Eu égard à l’état de la France après plus de 8 ans de Macronie, on peut légitimement se poser la question des raisons qui ont poussé François Villeroy de Galhau à annoncer sa démission pour juin prochain, soit plus d’un an avant la fin de son mandat. Y a-t-il un rapport avec la dégradation catastrophique de la situation financière et économique de la France, surendettée, que l’on pourrait peut-être comparer avec la crise grecque des années 2008-2010 ?
Apparemment, tout le monde et notamment ses collaborateurs ont été surpris par la décision de François Villeroy de Galhau. Ils l’ont appris et par une lettre et par un communiqué officiel sous forme de bilan de ses 11 années à la tête de l’institution, où il a eu à gérer, entre autres, les années Covid et les années guerre en Ukraine (encore en cours). Officiellement, il s’agit d’une choix personnel indépendant, partagé avec Emmanuel Macron, le gouvernement et l’inamovible Christine Lagarde à la présidence de la BCE.
François Villeroy de Galhau ne semble pas avoir prévu d’aller à la pêche dès le 2 juin puisqu’il présidera bénévolement la « Fondation des Apprentis d’Auteuil« , vouée à la protection de l’enfance et des jeunes vulnérables.
Alors, entre raisons officielles et spéculations politiques, que penser ?
Certes, une démission moins d’un an avant le changement de président prévu, ça interpelle.
On comprend que le RN puisse y voir une manoeuvre pour permettre à Macron, Président en exercice, de nommer un successeur avant l’élection présidentielle de 2027, où le RN pourrait l’emporter selon les sondages. Ceci afin d’empêcher un gouvernement patriote d’influencer la Banque de France, une institution clé pour la stabilité monétaire européenne.
Certes, la situation économique de la France est catastrophique, avec des défis budgétaires abyssaux, mais peut-on comparer avec la crise grecque ? La dette de la Grèce, en 2010 dépassait 180% du PIB avec plan de sauvetage imposé par la fameuse Troïka UE, BCE, FMI ce qui avait eu pour conséquences austérité massive, privatisations forcées, chute des salaires et des retraites…
Peut-on comparer la situation financière de la France en 2026 avec celle de la Grèce en 2010 ?
La France fait certes face à des défis budgétaires sérieux, mais rien n’indique un effondrement imminent comparable à la Grèce des années 2010 .
– Dette publique: En 2025-2026, la dette française est autour de 113-116 % du PIB, projetée à 121-129 % d’ici 2030 selon les agences de notation qui ont dégradé la note souveraine (de AA- à A+ pour Fitch en septembre 2025). C’est élevé, la 3ème dans l’UE après la Grèce et l’Italie), mais encore loin des pics grecs. La Grèce, elle, voit sa dette baisser (de 180 % en 2020 à ~153 % en 2024, projet à 140 % en 2026), grâce à une croissance soutenue et des réformes.
– Déficit budgétaire : Prévu à 5,4-5,8 % du PIB en 2025, bien au-dessus des souhaits de l’UE à 3 %. L’instabilité politique (changements de gouvernements, difficultés à adopter le budget 2026) complique les réformes, augmentant les coûts d’emprunt. Fin 2024, les rendements obligataires français ont parfois égalé ou dépassé ceux de la Grèce, reflétant sans doute plus l’inquiétude des marchés à cause de la paralysie politique qu’une insolvabilité immédiate.
– Comparaison avec la Grèce : contrairement à la Grèce (économie périphérique, dépendant des plans de sauvetage), la France est la 2e économie de l’eurozone, avec une taille qui la rend trop importante pour tomber sans menacer la zone euro tout entière d’après les sites financiers.
Donc pour le moment, pas de signes de « dépeçage » par la Troïka : l’UE surveille, mais sans intervention forcée. La croissance française est faible (~0,3 % au 2ème trimestre 2025 2025), mais stable ; le chômage à 7,5 % reste gérable. (qu’ils disent…) Ils disent aussi que des leçons tirées de l’expérience grecque pourraient s’appliquer (réformes rapides, consolidation budgétaire), mais la France manque d’expérience en ce qui concerne les crises qui durent…
Pendant que la France s’enfonce peu à peu mais inexorablement dans la dette, la Grèce a remboursé par anticipation 1,1 milliard d’euros à la France en 2025, aidant légèrement le budget français… Un paradoxe inquiétant, non ?
Peut-on penser que Villeroy de Galhau, étant pas la force des choses plus au courant que tous les autres qu’attrait le Titanic avant la noyade ?
On n’en sait rien, et ça ne ressemble pas vraiment à ce que son parcours a montré jusqu’à présent, faisant partie de ceux qui régulièrement prônent la baisse des taux pour soutenir l’économie. Sa démission est-elle une envie personnelle de changer ou bien une forme de prudence face à tout ce qui pourrait arriver, face à une instabilité probable qui mettrait le prudent Villeroy de Galhau mal à l’aise ?
En tout cas la France est en zone rouge budgétaire mais, contrairement à la Grèce de 2010 elle semble avoir encore quelques bijoux de famille que Macron s’ingénie à brader… Quand il ne restera rien, alors, que va-t-il se passer ? Baisse des salaires, des pensions, augmentation des impôts, des taxes, de l’eau, du gaz, de l’électricité…
Christine Tasin
2 total views, 2 views today



Soyez le premier à commenter