Trump président impulsif, incendiaire… mais souvent efficace ?

Malgré les critiques qui lui sont régulièrement adressées, le président américain Donald Trump conserve un socle de soutiens important aux Etats-Unis et l’élection présidentielle est loin d’être jouée d’avance.

Atlantico : À l’approche de l’élection présidentielle américaine, le bilan de Donald Trump est-il aussi catastrophique que ses opposants démocrates et ses détracteurs européens le décrivent ?

André Kaspi : Je pense qu’il faut apporter de la nuance aux portraits caricaturaux dressés de Donald Trump, en particulier en Europe. Sur le plan international, le président américain s’inscrit dans suite directe du mouvement de pivot initié par Obama vers le Pacifique, en intensifiant le désengagement américain au Moyen-Orient mais aussi en Europe, symbolisé par le retrait de troupes et le désintérêt profond pour les causes de ses alliés européens.

L’accord de paix sur le point d’être signé entre les Emirats Arabes Unis et Israël va dans le sens du désengagement des États-Unis au Moyen-Orient en laissant leurs alliés régionaux historiques livrer la guerre initiée contre l’Iran à leur place.

Au niveau économique, Donald Trump tient un bilan plutôt positif. Malgré des relations tendues avec la Chine, nombre de grandes entreprises américaines, comme Tesla ou Apple, continuent d’y étendre leur influence. Donald Trump a simplement décidé que face à un adversaire aux intentions aussi impérialiste que la Chine, il ne pouvait qu’être extrêmement ferme dans les négociations pour défendre les intérêts américains.

Sur le plan intérieur, malgré la pandémie, le taux de chômage américain (11%) pourrait redescendre rapidement grâce à une économie qui ne s’est jamais réellement arrêtée. C’est un point dont il pourra tirer avantage aux prochaines élections.

Il a souvent été reproché à Donald Trump, par ses frasques médiatiques et ses interventions brutales, de jeter de l’huile sur le feu, en particulier lors du mouvement Black Lives Matter. Partagez-vous ce sentiment ?

Jeter de l’huile sur le feu, c’est le style de Donald Trump. C’est un négociateur brutal et farouche. Pour autant, il n’est que le reflet des fractures profondes de la société américaine. Dès son arrivée au pouvoir, les grands journaux américains tendance démocrate n’ont eu de cesse de le démolir : j’en prends pour exemple la lettre de démission de Bari Weiss du New York Times, extrêmement révélatrice de l’idéologie d’une certaine presse américaine. Aux États-Unis, vous êtes pour ou contre Donald Trump. Et ce depuis le début. Son bilan n’y changera rien.

Le mouvement Black Lives Matter pourrait même jouer en sa faveur. Les débordements extrêmement violents qui ont eu lieu dans certaines villes des États-Unis comme Portland ont donné envie aux Américains d’un retour à la paix sociale. Et Trump en est paradoxalement le seul représentant et l’unique défenseur aux yeux de nombreux Américains.

La nomination de Kamala Harris en tant que candidate à la vice-présidence pour les Démocrates va-t-elle faire pencher la balance électorale en leur faveur au détriment de Donald Trump ?

Je ne le pense pas. Kamala Harris n’est pas une représentante de la classe travailleuse noire américaine. Elle est fille d’universitaires immigrés aux États-Unis, qui ont tiré avantage du système de discrimination positive des facultés américaines pour gravir les échelons sociaux. De plus, la population noire américaine a déjà une tendance forte à voter pour les Démocrates. Sa nomination en tant que colistière de Joe Biden ne changera donc pas grand chose au résultat final.

En revanche, le vote par correspondance, possible jusqu’à 26 jours avant le jour J dans certains États, pourrait fortement désavantager les Républicains qui n’ont pas réussi jusqu’à présent à marquer l’opinion. Une fois de plus, les indécis seront les faiseurs de roi, la plupart des Américains ayant déjà choisi leur camp.

André Kaspi

André Kaspi, est agrégé d’histoire, spécialiste de l’histoire des États-Unis. Il a été professeur d’histoire de l’Amérique du Nord à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et directeur du Centre de recherches d’histoire nord-américaine (CRHNA). Il a présidé notamment le comité pour l’histoire du CNRS.

https://www.atlantico.fr/decryptage/3591749/trump-president-impulsif-incendiaire–mais-souvent-efficace–andre-kaspi

