
La dimension invisible de la géopolitique : Israël, les Etats-Unis et le grand Pourimspiel de la politique internationale
Pierre Lurçat
La géopolitique est largement incapable de décrire les évènements actuels, parce qu’elle s’en tient aux apparences, de manière souvent simpliste, voire caricaturale.
Ceux qui s’obstinent à décrire Donald Trump comme un idiot et à croire que la France est une « grande puissance » montrent non seulement qu’ils n’ont rien compris au monde actuel, mais aussi que leur grille de lecture des évènements est fondamentalement déficiente.
De même pour les contempteurs de Netanyahou, qui refusent de voir l’évidence qui crève les yeux de tout Israélien lucide et de tout observateur honnête. C’est Binyamin Nétanyahou qui a transformé Israël après le 7-octobre, pour en faire une puissance capable de remodeler la carte du Moyen-Orient et de changer l’avenir de toute la région et du monde.
Israël sous Netanyahou n’est pas seulement devenu une puissance régionale et mondiale. Il est littéralement devenu ce « lion rugissant », qui est capable de vaincre ses ennemis d’un coup de « patte » et de faire tomber leurs têtes les unes après les autres. Israël, sous la direction de Benjamin Netanyahou, n’est plus un acteur de second plan, ni le vassal de grandes puissances, étrangères (comme s’obstine à le faire croire le journal Ha’aretz, qui le présente comme “le valet de Trump”, dans la meilleure tradition de l’antisionisme soviétique d’antan).
Israël est devenu une puissance régionale, dont la puissance ne se mesure pas seulement à son PIB, à sa force militaire ou technologique. La puissance d’Israël, comme l’ont bien compris les deux dirigeants qui sont en train de remodeler le visage du monde entier, Donald Trump et B. Nétanyahou, se mesure à l’aune d’un critère que les experts en géopolitique sont incapables de mesurer et d’apprécier. Ce critère largement occulté relève en effet d’une autre dimension, que les dirigeants actuels d’Israël et des Etats Unis ont bien comprise, mais qui échappe à la plupart des dirigeants et commentateurs de l’actualité internationale.
Comme je l’écrivais dans ces colonnes il y a cinq ans, Donald Trump est le digne représentant d’une Amérique qui n’a jamais oublié le récit biblique sur lequel elle est fondée, et le premier dirigeant à avoir donné à l’Etat juif son statut véritable de peuple spécial (Am Segoula), c’est-à-dire de peuple “par lequel sont bénies toutes les nations du monde”. Les accomplissements de Trump s’inscrivent en réalité dans le temps long de l’histoire, et plus précisément, dans le temps spécifique à l’histoire juive et à l’histoire d’Israël, c’est-à-dire dans le temps des Toledot, concept hébraïque qui désigne, selon l’enseignement de Manitou, l’histoire des engendrements et le développement de l’identité humaine, et pas seulement l’histoire événementielle [1].
C’est dans cette perspective qu’on peut comprendre la dimension invisible de la géopolitique, à savoir la dimension spirituelle et morale incarnée par Israël, dont la destinée ne relève pas des « lois » de l’histoire, ni des règles habituelles auxquelles sont soumis les États. La dimension invisible de la géopolitique est celle du Nom divin qui ne figure pas dans la Meguilat Esther, celle du Maître d’œuvre du grand « Pourimspiel », qui dirige le monde.
P. Lurçat
NB Mon dernier livre, Jusqu’à la victoire ! la plus longue guerre d’Israël, est disponible sur Amazon, à la librairie du Foyer à Tel-Aviv et au centre Begin de Jérusalem.[1] Voir le commentaire du Rav Manitou-Askénazi sur la parachat Toledot, Leçons sur la Torah, Albin Michel.
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