Affaire Lawrence d’Arabie à la National Portrait Gallery: le « wokisme » s’attaque à nos héros

En résumé : on reproche à un héros de s’être trop bien intégré à la culture qu’il servait. Une ironie amère à l’heure où l’on exige de l’Occident une tolérance sans limite envers les cultures conquérantes qui s’installent sur son propre sol !

L’occasion d’évoquer le film Lawrence d’Arabie (1962) de David Lean.

« Sur fond d’intrigues géo-politiques cyniques, l’épopée inouïe et la quête pure de l’extraordinaire et si fragile lieutenant Lawrence (Peter O’ Toole), amoureux du désert, et chantre déçu de l’identité arabe. Un film somptueux qui nous emporte comme une vague, avec la musique de Maurice Jarre ».

Lien de visionnage en ligne ici 

La National Portrait Gallery de Londres  émet un avertissement concernant les images de Lawrence d’Arabie car il porte une tenue traditionnelle arabe !

➤ Alors que le monde entier salue en T.E. Lawrence l’un des plus grands stratèges et écrivains du XXe siècle, une institution britannique majeure, la National Portrait Gallery, vient de déclencher une polémique qui indigne les défenseurs de la civilisation occidentale. Le crime de Lawrence ? Avoir porté la tenue traditionnelle arabe pour mener la révolte du désert !

💠Le scandale : un « avertissement » pour appropriation culturelle !

Depuis le 14 janvier 2026, les visiteurs en ligne de la galerie tombent sur un message d’avertissement en consultant les portraits iconiques de Lawrence. L’institution juge ces images « sensibles » et potentiellement « choquantes » comme le rapporte le Daily mail.

Voici la photographie de 1917 à l’origine de cet avertissement. Les photos de Lawrence d’Arabie font l’objet d’un avertissement concernant le contenu potentiellement « choquant » des images « s’appropriant » un costume traditionnel arabe

Le grief invoqué est celui d’appropriation culturelle. Selon cette idéologie venue des universités anglo-saxonnes, un Occidental n’aurait pas le droit d’adopter les codes vestimentaires ou culturels d’un autre peuple, sous peine de l’« offenser » ou de l’« exploiter ». Peu importe que Lawrence ait porté ces vêtements par nécessité tactique, par respect pour ses alliés, ou à la demande expresse de l’Émir Fayçal lui-même.

💠Une réécriture de l’histoire au mépris des faits

Lawrence fut encouragé par l’émir Fayçal, futur roi d’Irak, à adopter le costume d’un « chérif » arabe, c’est-à-dire d’un membre de la royauté. L’illustration représente un croquis de 1918 du célèbre artiste Augustus John qui déclencha un avertissement.

Pour le lecteur français attaché à la vérité historique, ce « scandale » est un non-sens absolu :

Une demande locale : ce sont les chefs arabes qui ont encouragé Lawrence à porter le thobe et le keffieh pour faciliter son intégration parmi les tribus et légitimer son autorité de chef de guerre.

Un hommage, pas une insulte : Lawrence a vécu, souffert et saigné dans le désert aux côtés de ses compagnons d’armes. Sa tenue n’était pas un déguisement de carnaval, mais le symbole de son engagement total.

Une purge généralisée : la National Portrait Gallery ne s’arrête pas là. Elle a également placé sous surveillance les portraits de Lord Byron (en tenue albanaise) ou d’explorateurs comme Giovanni Belzoni ! C’est tout l’esprit de l’aventure et de l’orientalisme européen qui est aujourd’hui mis au pilori !

La volonté d’effacer le génie occidental

Ce qui se joue ici est une tentative de réécrire le passé pour l’aligner sur les « mentalités actuelles », comme l’avoue l’institution. En apposant ces étiquettes de « dangerosité » sur des chefs-d’œuvre, on suggère que l’audace de l’homme occidental — celle de parcourir le monde, d’en apprendre les langues et d’en adopter les usages — serait intrinsèquement coupable.

Pour la France, nation d’explorateurs et de savants (on pense à Lyautey ou aux savants de l’expédition d’Égypte), cette dérive britannique est un signal d’alarme. Elle illustre une volonté de culpabiliser l’Occident jusque dans ses représentations les plus nobles, au nom de la susceptibilité musulmane ou culturelle exacerbée.

