Sans surprise, les données provisoires en France ont révélé une hausse des dépenses publiques en 2024, la plus forte depuis 10 ans hors période Covid par rapport à l’année précédente. Les dépenses publiques ont augmenté de 4,0 % par rapport à 2023, plus vite que le PIB en valeur (3,3 %), et représentent 57 % du PIB, pour atteindre 1 672 milliards d’euros.
Cette progression est largement imputable à la protection sociale hors santé, qui demeure de loin le premier poste de dépenses. En 2024, elle s’élève à 693 milliards d’euros, soit 41 % de l’ensemble des dépenses, en hausse de 35 milliards d’euros sur un an. Les retraites jouent un rôle central dans cette dynamique, avec une augmentation de 23 milliards d’euros, soit une progression de 6,2 %.
Les dépenses de santé poursuivent également leur trajectoire ascendante, avec une hausse de 11 milliards d’euros (+4,6 %). Tout comme l’enseignement : 7 milliards d’euros supplémentaires (+5 %), en raison notamment des revalorisations des enseignants et des investissements dans les infrastructures scolaires. La charge de la dette continue d’augmenter, de manière importante (+13,8 % en 2024), sous l’effet de la remontée des taux d’intérêt et de la dette publique croissante. Par ailleurs, les dépenses de défense connaissent une hausse dans un contexte géopolitique difficile.
Sur une période de dix ans, la tendance est encore plus révélatrice. Entre 2014 et 2024, les dépenses publiques ont progressé de 32 % en valeur, passant de 1 266,6 milliards à 1 672 milliards d’euros. La protection sociale a augmenté de 165 milliards d’euros sur cette période, bien que sa part dans le PIB ait légèrement reculé de 0,7 point. À l’inverse, la part des dépenses de santé a progressé, tant dans le PIB (+0,6 point) que dans l’ensemble des dépenses publiques (+1,3 point).
Bien évidemment, nous ne serons pas étonnés par ces résultats. Depuis dix ans, la France se situe toujours sur le podium des dépenses publiques les plus élevées, notamment en Europe. Observer leur évolution permet de dresser un constat sévère : nos responsables politiques n’ont pas réagi alors qu’il était encore temps et, pire encore, l’augmentation des dépenses a été la plus forte en 2024 par rapport à l’année précédente, un record depuis dix ans.

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