En France, on promeut l’arabe. En Algérie, les Arabes veulent exclure le tamazight et le français…

Publié le 15 octobre 2020 - par - 8 commentaires

Pendant qu’en France Gérald Darmanin souhaite renforcer l’apprentissage de l’arabe pour promouvoir « la laïcité et les valeurs républicaines », en Algérie, les Arabes souhaitent exclure le tamazight et évincer définitivement le français, « porteur de laïcité ».

Ainsi, pour le référendum sur la constitution prévu le 1er novembre, les partis islamistes et conservateurs sont vent debout contre la langue des Berbères (et celle des Français).

Pour résumer le tout d’une façon un peu provocatrice, les colons arabo-musulmans (du VIIe siècle à aujourd’hui) rejettent la langue du colonisé (les Berbères sont présents en Afrique du Nord depuis des milliers d’années) et celle de l’ancien colonisateur (1830-1962) tout en accusant ce dernier de « complot » anti-algérien.

Mais ne serait-ce pas un peu discriminant et xénophobe de la part des arabophones algériens ? Car, précise El Watan – et cela pourrait faire réfléchir la gauche arabo-islamophile française – « L’idéologie islamiste s’oppose globalement toujours à la diversité identitaire et culturelle »

Comme l’indiquait un commentateur du Point, il n’y a plus de Français ni de juifs en Algérie, alors il faut que les arabo-musulmans s’en prennent à ceux qui restent…

En tous cas, cet article du Point nous donne l’impression que la guerre d’Algérie, pour les politicards algériens, n’est toujours pas terminée et on apprend – tenez-vous bien – qu’il y aurait du racisme (anti-berbère et anti-français) en Algérie ! Ça alors !

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Bataille législative en perspective : islamistes et conservateurs s’attaquent aux amendements de la Constitution concernant notamment le tamazight.

[…] Le Mouvement de la société de la paix (MSP, tendance Frères musulmans) a appelé ses troupes à voter contre le projet de révision constitutionnelle.

Fin septembre, son président, Abderrazak Makri, a critiqué l’inscription de la langue amazighe comme principe intangible, [il a] même appelé à ne reconnaître le tamazight, langue nationale et officielle depuis 2018, que dans « son cadre arabo-islamique », une manière de réclamer une transcription en arabe de cette langue alors que le débat sur cette question n’est pas encore tranché en Algérie.

Les islamistes et les conservateurs algériens refusent la transcription en caractères latin ou berbère du tamazight.

Une autre aile de la mouvance islamiste, le Front de la justice et du développement (FJD, ou El Adala), a elle aussi appelé à rejeter le projet de réforme constitutionnelle « mettant en avant notamment le danger que fait encourir la reconnaissance d’une autre langue à l’unité nationale ».

Le président d’El Adala, Abdallah Djaballah, a même prétendu qu’aucun pays au monde n’a deux langues officielles !

« La même contre-vérité avait été opposée par l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, dans un discours prononcé à Constantine en 2005, à ceux qui réclamaient le statut de langue officielle pour le tamazight qui venait d’être promu deux ans plus tôt langue nationale », rappelle le site d’information TSA.

Haro sur le « courant laïque »

« Djaballah a considéré que la constitutionnalisation du tamazight est une manœuvre pour « casser la langue arabe » et rendre service à la langue française », selon des médias locaux. 

Un autre parti islamiste, El Binaa, a lui aussi fustigé l’article 4 consacré à la langue amazigh, son président, Abdelkader Bengrina, déclarant qu’« il n’y aura pas de deuxième langue en Algérie pour les raisons objectives et constitutionnelles […]. L’Algérie et la nation algérienne sont unes et unies avec son histoire, son destin, ses frontières, son drapeau, sa religion et sa langue, la langue du Coran »…

« Cette Constitution ne sert en vérité que le courant laïque éradicateur qui adopte la laïcité dans son acceptation française qui est pire que l’anglo-saxonne », fulmine-t-il lors d’une conférence début octobre à Skikda dans l’est du pays…

De son côté, la très conservatrice Association des oulémas algériens qualifie, quant à elle, des articles du projet de révision constitutionnelle de « bombes à retardement menaçant l’identité nationale et la place de l’islam », qui « n’a pas été considéré comme une source de législation »…

« L’Association des oulémas évoque également l’ambiguïté de l’article relatif à la liberté de culte ou encore la neutralité des institutions éducatives par rapport aux influences idéologiques qui, d’après la même source, va éloigner l’école de son identité », précise le quotidien El Watan.

