Connaissez-vous le Somaliland, petit pays qui constitue un véritable Eldorado ?

Mondialisation Publié le 19 mai 2021 - par - 5 commentaires


Des habitants du Somaliland devant le mémorial de la guerre d’indépendance des années 80 à Hargeisa.
Un Mig 17 abattu en trophée… 

Un petit pays qui s’est séparé de la Somalie après une guerre de 10 ans !
Un pays aux transitions démocratiques, suite à des élections libres, non truquées…
Un pays qui a gardé ses modalités de gestion sociale des conflits !

Je cite le SOMALILAND !

Ce pays a été le résultat d’une colonisation « soft » de la Grande Bretagne qui n’y voyait qu’un intérêt stratégique local -protection d’Aden- en rien économique…

Un pays SANS SUBVENTIONS internationales, sans reconnaissance internationale comme il existe une demi-douzaine d’autres pays issus de scissions…
Un pays qui ne compte que sur lui-même et sur ses nationaux… Un miracle qui fait rêver !
Pourvu que cela dure… Les menaces l’entourent, certes la Somalie, les shebabs islamiques, mais aussi les nations qui s’opposent : Chine-USA-Taïwan ; Egypte-Ethiopie (eau du Nil)… qui risquent en faire un terrain de conflits.

A l’heure où des milliards de cadeaux sont accordés aux pays africains, pas inutile de signaler cette perle.
Comme je le répète, laissons les pays d’Afrique se prendre en main, assumer leurs responsabilités… Sûr qu’il y aura de la casse, mais en sortira une autre Afrique !

Le Somaliland, ce pays qui n’existe pas.
(Origine : Courrier international – Une traduction partielle du Süddeutsche Zeitung)

Bernd Dörries – Article du 16 mai 2021.

Le 18 mai, cela fera trente ans que le Somaliland a fait sécession de la Somalie. Ce petit territoire d’environ 5 millions d’habitants est aujourd’hui l’un des plus sûrs et des plus pacifiques du continent. Même s’il n’est toujours pas reconnu par la communauté internationale, et qu’il ne reçoit quasiment pas d’aide au développement. Ce qui prête à réflexion.

Un beau jour, Edna Adan en a eu assez. Elle ne voulait plus avoir à raconter sans arrêt d’où elle venait. Elle a donc fait imprimer au dos de ses cartes de visite une carte géographique avec l’inscription suivante : “Où se trouve le Somaliland dans le monde ?” On y voit l’Afrique en entier et, à côté, un zoom sur un petit bout du Nord-Est, qui montre la frontière du Somaliland, les plus de 800 kilomètres de côtes sur le golfe d’Aden, les plaines verdoyantes du port de Berbera, ainsi que la campagne aride qui borde la Somalie voisine.

Le pays d’Edna Adan est invariablement confondu avec la Somalie. Alors que c’est tout l’opposé à bien des égards. “Le simple fait que vous soyez assis là montre bien tout le chemin parcouru”, glisse Edna dans son petit bureau de l’université. En face, en Somalie, aucun visiteur européen ne peut se déplacer sans escorte. Les terroristes d’Al-Chabab y font régner la terreur. Il se passe rarement une journée sans que ne soit commis un attentat ou un enlèvement.

Edna a 83 ans et tient une forme étonnante. Elle ne chapeaute pas seulement l’université Edna Adan, mais aussi une clinique dans la capitale, Hargeisa. Ici, pas de bidonvilles, pas de mendiants, mais de jolies maisons aux murs blancs, des bougainvilliers rouges en fleurs, et, dans le centre-ville, des immeubles de bureau modernes, et un glacier à chaque coin de rue. Les jeunes femmes fréquentent les clubs de fitness qui leur sont réservés (musulmans quand même), jouent au basket ou font du jogging. Il y a un centre culturel qui organise un festival de littérature devenu l’un des plus importants d’Afrique, qui draine des dizaines de milliers de visiteurs.

Au mur du petit bureau d’Edna Adan, des dizaines de photos la montrent aux côtés de chefs d’État et de personnalités du monde entier, comme Bill Clinton ou Kofi Annan (ex-Secrétaire général de l’ONU). C’est l’une des premières sages-femmes diplômées de la Corne de l’Afrique, qui elle-même a formé à son tour d’autres sages-femmes, et elle a été directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Son mari a été le président du Somaliland, elle-même a plus tard été ministre des Affaires étrangères. Dans un petit pays comme celui-là, on peut faire bien des choses quand on en a la volonté.

