génotype APOE ont été observées pour les trajectoires de la cognition globale et de la mémoire épisodique. Les trajectoires de la cognition globale désignent les différents modes d’évolution des capacités intellectuelles d’un individu tout au long de sa vie. Elles ne sont malheureusement pas uniformes: certains conservent des performances élevées, tandis que d’autres connaissent un déclin plus ou moins marqué lié à l’âge et/ou à des pathologies chroniques en particulier. La mémoire épisodique est le système de mémoire à long terme responsable du stockage et du rappel des événements vécus personnellement, situés dans leur contexte spatial et temporel (le « quoi », « où » et « quand »). Elle permet de se projeter mentalement dans le passé pour revivre ses souvenirs,

Interprétation: Ces résultats suggèrent qu’une consommation de viande supérieure aux recommandations conventionnelles pourrait être associée à des bénéfices pour un sous- groupe génétiquement défini représentant environ un quart de la population mondiale.

Résumé de cette étude

Importance: L’allèle ε4 de l’apolipoprotéine E (APOE) est associée à une augmentation du risque de maladie d’Alzheimer. Comprendre les besoins alimentaires spécifiques à chaque génotype pourrait permettre d’élaborer des stratégies de prévention diététique plus personnalisées.

Objectif : Tester l’hypothèse selon laquelle une consommation plus élevée de viande pourrait être associée à des effets bénéfiques sur la santé cognitive chez les personnes porteuses des génotypes APOE ε3/ε4 et ε4/ε4 (APOE34/44), et examiner si cette association diffère de celle observée chez les autres génotypes.

Méthode, cadre et participants : Cette étude de cohorte populationnelle a utilisé des analyses de données longitudinales réalisées entre janvier 2025 et janvier 2026 sur une période de suivi de 15 ans dans le cadre de l’Étude nationale suédoise sur le vieillissement et les soins Kungsholmen (SNAC-K), selon des stratégies conformes aux principes d’inférence causale.

L’inférence causale étant le processus important par lequel on cherche à déterminer si une variable (la cause) produit réellement un effet sur une autre variable (le résultat), donc en allant au-delà de la simple corrélation statistique. Le recrutement a eu lieu entre 2001 et 2004 auprès d’adultes de 60 ans et plus, sans démence.

Expositions : L’exposition principale était la consommation totale de viande (en grammes par kilocalorie, soit 4 kcal par g de protéines) évaluée à l’aide de questionnaires de fréquence alimentaire validés. L’exposition secondaire était le rapport entre la viande transformée et la viande totale.Principaux critères d’évaluation et mesures : La trajectoire cognitive globale, mesurée par la variation du score z sur 10 ans, a été analysée par régression linéaire. L’incidence de la démence a été analysée à l’aide des rapports de risque de sous-distribution (sHR) de Fine et Gray, en considérant la mortalité non liée à la démence comme un risque concurrent.

Résultats : Parmi 2’157 adultes âgés 1’680 participants disposaient de données cognitives longitudinales et 569 participants (26,4 %) étaient porteurs des génotypes APOE34/44. Au cours du suivi, 296 participants ont développé une démence et 690 sont décédés sans démence. Chez les participants porteurs des génotypes APOE34/44, une consommation totale de viande plus élevée a été associée à de meilleures trajectoires cognitives. Un rapport plus élevé entre la consommation de viande transformée et la consommation totale de viande était associé à un risque accru de démence, sans interaction avec l’APOE ni différence significative entre la viande rouge non transformée et la volaille.

 

Conclusions et pertinence : Dans cette étude, une consommation plus élevée de viande était associée à de meilleures performances cognitives et à un risque moindre de démence chez les personnes porteuses des génotypes APOE34/44. Le désavantage cognitif attendu chez ces personnes n’a pas été observé malgré une forte consommation de viande, ce qui suggère une pertinence clinique et de santé publique.

Quelques commentaires

Les personnes consommant davantage de viande présentaient un déclin cognitif significativement plus lent et un risque de démence plus faible, mais uniquement si elles étaient porteuses des variants génétiques APOE 3/4 ou 4/4. dont les ancêtres au cours des millénaires de notre évolution devaient avoir l’habitude d’être de gros mangeurs de viande!

J’ai là une raison du pourquoi j’avais observé régulièrement que parmi les patients végétariens et veganes, que j’évaluais avant une anesthésie, il y en avait un sur trois ou quatre qui paraissait vraiment beaucoup plus vieilli et malade que les autres.

Ces personnes qui consommaient le moins de viande avaient un risque de démence plus de deux fois supérieur à celui des personnes non porteuses du gène. Cependant, chez les plusgros consommateurs de viande (870 g par semaine), cet écart de risque se réduisait au point de ne plus être statistiquement significatif, tant pour la démence que pour le déclin cognitif global.

Toutes les viandes ne semblaient pas avoir la même valeur. Les régimes riches en viandes transformées, comme le lard, les saucisses et la charcuterie, étaient associés à un risque accru de démence, indépendamment du patrimoine génétique. Le bénéfice apparent chez les porteurs de l’allèle APOE4 était uniquement lié à une consommation plus importante de viande non transformée, comme la viande rouge et la viande de volaille fraîche.

Les résultats de cette étude suédoise suggèrent que le risque de maladie d’Alzheimer pourrait être influencé par nos choix alimentaires. Restons donc des omnivores avec une diète variée et irrégulière, riche en protéines dont un partie de protéines animales, diète riche aussi en vitamines pas seulement en tablettes de polyvitamines mais avant tout en vitamines naturelles contenues dans la viande et les végétaux.

Docteur Dominique Schwander

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6 Commentaires

  1. L’anthropophagie prévenait-elle de la sénilité mentale? Quoique l’espérance de vie frisait la trentaine avant la colonisation, non ? Et le bon sauvage, où se trouvait-il? En Utopia?

    • À la préhistoire, nos lointains ancêtres, lors de combats entre tribus, ne dédaignaient pas de déguster de la cuisse de combattants rôtie. Par contre, des tribus africaines ont contracté la maladie de Creutzfeldt-Jakob en consommant la cervelle d’un de leurs semblables, cervelle infectée par des prions. J’ignore s’ils pratiquent encore ce type de rituel. Surtout ne pas consommer de cervelles LFI, ils sont tous atteint de la maladie de la vache folle. Il faudrait piquer tout le troupeau, le chef en tête.

  2. C’est également vrai pour ce qui est de l’ostéoporose : l’assise protéique des os empêche la fuite de calcium. C’est dans la viande que l’on trouve la meilleure qualité de protéines.