Je passais dans le coin, j’ai vu de la lumière… Inoubliable rencontre avec Régis Guillem, ancien de l’OAS !


Je passais dans le coin, j’ai vu de la lumière… Inoubliable rencontre avec Régis Guillem, ancien de l’OAS  !

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Merci à Paco de nous avoir fait partager, avec sa plume inimitable et son ressenti de poète une pareille rencontre, de pareils moments. On est tous jaloux de ne pas avoir pu être là, mais on lui est reconnaissants de ce  récit. Oui, les adhérents et autres contributeurs de Résistance républicaine ont bien des atomes crochus, bien des besoins et envies de partager, d’échanger, de se faire chaud au cœur. La Résistance, déjà, en 40, c’était, aussi, une histoire d’amitié. Merci amis précieux.

Christine Tasin

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J’ai vu de la lumière…

« ...Dans cette situation, s’il n’y a pas entre eux et nous des relations non seulement bonnes, mais chaleureuses, vraiment amicales et en quelque sorte intimes, c’est quelque chose d’intolérable et qui doit cesser. Partout où des relations humaines ne sont pas ce qu’elles doivent être, il y a généralement faute des deux côtés. Mais il est toujours bien plus utile de songer à ses propres fautes, pour y mettre fin, qu’à celles de l’autre…

…Les sentiments personnels jouent dans les grands événements du monde un rôle qu’on ne discerne jamais dans toute son étendue. Le fait qu’il y a ou qu’il n’y a pas d’amitié entre deux hommes, entre deux milieux humains, peut dans certains cas être décisif pour la destinée du genre humain… »

(Lors de la dernière guerre, s’adressant au lecteur, à propos des relations anglo-françaises.)

Simone Weil. L’Enracinement. Pages 261. 262.

 

Je passais dans le coin, j’ai vu de la lumière… Même si la réalité ne s’apparente pas au titre, j’ai du plaisir à la dépeindre ainsi.

Je venais juste de passer le panneau marquant l’entrée dans la ville. Une vision m’a laissé abasourdi ! En tenue complète, des pieds à la tête, le visage à découvert forcé, parce que l’impose encore la loi, une pratiquante de la secte d’amour et de joie de vivre… Las, plus loin, une autre, puis une autre… J’avais dès lors, tout frais cueilli, l’un des premiers sujets que nous ne manquerions pas de déguster, une fois accueilli dans la belle maison de mes hôtes. Je n’avais fait que traverser une grande partie de la ville, par un boulevard, d’allure principale, pour gagner le point de rendez vous convenu. Et c’est sur cet axe, que je fis ce compte de bâchées… Ce sujet là se trouva être le verrou ouvrant sur toutes les questions, auxquelles, nous attachions tous deux une grande importance. Et je découvris, dans l’envolée, que l’épouse de notre ami, ne se trouva jamais en reste. Ce qui donna, singulièrement très vite, une atmosphère, un climat, une ambiance, en voie de basculer dans la complicité, la simplicité et la confiance.

Régis et son épouse. Un couple de longue date. Un long chemin parcouru ensemble, si j’en crois certains propos échangés. J’aime les rencontres avec des gens qui s’entendent parce qu’ils s’écoutent ! Quand bien même ils ne seraient pas d’accord.

Nous avions, Régis et moi, déjà un petit peu échangé avant cette rencontre, sur des sujets divers, mais toujours de manière virtuelle. Ce qui est déjà beaucoup. On en voit qui se parlent, tout en continuant à n’avoir rien à se dire… Et tous ces grands esprits échangeant leurs petites idées, parlant d’action sur le parking des mots…

Je ne supporte plus les alcools forts, Mais Régis a tiré de son ordinaire un whisky de tourbe. Un truc qui vaut une blende ! Je me suis mis à pencher. Non, non, juste le fond ! Bordel, je vais passer aux aveux ! Le peu de jardin secret qu’il me reste est livré à la rigolade ! La carrière d’agent secret m’est interdite. Quand j’ai un coup dans le pif, je raconte ma vie ! Heureusement j’ai un foutoir de souvenirs. Quelques-uns bougent encore et toujours…

Nous voilà partis sur quelques huîtres en présentoir. Avant les encornets farcis, riz à l’encre de sèche. Top chef, le cinéma en moins. Je suis attablé avec deux personnes qui n’ont certainement jamais rencontré un artiste de mon acabit. L’Amour, l’amitié, tout y passe, j’ai sorti mes couverts en argent. J’ouvre les vannes ! Peur de rien. Avec mes deux interlocuteurs, nous faisons le tour de sujets, dont la plupart nous préoccupent en commun. Grand moment. Régis nous raconte sa version de sa petite fille, que je sens surdouée, porteuse d’énergie et d’espoir. C’est un moment qui pétille de grâce !

Mais peu de temps s’écoule, avant que nous ne retombions, d’un commun accord, dans la nasse fermée du réel ! C’est la merde ! Tout ce que nous dégoisons la dessus ! Les briques d’un cachot muré, sombre et terrifiant. Mais réel. Putain, le monde dans lequel Marie-Pierre s’éloigne pour aller faire couler les cafés ! Je ne bois jamais de café, pas plus que de whisky ! Mais là, c’est comme à la messe, je me sens en phase, je communie.

