« Un sac de billes » : beau film sur le courage, l’espoir et l’amour, l’Occupation, à conseiller aux jeunes

Un sac de billes de Christian Duguay, en 2017, avec Patrick Bruel, Elsa Zylberstein, Kev Adams, Christian Clavier…

Une comédie dramatique française de 2017 qui s’est librement inspirée du témoignage de Joseph Joffo (qui a d’ailleurs participé à l’écriture du scénario et a assisté au tournage) ! Un beau film, un témoignage poignant entre sourire et larmes autour d’une histoire vraie.

Petit clin d’oeil à l’ami Argo dont les récits nous enchantent : T’vas var ta gueule à la récré… Quand c’était le bon vieux temps à l’école

« Je te porterais jusqu’au bout du monde s’ il le fallait » réplique du grand frère au petit.

En 2022, il est toujours aussi important de montrer aux nouvelles générations ce qui s’est déroulé durant la Seconde Guerre Mondiale… Et pourquoi pas aussi en profiter pour découvrir le livre de Joseph Joffo !

Le film est tiré de l’autobiographie de Joseph Joffo, qui avait 85 ans à la sortie du film et est décédé un an après la sortie en 2018. Son roman est sorti en 1973, traduit en dix-huit langues et écoulé à vingt millions d’exemplaires ! Il raconte son enfance durant la Seconde Guerre Mondiale (de 1941 à 1944) où lui et son frère (deux jeunes juifs) doivent quitter la capitale et rejoindre le sud en passant par la ligne de démarcation.

Extrait du livre : 

M. Boulier m’a regardé et puis son regard est devenu vide comme si toutes ses pensées s’étaient envolées d’un coup. Lentement il a pris la grande règle sur son bureau et il en a placé l’extrémité sur la carte de France suspendue au mur. Il a montré une ligne qui descendait de Lyon jusqu’en Avignon et il a dit :

– Le sillon rhodanien sépare les massifs anciens du Massif central des montagnes plus jeunes…

La leçon était commencée et j’ai compris que pour moi, l’école était finie.

Le livre autobiographique de Joseph Joffo paru en 1973 avait déjà connu une première adaptation en 1975 sous la caméra de Jacques Doillon,

Toutefois, Joseph Joffo n’a pas vraiment adhéré à cette vision-là de son épopée. Il le précise dans la postface de l’édition du Livre de Poche : il n’avait pas été consulté, donc plusieurs passages et personnages ne correspondaient pas à sa réalité. Quand le film a été presque achevé, il en a vu les rushes, mais c’était trop tard…

Par exemple, le personnage du père des enfants, dont Joseph Joffo mentionne le sang-froid permanent, apparaissait comme indécis, au bord de la dépression nerveuse… pas du tout comme était leur père dans la réalité. Ni comme l’a représenté Christian Duguay dans cette dernière version, à laquelle Joseph Joffo a été associé de bout en bout, travaillant avec l’équipe et les acteurs, partout où ceux-ci se sont déplacés.

Il aura fallu quarante-deux ans de plus à l’auteur, pour voir son périple haletant, une nouvelle fois transposé à l’écran.

Joseph Joffo dit avoir une très grande admiration pour le travail de Christian Dugay. Il cite, par exemple, Jappeloup, ou Belle et Sébastien, qui ont remporté un vif succès et qu’il considère être des films remarquables. 

Pour écouter l’interview de Christian Duguay… Cliquez donc ici

Il paraît intéressant de souligner que ce film est présenté du point de vue de l’enfant. Notons le choix des plans rapprochés, comme si le spectateur voyait les scènes à travers les yeux du petit Jo. C’est flagrant dans les scènes de poursuite, sur le marché, par exemple. Par contraste, les scènes qui se passent lors de leur grand voyage à travers la nature sont filmées en plans d’ensemble : ils paraissent petits dans cet environnement sauvage, immense.

 

Grande surprise à Nice, lors du tournage du film, à la vue

de cette bannière nazie flottant sur le Palais de la Préfecture.

 

Résumé : Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes, font preuve d’une incroyable dose de malice, de courage et d’ingéniosité pour échapper à l’invasion ennemie et tenter de réunir leur famille à nouveau. 

Bande-annonce : 

Extrait : 

https://123streaming.cc/film/un-sac-de-billes/

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5 Commentaires

  1. Attention toutefois : Joseph Joffo définit une francité indépendante des arrières-mondes culturels.
    « Les juifs nés en France sont français, et être juif en France c’est tout simplement être de religion juive au même titre qu’un Français de religion catholique, protestante, bouddhiste ou musulmane. »
    (Joseph Joffo, “Un sac de billes”, Dialogue avec mes lecteurs ; Le Livre de poche [© Jean-Claude Lattès], Paris, 2001, p. 233.)

  2. Les enfants des justes, est un bon film sur cette époque également.

  3. Joseph Joffo, ex-coiffeur, devenu écrivain de talent. Un sac de billes, Baby-foot, et tant d’autres récits. Merci Jules Ferry pour cette évocation. Ce temps n’est plus, mais il demeure dans les livres, les oeuvres cinématographiques, où nous pouvons aller puiser lorsque notre cœur est trop lourd. Je me souviens des jours anciens, et je pleure (Verlaine).

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