« L’idéologie islamiste s’oppose globalement toujours à la diversité identitaire et culturelle », conclut El Watan

Un discours de la haine débridé

[…] « La différence aujourd’hui est certainement liée à l’apparition d’un certain discours raciste, prôné principalement par les partisans de ce qui est communément appelé la badissia novembria, qui espérait un retour en arrière par rapport à la question identitaire. 

Un discours décomplexé par l’attitude des autorités par rapport aux porteurs du drapeau amazigh lors des manifestations du hirak, mais aussi par l’inaction de la justice vis-à-vis de certaines personnalités connues qui n’ont cessé de développer des thèses racistes », analyse El Watan

https://www.lepoint.fr/afrique/algerie-quand-la-reforme-de-la-constitution-reveille-les-polemiques-identitaires-15-10-2020-2396592_3826.php

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En Algérie, on peut incarcérer les porteurs du drapeau amazight (Source : Tamurt)

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8 réponses à “En France, on promeut l’arabe. En Algérie, les Arabes veulent exclure le tamazight et le français…”

  1. Avatar corleone dit :

    Et Enricooooo , il en pense quoi de çà ??????
    Allez tous ces gens qui critiquent la France et les français ça vaut pas un pet de chameau .

  2. Avatar Samia dit :

    L’Algérie est un foutoir, c’est sa seule fonction !!!
    Pour moi, l’arabe et tout ce qui va avec, c’est de la m…en barre !

  3. Encore une preuve de l’évidence, l’islam est une idéologie totalitaire suprématiste qui n’a pas sa place en France. Les Français veulent-ils épouser le destin des Berbères ?
    Tout fidèle musulman a sa place dans u pays musulman ou se doit d’imposer sa religion dans un pays qui n’est pas musulman, par tous les moyens, comme c’est le cas actuellement, de par la crédulité ou la lâcheté de bon nombre de nos concitoyens et dirigeants Chacun chez soi est le seul moyen pour que Dieu de paix et d’amour soit pour tous.

  4. Avatar raymond Patureau dit :

    DEPUIS hollande et macron LA F RANCE EST
    DESCENDUE DE LA 2 IEME PLACE INTERNATIONALE A LA 25 IEME PLACE INTERNATIONALE, et c’est surement pas finie de la DESCENTE AUX ENFERS
    macron VEUT TUER LA FRANCE et la VENDRE AUX arabes

  5. Avatar zipo dit :

    Bref rien de neuf ,l’on veut dompter les irrésistibles gaulois!Mais la ils vont se casser les dents les prochaines élections le montreront ,les aéroports, nos barrages hydrauliques ,nos lacs,notre électricité la moins chère du monde dont le prix augmente pour se rapprocher des autres européens ,nos autoroutes tout y passe !
    Ces chacals bradent les bijoux de famille notre savoir faire et notre sueur !

  6. Avatar Dorylée dit :

    « …il n’y a plus de Français ni de juifs en Algérie, alors il faut que les arabo-musulmans s’en prennent à ceux qui restent… » Et lorsqu’il ne reste plus qu’eux, ils s’entretuent selon qu’ils sont sunnites, chiites, p’titebites, etc. Ces gens la ne se plaisent que dans l’ordure et le sang…

  7. Avatar Aardvark dit :

    Merci à vous, @Samia, et surtout à vous, @ Dorylée, pour vos évocations des divers courants de l’iSSlam. J’ai beaucoup apprécié votre évocation des  » p’titebites », je pense la même chose que vous, alors merci, et… bravo de le dire sur ce site, qui est et reste d’une importance déterminante pour moi. Mais, si je ne me trompe, « chiite », en Anglais phonétique, ça recouvre une dimension, disons, scatologique, non ? Et c’est tout ce que j’en pense…

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