Di Maio jette le gant et quitte la Présidence du Mouvement Cinq Etoiles ? Tant mieux c’est bon pour Salvini


Di Maio jette le gant et quitte la Présidence du Mouvement Cinq Etoiles ? Tant mieux c’est bon pour Salvini

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Rien ne va plus au Mouvement Cinq étoiles qui a perdu son chef, démissionnaire  (il démissionne aussi de son rôle de coordinateur des ministres 5 Etoiles). Di Maio conserve néanmoins son poste de Ministre des Affaires Etrangères…

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Et il démissionne peu avant les régionales en Emilie-Romagne qui auront lieu dimanche prochain, très importantes, puisque la gauche y est au pouvoir depuis 50 ans et que la région pourrait bien tomber dans l’escarcelle de Salvini fragilisant ainsi quelque peu l’alliance de la carpe et du  lapin  actuellement au gouvernement. Gouvernement et M5s tétanisés par la peur d’élections anticipées… qui verraient sans doute revenir Salvini dans le jeu et grand gagnant.

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Di Maio ne dit rien de tout cela, il  prétend que sa démission vise à ancrer plus que jamais le M5S dans le pays et qu’il travaille depuis des mois à le transformer en véritable parti, avec des représentants partout.  Il reconnaît néanmoins que le M5S est ingouvernable car il rassemble lui aussi carpes et lapins, des gens qui, déçus des politiques traditionnels, sont venus là avec leurs aspirations, leurs idées, variées et souvent antagonistes, forcément.  Di Maio signale au passage qu’il y a dans son mouvement, comme partout, des ambitieux qui ne sont pas là pour le parti et encore moins pour le pays mais pour… leur gueule. Aucune raison que le M5S soit différent des autres partis…

Il faut dire que Di Maio ne fait pas (plus ?) l’unanimité dans son parti…  Il  n’est pas à l’aise avec les Démocrates (centre gauche) avec qui il gouverne, il le dit, il essaie de les tempérer… et cela ne plaît pas aux siens qui craignent ainsi des législatives anticipées qui leur feraient perdre le pouvoir… Il a ainsi refusé de s’allier avec ces fameux Démocrates pour les régionales en Emilie-Sardaigne, région contrôlée depuis 50 ans par la gauche qui pourrai donc, grâce à la division de la gauche induite par Di Maio, tomber dans l’escarcelle de Salvini… 

Chez Di Maio rien ne va plus, et on ne parlera pas de la fronde des parlementaires M5s… 31 d’entre eux ont quitté le M5s pour rejoindre d’autres groupes, les uns pour n’avoir pas obtenu de poste, les autres à cause des changements d’alliance du M5s lors du départ de Salvini, ceux qui considèrent que les 2300 euros mensuels qu’ils devaient verser au M5s c’était du vol…

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Pendant ce temps, Salvini fait une campagne « tonitruante  » selon le journaliste du Parisien en Emilie-Romagne :

 

Quand Matteo Salvini mène campagne pour les élections régionales en Emilie-Romagne, il le fait à sa manière. Tonitruante et musclée. Mardi soir, accompagné de policiers assurant sa protection, l’ex-ministre de l’Intérieur italien a débarqué au Pilastro, une banlieue populaire de Bologne, et sonné à l’interphone d’une maison. « Excusez-moi, on me dit que c’est de chez vous que part le trafic de drogue dans la cité, c’est vrai ou c’est une erreur? » balance cash, sous l’œil des caméras qui l’entourent, le leader de la Lega (la Ligue, extrême droite).

C’est une septuagénaire habitante du quartier, marquée par un drame familial lié à la drogue, qui a passé le tuyau sur les présumés dealers à l’ancien homme fort du gouvernement, ravi de rejouer son rôle favori de shérif. Ce soir-là, il n’arrêtera personne, devra tourner casaque sous les huées de jeunes beuglant « Salvini vaffa… » (Salvini va te faire…) et les chœurs des plus âgés chantant « Bella ciao », l’hymne des antifascistes dans cette campagne sous haute tension.

 

C’est que le scrutin du dimanche 26 janvier a beau être local – la Calabre aussi votera –, il fait figure de test national. A Rome, la coalition au pouvoir entre le Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste de gauche) moribond et le Parti démocrate (PD, centre gauche) ultraminoritaire en voix dans le pays, paraît des plus fragiles.

