Déjà, en 1953, France illustration déplorait la violence de la jeunesse…

Publié le 17 octobre 2020 - par - 1 commentaire

Rien de nouveau sous le soleil…
Edito en page 77 de la défunte revue France Illustration n° 379 en date du 17 janvier 1953.
Les mises en gras souligné sont un ajout.

Couverture de la revue France Illustration n° 379 en date du 17 janvier 1953 - Cliquer pour en rechercher un exemplaire à vendrePROPOS DU SCEPTIQUE

Si l’on s’est gentiment massacré l’autre jour à Karachi1 — capitale d’un de ces pays qui, soit dit par parenthèse, reprochent à la France ses exactions et ses violences « colonialistes »2 — il n’est pas indifférent de noter le rôle essentiel que tinrent dans cet événement les J33 de la localité. « Des bandes de gosses, armés de bâtons, arrêtent tout trafic », câbla d’abord le correspondant d’une agence officielle qui, réflexion faite, rectifia ainsi son information : « Lire des bandes de jeunes gens, etc. » Gosses ou jeunes gens, il s’agissait de citoyens dont le palais était encore agacé par la saveur du lait maternel puisque leur premier souci fut de mettre à sac les débits de boissons. Sous toutes les latitudes4, en effet, c’est à leur degré de résistance aux liqueurs fortes que les adolescents civilisés mesurent leur degré de virilité.

L’exemple de Karachi retiendra sûrement l’attention des sociologues, car il illustre de manière frappante — dans tous les sens du terme — l’irruption de la jeunesse moderne dans les affaires publiques. Bien finie, l’époque où des parents abusifs maintenaient leurs rejetons dans les liens d’une discipline féroce, leur interdisant même de faire entendre leur voix à la table familiale sous le prétexte étymologique que l’enfant est « celui qui ne parle pas ». L’hypothèque millénaire est levée. « Celui qui ne parle pas » prend la parole là où il lui plaît de la prendre et jusque sur le forum.

Mitraillette à l’appui, quand la nécessité l’exige. N’accablons pas d’ailleurs le lointain Pakistan. En Tunisie et au Maroc ce sont bien souvent les « moins de quinze ans » qui prennent en main l’étendard de la révolte et le poignard de la « libération »5. Aux Etats-Unis on institue des « gouvernements d’enfants » ; rapportant le fait, un grand hebdomadaire féminin s’extasie sur le cas d’une fillette qui, nous apprend-il, « est plus forte en démocratie qu’en arithmétique »6.

Quant à la France, elle bat, une fois de plus, tous les records de l’émancipation politique. On y a vu des marmots au biberon « signer » l’appel de Stockholm7 ou d’autres manifestes aussi puissamment charpentés. Preuve supplémentaire que nous assistons à un mouvement irrésistible : on peut être aujourd’hui député à vingt et un ans et sénateur —sénateur ! — à trente-cinq alors qu’il en fallait vingt-cinq et quarante avant la guerre. Après tout, soit. Place aux jeunes ! Et grand bien leur fasse… Voici cependant que dans le temps même où la politique s’efforce d’avancer l’heure où l’homme sort de l’enfance, la médecine s’efforce de retarder celle où il y retombe. Sans doute faut-il se féliciter que, par ce moven, des talents neufs s’ajoutent en nombre sans cesse croissant à des talents plus éprouvés. Mais, à ce train, où donc nos petits-neveux prendront-ils le temps d’être heureux ?

1/ lemonde.fr/archives/article/1953/01/12/enquete-au-pakistan-sur-les-emeutes-de-karachi_1971480_1819218.html
2/ aa.com.tr/fr/politique/exactions-francaises-en-alg%C3%A9rie-une-plaie-historique-en-attente-de-mea-culpa-analyse-/1669318
3/ J3 est un surnom donné familièrement aux adolescents en France à partir de 1943 : les jeunes de 13 à 21 ans disposaient, pendant la période de rationnement au cours et à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, de cartes de rationnement spécifiques, portant la mention « J3 », leur donnant droit à des rations plus importantes que celles des adultes.
4/ Pour parodier un extrait de l’album Tintin et le temple du soleil, Quand mahométan fâché, señor, lui toujours faire ainsi, toujours
5/ leparisien.fr/paris-75/paris-le-mineur-qui-avait-poignarde-des-passants-passe-au-tribunal-18-04-2019-8056053.php
6/ Une Greta Thunberg avant l’heure…
7/ https://fr.wikipedia.org/wiki/Appel_de_Stockholmlasuedeenkit.se/       il-y-a-70-ans-lappel-de-stockholm-un-plaidoyer-oublie/. 

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Une réponse à “Déjà, en 1953, France illustration déplorait la violence de la jeunesse…”

  1. Avatar yvank dit :

    La violence de la jeunesse en 53, n’égorgeait personne en France, ne se regroupait pas chaque soir pour agresser, insulter, violer, comme la racaille d’aujourd’hui. en 1957 je pouvait traversé la ville de St-Etienne à pied sans rencontrer une incivilité. Mais cette jeunesse des quatre coins du monde complètement perdue dans ce bordel islamique qu’est devenu la France, a comme référence les conseil d’Allah pour battre les femmes ou égorger les non croyants. C’est le dieu des incivilités inventé par des barbares, pour justifier leur bestialité. 1953 les musulmans nétaient pas arrogants, trop peu nombreux.

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