 

➤Laurence d’Arabie (1962) ou l’odyssée d’un destin occidental

T.E. Lawrence a été immortalisé à l’écran par Peter O’Toole dans le biopic de David Lean, Lawrence d’Arabie, sorti en 1962.

Chef-d’œuvre absolu du septième art, le film Lawrence d’Arabie (1962) de David Lean n’est pas seulement une fresque cinématographique aux dimensions bibliques. C’est le récit tragique d’un homme qui, porté par la puissance de la civilisation européenne, a tenté de donner un destin à un monde qui lui était étranger. Pour le spectateur français, le film résonne aujourd’hui comme une réflexion profonde sur la fragilité des empires et la complexité des rapports entre l’Occident et l’Orient.

💠Un contexte de choc des civilisations

L’action se déroule durant la Grande Guerre, un moment charnière où l’Europe, malgré ses déchirements, domine encore le monde par sa science et son organisation. Face à elle, l’Empire Ottoman — « l’homme malade de l’Europe » — maintient sous son joug les populations arabes du Moyen-Orient.

Dans ce chaos, la France et la Grande-Bretagne cherchent à sécuriser leurs intérêts. Le film illustre parfaitement cette tension : d’un côté, la volonté de libérer des peuples ; de l’autre, la lucidité politique sur l’incapacité de ces derniers à s’unir durablement sans l’influence stabilisatrice des puissances occidentales.

💠T.E. Lawrence : un héros de la volonté

Thomas Edward Lawrence, incarné par un Peter O’Toole magnétique, est la figure de proue de ce film. Ce jeune officier britannique, épris de culture classique et de stratégie, incarne l’idéal de l’explorateur européen.

  • L’esprit de conquête : Lawrence ne se contente pas de suivre les ordres ; il réinvente la guerre. Par son intelligence et sa force de caractère, il transforme des tribus nomades éparpillées en une force capable de frapper l’Empire Ottoman.
  • La tragédie de l’identité : tout le drame du film réside dans la fascination de Lawrence pour le désert, tout en restant intrinsèquement un homme d’Occident. Il apprend leurs codes, s’habille comme eux, mais finit par se heurter à la réalité brutale des mœurs locales.
  • La trahison des rêves : le film montre subtilement que malgré son dévouement, Lawrence reste un étranger. Il tente d’imposer une vision structurée et noble à des clans dont la logique est celle de la vengeance et du sang.

💠L’islam…

Pour les lecteurs de Résistance républicaine  conscients des enjeux de civilisation, le film offre un regard lucide, voire sévère, sur la réalité du monde arabe de l’époque.

  • Désunion et tribalisme : Lean ne tombe pas dans l’orientalisme béat. Il montre des tribus incapables de s’entendre pour gérer une ville (Damas) une fois la victoire acquise. La scène du Conseil arabe, qui sombre dans l’anarchie, souligne la difficulté d’instaurer un ordre politique moderne dans une culture régie par des structures archaïques.
  • La fatalité contre la volonté : face au « Mektoub » (c’était écrit), Lawrence oppose le « Nothing is written » (rien n’est écrit). C’est le choc entre le fatalisme oriental et l’humanisme occidental, celui qui croit que l’homme est maître de son destin par son travail et son courage.

💠Pourquoi revoir ce film aujourd’hui ?

Laurence d’Arabie est un rappel de ce que la France et l’Europe ont apporté au monde : une capacité d’organisation, une vision à long terme et un sens de l’héroïsme individuel. Mais c’est aussi un avertissement sur la vanité de vouloir transformer des sociétés dont les racines musulmanes et culturelles sont aux antipodes des nôtres.

En admirant les images somptueuses du désert, on ne peut s’empêcher de voir en Lawrence le reflet d’une Europe qui a cru pouvoir apprivoiser l’Orient par la seule force de son génie, pour finalement se retrouver face à une altérité irréductible.