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8 Commentaires

  1. VIVE TRUMP
    QU IL SOIT REELU C EST LA MEILLEURE DES CHOSES POUR LE MONDE

  2. Belle analyse Anne Marie! J’aime les gens qui ne s’en laissent pas conter!!

  3. En effet, Jean d’Aulon, quand on voit comment ils mentent sur la réalité que nous vivons, je ne vois pas comment on peut leur faire confiance sur d’autres sujets. Les medias ne sont plus que des toutous à leur patron milliardaire, y compris les plus galonnés, les directeurs d’institut Machin, nommés par qui d’ailleurs ? On vous le donne en mille : par l’exécutif qui tire les ficelles des intermédiaires variés et avariés. On a jamais baigné dans un tel marécage. Quand chaque soir je constate l’indigence de nos JT qui nous parlent comme à des enfants demeurés, j’ai honte de notre pays et de ce que nous sommes devenus pour être traités ainsi. Trump « impulsif » ? Ca veut dire quoi quand comme lui on est devenu milliardaire et que l’on a été élu à un poste très convoité et au surplus contre la quasi unanimité des medias des intellos etc ? Depuis le temps que la meute s’acharne sur lui, s’il était si impulsif, il serait devenu fou au lieu de continuer son action imperturbablement. Notre président si rationnel à en croire notre Kaspi lui accusait le coup au point d’augmenter la couche de fond de teint au temps des GJ… lesquels étaient paisibles en comparaison des BLM qualifiés de pacifistes par le même type d’expert que Kaspi. Quelle rigolade ces experts vendus dont le cerveau ne leur appartient plus mais se vend comme les bras des prolétaires au Capital ou aux exécutifs. Ces intellos ne sont que des ventres sur pattes sans dignité. Qu’est-ce qui motive un Trump à supporter tout ce qu’il supporte au lieu d’aller dans le sens du courant général et de donner dans le bien pensant à plein tube comme son prédécesseur encensé ? L’homme serait donc maso, lui qui est qualifié d’être narcissique à l’extrême – ce qui n’est pas faux ? On est vraiment pris pour des abrutis par ces pseudos experts de caniveau.

  4. Il n’y a strictement aucune objectivité à attendre des médias français concernant Trump puisqu’ils reprennent servilement la propagande des médias américains à 90% gauchistes. Pour une véritable information sur la portée de son action, sur son apport énorme au camp occidental et sur les enjeux vitaux de l’élection de novembre, voir les articles de Guy Millière sur le site Dreuz.

  5. en tout cas, il fait la pige à Macron, il est bien plus respecté que cet enfoiré de président.

  6. Trump est là pour faire tomber l’état profond démocrate et républicain, il le fera jusqu’au péril de sa vie car il sait qu’il n’y aura pas d’autre opportunités s’il échoue cette année 2020.🇺🇲
    📯⚔️🇫🇷

  7. j’aime bien Trump par l’image qu’il renvoie ! C’est pour certains une provocation personnifiée!
    Comme beaucoup des noirs américains ont voulu Obama par le symbole même que son élection représentait au delà même du programme politique du personnage, dont souvent ils n’avaient pas idée, c’est le noir qu’ils ont élu. Moi , j’aime aussi Trump parce que c’est un pied de nez personnifié à tous ceux qui font du racialisme leur fond de commerce.
    Non mais le gars , il est blanc , blond , riche et provocateur envers ces ennemis . Il a pas le droit le gars !C’est pas possible !Une caricature de ce que la bien pensance déteste et qui procura chez ceux qui pleuraient à son élection les défauts dont ils affublaient leurs adversaires: intolérance et racisme en l’occurrence anti blanc parce que c’est ça qui les a rendu fous . C’est cette trop grande blanchiture de Trump. Et rien que pour ça , voir leur mine déconfite et la façon dont ils se font prendre à défaut et à contrepied de leurs propres spécialités qui est l’antiracisme , c’est jouissif!
    Ils sont où les intolérants!
    Autre contrepied aux gauchos de tout poil , il est social celui là, c’est que le riche homme d’affaire se pose en défenseur des laissés pour compte du mondialisme .Là où les autres regardaient ailleurs pour ne pas voir ce qui se passaient dans leur propres Etats. Et ce n’est pas la Californie ultra démocrate qui démentira ce jugement.
    La leçon de tout cela est qu’il ne faut pas juger les gens sur leur particularisme physique ou leurs manies mais bien sur le programme et la politique qu’ils proposent et cela va complètement à l’inverse de la tendance actuelle qui est de privilégier l’image au détriment des politiques défendues . Nous les Français soit disant les plus intelligeant de la terre sommes tombés dans ce piège qui a été de voter pour un gars qui avait l’allure d’un jeune cadre dynamique en lieu et place d’une femme incarnant plutôt la mère de famille . On a l’impression que des gens pourtant sages et expérimentés tombent dans les travers de jeunisme ridicule, ce n’est pas pour rien que Marion Maréchal est tant plébiscitée y compris parfois par des gens qui sont dans l’autre camps ,en dehors de ses qualités propres , on ne me fera pas croire que son physique n’y est pour rien

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