Les images d’Ashli Babbitt, couchée sur le dos dans l’enceinte du Congrès, son sang se mélangeant aux couleurs du drapeau de campagne pro-Trump qu’elle avait noué comme une cape, ont fait le tour du monde. La minute précédente, elle était devant une porte aux vitres brisées. De l’autre côté, se tient au moins un agent de police du Capitole. Il dégaine son arme et tient en joue le groupe de partisans de Trump, dont elle fait partie. Entre eux, un amas de tables et de chaises bloque le passage. Les trumpistes chahutent mollement les portes qui les séparent du policier, sans grande conviction. Mais soudain, Ashli Babbitt entreprend de les escalader franchement. Le policier s’avance, tire et la femme tombe à la renverse. Selon plusieurs vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, elle a été touchée à l’épaule gauche. Elle est morte quelques heures plus tard, dans la soirée de mercredi.

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En passant, la Moysan accuse Trump, c’est bien sa faute si Ashli a fait 4000 km depuis la Californie, convoquée par Trump qui l’aurait trompée en affirmant avoir gagné l’élection. 

Plus de 4 000 kilomètres séparent cette ville de la côte Pacifique et Washington DC. En dépit des six heures d’avion, Ashli Babbitt tenait à être présente au rassemblement de mercredi, convoqué par Donald Trump à l’occasion de la certification des résultats de l’élection présidentielle par le Congrès. Elle avait même hâte d’y être, si on en croit son compte Twitter. Car la vétérane est persuadée que Donald Trump a gagné l’élection présidentielle et qu’on lui a volé des voix.

La suite n’est pas piquée des hannetons. Ashli était libertarienne, et tenait au port d’arme. Tellement peuple (poussah ! s’écrie la Moysan ! ) qu’elle ose être fière de SON Président, qui a des couilles… Et elle était patriote, incroyable ! Elle mythifiait la Constitution et l’histoire des Etats-Unis. On sent que la Moysan n’en peut plus, qu’elle a envie de parler des Amérindiens, des Noirs, des Latinos, de l’esclavage..

Une plongée dans ses 8 700 tweets nous montre une femme très engagée politiquement et ardente défenseuse du président américain. Ashli Babbitt se présente comme une libertarienne, attachée au second amendement qui garantit le droit au port d’arme. En septembre, elle s’affichait à un défilé nautique organisé en soutien du Président, portant fièrement un t-shirt «We are Q», en référence à la mouvance complotiste d’extrême droite QAnon. Elle y avait attaché un pin’s indiquant «Enfin quelqu’un qui a des couilles !– Donald Trump 2020». Comme si cela ne suffisait pas, elle a légendé la photo par l’acronyme WWG1WGA pour «Where We Go One We Go All»(en français «où que nous allions, nous y allons ensemble»), un slogan régulièrement repris par les adeptes de QAnon.

Elle semble également sensible à une certaine mythification de la grandeur historique des Etats-Unis et de sa Constitution. Ainsi, Babbitt tweete régulièrement en utilisant le hashtag #WeThePeople, les trois premiers mots du préambule du texte constitutionnel américain. Son pseudonyme, CommonAshSense, n’est pas sans rappeler le titre du pamphlet de Thomas Payne, Common Sense (le Sens commun). Publié en 1776, la popularité du texte a contribué au lancement de la révolution d’indépendance américaine. L’ancienne militaire a également retweeté récemment des images des Pères fondateurs.

Et le pire est à venir, Ashli Babbith dénonce l’immigration, l’insécurité, la drogue, veut un mur à la frontière… Une vraie populiste. bref, l’ennemie absolue pour la Moysan !

Dans trois vidéos publiées en 2018, Ashli Babbitt prend la parole pour interpeller les dirigeants californiens. La vétérane, visiblement ulcérée, y dénonce pêle-mêle le problème de l’immigration, du manque de sécurité, la nécessité de construire un mur à la frontière avec le Mexique ou la question de la drogue.

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Cerise sur le gâteau, Ashli ne supportait pas de voir les restrictions, les limitations de liberté pour cause de Covid.

Et hop ! Un petit rapprochement avec une politicienne… juste parce qu’elles sont toutes deux anti-masque. Dis-moi qui tu fréquentes je te dirai qui tu es… donc la politicienne étant -selon les critères de la Moysan- islamophobe, antisémite, raciste… Ashli devait l’être aussi. Refuser le masque c’et le propre des racistes tout le monde sait ça. 

Ce qui l’énerve, ce sont aussi les restrictions liées à l’épidémie de Covid-19. Ashli Babbitt partage des tweets célébrant ceux qui ont refusé de porter un masque. Elle a, par exemple, partagé un message applaudissant Marjorie Greene, nouvellement élue au Congrès, qui n’a pas voulu se masquer lors de son investiture. Cette politicienne avait déjà fait parler d’elle pour avoir affiché son soutien pour la mouvance QAnon, en plus de déclarations racistes, islamophobes et antisémites proférées durant sa campagne. L’ancienne militaire semblait adhérer à plusieurs théories du complot autour de la pandémie.

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C’est vraiment des pourris et des haineux. Mais une Moysan  ne sera jamais jugée devant la 17ème Chambre pour « incitation à la haine ». Sûrement pas avec les traîtres et autres dégénérés qui nous gouvernent, mais si les patriotes devaient reprendre le pouvoir, nous abolirions tout de suite la loi Pleven. Mais gageons qu’il y aurait des dizaines de raisons pour juger une Moysan dans un nouveau tribunal de Nuremberg… pour de vraies fautes, pas pour une « incitation à la haine » qui ne veut rien dire.