Voir sur RR : Macron aurait emprisonné Malraux pour l’empêcher de dire la vérité de l’islam

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18 Commentaires

  1. Après Au temps en emporte le vent …raciste!? maintenant Laurence D`Arabie… appropriation stupide, à quant Docteur Jivago ,le froid Sibérien n`est pas le même froid qu`en occident… impérialiste!
    Quelle bande de fous alliés!!!!!!

  2. Faites savoir CONCRETEMENT à la National Portrait Gallery que vous partagez pleinement l’opinion exprimée dans cet article à leur sujet :
    IMPRIMER l’article et l’ENVOYER par La Poste à l’adresse postale publique que vous trouverez tout en bas à gauche de
    https://www.npg.org.uk/collections/search/portrait/mw07584
    Pour imprimer l’article facilement, cliquer sur l’icône « + » blanc sur fond bleu en toute fin d’article puis sélectionner l’icône PrintFriendly.
    Choisir Style > taille de texte 80% et taille d’images 50%
    Pour une parfaite mise en 4 pages, cliquer sur le dessin « pellicule de film » afin de l’effacer.
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    Au bas de la page 4, écrire « Lu et approuvé. » puis signer de votre prénom et ville.
    Mettre les feuilles dans une enveloppe, écrire le nom et l’adresse, timbrer Monde (ou sur-timbrer avec deux tim‎bres France) et poster.

  3. La page de la NPG avec la photo :
    https://www.npg.org.uk/collections/search/portrait/mw07584
    Ce qui est écrit en dessous :
    Traduction :
    « Ce portrait
    C’est une oeuvre d’art historique reflétant les attitudes et points de vue de l’époque de sa réalisation. Bien que cela puisse différer de l’attitude actuelle, cette image est un document historique important. »
    Pas de « appropriation culturelle » , ou de « contenu potentiellement choquant » ou de « costume arabe».
    La seule à employer ces termes c’est la musulmane qui écrit l’article dans le Daily Mail https://www.dailymail.co.uk/profile-2341/noor-qurashi.html La National Gallery s’est mise discrètement à genoux devant l’islam, espérant que cela ne se verrait pas, mais comme d’habitude c’est une erreur et insuffisant pour les mahométans. Ils ne comprennent que la force, hélas, la faiblesse n’est pour eux que l’opportunité d’avancer vers notre mise en esclavage ou notre extermination.

  4. J’ai eu l’occasion, lors d’un voyage avec des amis libanais, de passer une soirée au Wadi Rum, un QG de sir Lawrence en plein désert. Mémorable!

  5. Le fameux Lawrence d’Arabie était devenu un personnage amer, et très désabusé sur l’avenir de l’Occident… A tel point qu’il s’était même rapproché de milieux favorables à l’Allemagne, juste avant la seconde guerre mondiale!… Le prétendu « accident » dont il fut victime était certainement un sale tour de l' »Intelligence Service »!…

  6. « A Rome, fais comme les Romains » Lawrence d’Arabie n’a fait que suivre ce précepte universel de politesse. Mais il y a des gens particulièrement susceptibles qui se poseront en victimes quoi qu’un Occidental fasse ou ne fasse pas : si vous adoptez leurs moeurs, leur langue et leur costume, ils crieront à l’appropriation culturelle; si à l’inverse vous leur parlez dans votre langue et gardez vos moeurs et votre habit d’Occidental, ils crieront à l’arrogance, au mépris et au refus de s’intégrer. Le plus simple est de faire une croix sur ces pays trop chatouilleux, il reste assez de belles contrées à visiter en dehors d’eux.

  7. Bonjour Jules et merci pour cet article si on en faisait autant avec nos écrivains qui se sont intéressés à l’orient, en s’habillant parfois comme les Arabes, on aurait beaucoup de proscris car de Hugo à Loti en passant par Nerval, les plus grands écrivains seraient bannis! Je n’ai jamais trop aimé ce film, mais je n’ai jamais su vraiment pourquoi, peut être la culture arabe qui me déplaît très fortement. Bon dimanche.

  8. Encore un excellent article de Jules Ferry! Décidément grâce à des auteurs tels que vous RR est une sourse inépuisable de réarmement culturel et intellectuel pour assuer la légitime défense de l’Occident digne de ce nom! Un film que nos enfants ont apprécié alors u’ils étaient trés jeunes, avec des explications et des commentaires la première fois.