La plupart des personnalités qu’on peut voir sur les photos du bureau d’Edna Adan n’ont jamais mis les pieds au Somaliland. “Le monde a décidé de nous ignorer”, soupire celle-ci. La plupart des habitants de la planète n’ont sans doute jamais entendu parler du Somaliland. Ou pensent qu’on parle de la Somalie, trois fois plus grande. Mais ne serait-ce pas justement une des raisons du succès du Somaliland ? Lequel semble d’autant plus grand quand on compare les situations politiques des deux pays.

Au Somaliland, on vote en mai [des législatives sont prévues pour le 31 mai], les préparatifs suivent leur cours normalement, dans le calme. En Somalie, le président vient de faire prolonger son mandat de deux ans, de façon arbitraire. Hargeisa, environ 1 million d’habitants, est l’une des capitales les plus sûres du continent. De l’autre côté, à Mogadiscio, les islamistes terrorisent la population. Au Somaliland, l’islam est relativement tolérant. “Nous n’avons plus rien à voir avec eux”, disent les Somalilandais quand ils se comparent à leurs voisins.

Le 18 mai, le Somaliland fêtera ses trente ans d’indépendance vis-à-vis de la Somalie. L’occasion de raconter au monde, pour une fois, une success-story à l’africaine (elles sont assez rares pour qu’on en parle). L’histoire d’un pays qui compte toujours parmi les plus pauvres d’Afrique, c’est vrai, mais qui est devenu l’un des plus sûrs et des plus pacifiques du continent. Ce n’est pas simplement un pays jeune, c’est également une expérience unique en son genre. Car, contrairement à beaucoup d’autres en Afrique, le pays a été ignoré, occulté. Pas seulement par les chefs d’État, mais aussi par l’aide au développement. Le pays se porte-t-il donc si bien que ça, malgré l’absence d’aide ? Ou bien justement grâce à l’absence d’aide ? Cet État en est-il seulement un ?

Pour le monde, en effet, la République n’existe pas, alors qu’elle a ses propres frontières et sa propre monnaie, le shilling du Somaliland. Seuls Taïwan et Coca-Cola font exception : Taïwan [un territoire lui-même isolé sur la scène internationale] s’est doté d’une représentation à Hargeisa, et Coca-Cola possède une usine d’embouteillage sur place. Le Somaliland peut importer tous les produits qu’il veut, du moment qu’il paie. Pour exporter, en revanche, c’est une autre paire de manches, car il doit respecter les règles qui ont été négociées pour la Somalie. Le poisson, par exemple, ne peut pas être exporté sous l’estampille “Origine Somaliland”, mais uniquement sous l’appellation d’origine du voisin mal-aimé.

On compte dans le monde une demi-douzaine de “non-États” qui se considèrent eux-mêmes comme des États indépendants mais qui, pour le reste du monde, font partie intégrante d’un autre État. Ils ne délivrent pas de passeports valides et ne peuvent adhérer à aucun traité commercial. Ils ne peuvent pas entrer aux Nations unies ni participer aux Jeux olympiques sous leurs propres couleurs. Le Somaliland a beau avoir de jolies plages et des peintures rupestres, les touristes n’y viennent pas, les gouvernements britannique et américain l’ayant rangé, avec la Somalie, parmi les pays dans lesquels il est vivement déconseillé de se rendre. La destinée du Somaliland est donc de ne pouvoir compter que sur lui-même, mais sans jamais être indépendant.

“En tant que femme, je peux me déplacer librement en toute sécurité, conduire, dormir la porte ouverte, prendre la parole en public et assister à des conférences. J’ai une université de 1 500 étudiants, dont 70 % sont des femmes.” Ce qu’Edna Adan veut nous dire, c’est que le Somaliland remplit toutes les conditions que l’Union européenne et les Nations unies exigent de […]

Complément : article des Echos.

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5 Commentaires
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Argo
Argo
il y a 1 mois

Comme nous aimerions nous aussi être ignorés, de l’UE, et des migrants!!!!🇫🇷🇫🇷🇫🇷🇫🇷🇫🇷

RODRIGUE
RODRIGUE
il y a 1 mois
Reply to  Argo

Le rêve ainsi que de tous nos parasites, politicards, journaleux, artistes de mes deux, musulmans, féministes dévoyées, LGBTQRSTUVWX …..la France redeviendrait un paradis !

Frejusien
frejusien
il y a 1 mois

intéressant !

Boronlub
Boronlub
il y a 1 mois

Henri de Monfreid aurait été heureux de voir ça ; lui qui a vécu dans cette cette région, l’a aimée, et si bien décrite dans ses romans. La corne de l’Afrique, Djibouti, au temps de la présence française ; et le Yémen, en face, appelé « l’Arabie heureuse ».

brOQUET broquet
brOQUET broquet
il y a 1 mois
Reply to  Boronlub

l’association des amis du Somaliland vous attend.
[email protected]

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