Décoloniser les institutions, les arts, le féminisme, soi-même… La Réunionnaise Françoise Vergès a toujours «la décolonisation»au bout des lèvres. Un prisme inconcevable pour ceux qui ne pensent pas que la société française soit profondément raciste. Et qui braque les universalistes, persuadés qu’un tel discours peut creuser une fracture au sein de la société à force d’opposer «dominants» et «dominés», «Blancs» et «racisés».

La première fois qu’on croise la politologue, c’est à la Colonie, bar parisien qui fait aussi office d’espace de débat, très porté sur ces questions. A coups de «ils ne nous donneront rien, on arrachera tout», «nous ne voulons pas nous intégrer à la France blanche», cette oratrice charismatique sait se faire offensive.

[…]