S’il l’emporte dans le fief historique de gauche d’Emilie-Romagne, ce qui serait un séisme politique, Matteo Salvini, qui a déjà empoché plusieurs régions, ira voir le Premier ministre Giuseppe Conte au Palais Chigi – Matignon romain – pour lui remettre, dit-il, un « avis d’expulsion ». Et exiger la tenue d’élections législatives anticipées.

Le chef d’extrême droite n’a pas digéré son éviction du gouvernement l’été dernier, due à sa propre erreur grossière de tactique politicienne et à un retournement d’alliance du M5S au profit du PD, l’ancien parti de Matteo Renzi – le « Macron » italien.

Mais la partie s’annonce serrée, les derniers sondages (interdits depuis mi-janvier) donnant le président sortant PD Stefano Bonaccini et la sénatrice de la Ligue Lucia Borgonzoni, sa rivale, au coude-à-coude. « Salvini prétend qu’il veut libérer l’Emilie du joug de la gauche ! Qu’il fasse attention avec ce mot de libération : ici, c’est une terre baignée du sang des résistants au fascisme de Mussolini », s’offusque Giorgio, 61 ans, agent de prévention sanitaire à la retraite, « militant de gauche mais non radical ».

La région est l’une des plus riches de la péninsule, avec sa « motor-valley » berceau de prestigieux constructeurs automobiles ( Ferrari, Lamborghini…), ses prospères PME familiales, sa politique locale généreuse de santé publique, sa promotion des écoles de la petite enfance dans un pays où tout repose souvent sur « la mamma » à la maison…

« Il y a un orgueil régional, on est un modèle pour l’Europe, pourquoi changer une équipe qui gagne ? » demande Fausta, 28 ans, employée de banque. « Alors Salvini et sa marionnette Lucia, qu’il ne laisse même pas parler par crainte de ses gaffes (NDLR : elle a vanté « la région des deux mers », alors que l’Emilie n’en borde qu’une, l’Adriatique), jouent sur les peurs : peur des migrants, peur de l’insécurité, de tout ce qui est différent », dénonce Fausta, appelant au « réveil » ses concitoyens coutumiers de l’abstentionnisme électoral.

http://www.leparisien.fr/politique/elections-regionales-en-italie-comment-salvini-veut-prendre-a-la-gauche-son-bastion-23-01-2020-8242764.php

 

 

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Christine Tasin

Présidente de Résistance républicaine ; professeur agrégé de lettres classiques.


2 thoughts on “Di Maio jette le gant et quitte la Présidence du Mouvement Cinq Etoiles ? Tant mieux c’est bon pour Salvini

  1. AvatarHellen

    En fait il nous faudrait un Salvini bis en France…
    Nous avons Marine Le Pen, mais je ne pense pas qu’elle serait capable d’aller aussi loin que Salvini…
    Les Italilens sont un peu comme les Français, ils ont besoin de quelqu’un qui leur montre la voie à suivre et ce quelqu’un comme Salvini, est ce qu’il leur faut à nos amis Italiens, car de cette façon, ils se sentent épauler par Salvini…
    C’est dommage qu’en France, nous n’ayons pas quelqu’un de la même trempe…
    Marine Le Pen est une femme, vous me direz que certaines femmes comme, par exemple Margaret Thatcher… , ont de la poigne…
    En France, on a tendance a trop palabrer et à ne pas passer à l’essentiel…
    Quant à Marine Le Pen, il faudrait déjà que les Français peureux, osent la propulser… je me demande s’ils le feront un jour…!!!!

    En attendant, les Italiens avancent, pas très vite, mais beaucoup plus vite que les Français…
    « Di Maio jette le gant, et c’est tant mieux pour Salvini et tous les Italiens qui veulent avancer…!!!!

    A quand pour nous les Français???

  2. AvatarRinocero

    Un article absolument pas objectif du parisien. Que des témoignages hostiles à Salvini ! Reste qu’il est vrai que Salvini doit tirer les leçons de ce qui a été effectivement une erreur : avoir provoquér une crise gouvernementale avec l’espoir qu’elle débouche sur des élections législatives a été effectivement un mauvais calcul. En outre pour sauver l’essentiel, sa politique courageuse en matière de luttre contre l’immigration, il aurait mieux valu qu’il passe un compromis avec le Mouvement 5 étoiles opposer à la liaison ferroviaire Lyon-Turin. Après tout la réalisation de ce projet n’était pas essentiel pour la société italienne. Autre erreur, certes uniquement symbolique : saluer la foule à Rome depuis le balcon d’un palais où Mussolini avait l’habitude d’haranguer la foule. Bien évidement ses adversaires en, ont profiter pour le traiter de fasciste.

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