Régis, c’est le gars auquel je confie mes biens sans pensées parasites. Mais pas seulement. J’ai trouvé un homme avec lequel partager le sens et l’honneur de la parole engagée. Excusez du peu ! A l’heure où promettre et tenir sont séparés par le triomphe de l’avidité…

Ce gars là a un passé social et militaire et professionnel et personnel, long comme le bras. Et il y tient. Avec force. Ce que je conçois et respecte mais partage peu. Moi j’étais vagabond volontaire, pendant que lui grimpait les barreaux de l’échelle. Son nom s’affichait ici ou là et sa capacité de meneur, fait maintenant face au déclin inévitable, la boue collante que charrie l’âge, les vieilles années. Que ça plaise ou non ! Bien qu’il soit encore très remuant à son âge !

Je me suis évertué, de mon côté, par le passé, à trouver du sens à des formules toutes faites telles que le lâcher-prise… J’ai fini par abandonner pour me laisser faire par plus fort que moi. La Vie ! Bref, voilà deux gus que rien ne semble pouvoir lier. C’est sans compter sur la capacité du besoin de sympathie, d’empathie, de camaraderie, d’amitié, que nous avons tous chevillé à l’âme. La dessus, les idéaux peuvent prendre racine. L’envie de justice peut alors trouver sa place.

J’évoquai, à un moment donné, l’existence de ces généraux prenant le micro, prenant l’antenne et dont l’action consistait à parler, disserter, commenter, prétendre… Là-dessus, mon hôte est direct, catégorique. De ces gens là, respect inclus, il pense que ce sont juste des baratineurs. Et qu’il attend d’eux des engagements sous forme de directives, d’organisation, de mise en œuvre. Bien d’accord là-dessus !

En un peu plus de trois heures, il nous a été possible d’échanger sur bon nombre de sujets cruciaux. Pour moi, l’affaire est entendue. Régis est fiable, autant que je le sentais. Je ne le suivrais pas sur toutes les pentes qu’il souhaite dévaler, mais de cela aussi, je suis sûr que l’on pourra parler.

Je m’attendais à une rencontre. Bel et bien, c’en est une ! Qui sera suivie de retrouvailles. Je ne pense pas que Régis et sa charmante épouse, Marie Pierre, puissent lancer à la légère, au moment des séparations : « Tu viens quand tu veux !« 

PACO 02/07/2020.

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Paco

C'est jamais que des mots tournés en écheveaux, des embrouillaminis parcourant le cerveau ! Mais c'est vrai ça vaut pas tripette, ces mots tirés à l'escopette, ce n'est pas du Verlaine et pas du Marivaux... PACO 2016.


14 thoughts on “Je passais dans le coin, j’ai vu de la lumière… Inoubliable rencontre avec Régis Guillem, ancien de l’OAS !

    1. PacoPaco Post author

      Merci. Même si c’est pour moi que j’écris, c’est toujours un peu « à côté de vous » !

  1. Jules FerryJules Ferry

    Mieux vaut être copain avec Paco, le « tueur » en série de RR : il manie une redoutable machine à plier les trombines qui leur donne l’air d’un plastique passé au micro-ondes. Et après on ne regarde plus les tronches de ces clowns comme avant.
    On voit que Régis ne craint rien, il est du bon côté !

    1. PacoPaco Post author

      J’utilise pour ce faire un logiciel grand public gratos ! Et je me régale à peu près à 100%

  2. ConanConan

    Heureux d’avoir des nouvelles, en direct, de deux RRistes dont on apprécie la verve, alliée au vécu de baroudeur de l’ami Régis… Mais, suis surpris : on déguste encore des pousse en claire en ce moment ? Ah mais c’est vrai qu’en bord de mer on peut en manger en toutes saisons …
    Ainsi qu’évoqué, les généraux qui épousent nos vues ont surtout des talents de littérateurs. La grande « zohra » aura sans doute fait des émules …
    Mais ne désespérons pas, un évènement tel que, par exemple, le rapt du couple présidentiel, par des bachi-bouzouks spécialisés en doigt d’honneur, pourrait susciter enfin une réaction vigoureuse de notre nouveau rantanplan de l’Intérieur??… f
    Les menaces vociférées par les meutes d’allocgènes seraient enfin prises au sérieux ???!!!….
    On peut rêver …

  3. AvatarTchicTchic

    J’attendais quelques anecdotes du passé, par ex avec « le monocle »ami de mon père, que j’ai eu l’honneur de connaître malgré mon jeune âge à l’époque.
    Des hommes d’une loyauté d’une détermination et d’un sens de l’honneur incroyables. Avec au cœur un indéfectible amour de la France millénaire, pas celle du charlot de l’époque..
    Bref une légion qui nous fait cruellement défaut dans ces années noires….

  4. MoktarMoktar

    Bel article et bel hommage à l’individu dont il est question. Cela étant l’une des grandes caractéristiques morales des Français d’outre-méditerranée est l’accueil. Sans doute ce mélange de communautés diverses confrontées pendant des décennies aux problèmes liés à l’installation dans un pays nouveau. C’est la solidarité qui prime sur tout le reste.
    Il eut été intéressant de donner cette marque de Vice qui.
    Quant aux huitres cher Conan pas plus tard que ce midi nous nous sommes « farcis » quelques douzaines de n°1. C’est un délice. En Charentes Maritimes on en déguste toute l’année.
    Pour conclure Paco nous a démontré qu’il avait une plume capable d’aller au-delà de quelques lignes. Bravo

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