La Ville de Provins(77) au chevet des rosiers irakiens détruits par Daesh


La Ville de Provins(77) au chevet des rosiers irakiens détruits par Daesh

Invité spécial de Résistance républicaine : THIBAUT IV DE CHAMPAGNE (1201-1253).

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Point d’histoire à l’eau de rose ici mais plutôt l’évocation de notre histoire de France à travers une belle aventure, un beau projet au caractère tout aussi symbolique qu’économique.

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La Ville de Provins (77) et l’archevêque de Mossoul ont signé une lettre d’intention afin de replanter des rosiers dans la plaine de Ninive, frappée par les terroristes de Daesh.

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En  septembre 2019, à l’occasion des 901 ans de l’abbaye de Preuilly à Égligny, Olivier Lavenka, maire de Provins, et Mgr Najeeb Michaeel, archevêque de la ville irakienne de Mossoul, ont signé une lettre d’intention portant sur un projet de replantation de pieds de rosiers dans la plaine de Ninive.

Cette région, située au nord de l’Irak, est habitée par une importante communauté de chrétiens d’Orient et de Yézidis, durement persécutés par le groupe terroriste Daesh en 2014-2015.

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Ils ont été victimes d’exactions, d’esclavage, de viols, liste le premier édile de la cité médiévale.

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Mais ce drame a aussi eu des conséquences économiques concrètes sur une partie de la plaine de Ninive, notamment sur la commune de Karamlech, dans laquelle il y a une culture ancestrale de la Rosa gallica, celle qui est cultivée à Provins.

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Créer de la valeur sur le territoire.

Ramenée à Provins – selon la légende – en 1240 par Thibaut IV de Champagne à son retour de Croisade, la Gallica constitue la rose souche des roses européennes contemporaines. Elle est notamment connue pour ses propriétés médicinales et alimentaires.

« L’enjeu, c’est de replanter et de monter un projet à vocation économique pour créer de la valeur sur le territoire, précise Olivier Lavenka. Voire, le cas échéant, quand les rosiers seront replantés, pouvoir les cultiver et les récolter afin d’en faire des produits dérivés. »

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Dans cette optique, la Roseraie de Provins sera associée au projet.

Elle apportera son expertise sur la partie replantation, mais aussi développement.

L’idée c’est de faire revivre cette fleur historique dans une région du monde qui cultive la rose depuis des siècles, confie Bruno Clergeot, le propriétaire des lieux. Il y a eu la Gallica, connue depuis l’antiquité, mais aussi la Damascena, plus fournie en pétales et en matière et utilisée dans la cuisine et dans l’industrie du parfum. »

La structure provinoise, créée en 2008, pourrait ainsi octroyer des plants de roses et aider sur place à la formation et à la transformation de la rose.

Source.

 

Thibaut de Champagne et les « roses de l’Orient ».

Thibaut de Champagne, né le 30 mai 1201 à Troyes, mort le 14 juillet 1253 à Pampelune, fut comte de Champagne de 1201 à 1253 (sous le nom de Thibaut IV), et roi de Navarre de 1234 à 1253 (sous le nom de Thibaut Ier). Il porta les surnoms de Thibaut le Posthume puis de Thibaut le Chansonnier (il fut un grand poète courtois du XIIIe siècle).

Thibaut IV devient roi de Navarre (1234-1253). Thibaut V (1253-1270) en mourant ne laisse qu’une fille, Jeanne (1274-1305), qui épouse le futur Philippe IV le Bel. La Champagne est définitivement rattachée au royaume en 1361.

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D’après Alexandre Assier, auteur de Légendes, curiosités et traditions de la Champagne et de la Brie (1860), plusieurs historiens ont attribué à Thibaut IV de Champagne, né à Troyes en 1201, l’introduction des « roses de l’Orient » sur le sol provinois. C’était en 1240 et le comte revenait de croisade – en l’occurrence de Damas. On dit alors que le rosier était «  dans son heaume  ».

Il aurait fait d’importantes plantations d’une rose d’une excellente qualité aux environs immédiats de Provins.

Couleur purpurine

« Elle conservait son odeur même détachée de sa tige », indique Alexandre Assier.

Et dès le Moyen-Âge, « les marchands débitaient des conserves de roses. »

Rois et archevêques ne les dédaignèrent point, car ces produits « rendaient dit-on l’éclat de la santé et donnaient de nouveaux attraits ».

 

La rose médicinale : conserves de roses de Provins.

Avec les roses de Provins, on faisait de nombreux produits utilisés comme remèdes. La recette est donnée par deux médecins, Charles Estienne et Jean Liebault en 1583. Elle consistait à distiller de l’eau de roses de Provins avec des roses blanches dans des récipients de verre et non de plomb afin de garder l’odeur et la saveur des fleurs.

L’infusion, aussi appelé sirop de roses, avait la réputation de guérir certains maux de ventre, et d’être utile aux fièvres tierces, à la jaunisse, à désopiler le foie et à la palpitation du cœur.

L’onglet des pétales, en décoction, était utilisé dans le but d’arrêter toutes sortes de flux, tout comme le gobelet, la graine et la laine contenues dans le bouton à rosé, comme ce bouton séché et réduit en poudre, pris dans du vin vermeil austère (qui est un gros vin rouge âpre et vieux).

Les provinois en faisaient un médicament connu sous le nom de conserve liquide et une conserve sèche, plus fantaisiste que médicinale. On vendit longtemps roses sèches et conserves aux grandes foires de Champagne et de Brie d’où elles passaient dans tout le royaume de France, à l’étranger jusqu’en Orient.

Cadeaux aux célébrités.

On fabriquait également des sachets et des coussins de roses sèches qu’on offrait, dès 1310, aux personnes importantes qui passaient à Provins. C’est ainsi que Charles VII, Jeanne d’Arc, François Ier, Henri II, Catherine de Médicis les reçurent comme présents.

Louis XIV, lors de ses quatre passages, eut droit aux roses et aux conserves de Provins et lors de sa dernière visite, en 1681, on lui remit 24 livres de conserves de roses.

En 1725, la princesse Marie Leszczyńska eut droit aux mêmes présents.

Napoléon Ier, selon une anecdote locale, reçut en plus des bonbons à la rose. La jeune fille qui les lui présenta, lui aurait dit : Toi que la fortune comble de tous ses dons Enfant gâté de la victoire, Amuse-toi, ici, de ces quelques bonbons Pour te délasser de la gloire.

Le 21 septembre 1828, Charles X, fut reçu par la ville de Provins, et douze jeunes filles lui remirent également des conserves de roses.

 

 

La Roseraie de Provins

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Aujourd’hui, la rose légendaire n’a pas disparu. On peut la voir à la Roseraie de Provins… mais uniquement en juin. En effet, elle ne fleurit qu’une fois l’an. Mais pendant l’été, ce site labellisé « Jardin remarquable » ne manque pas d’intérêt.

https://www.provins.net/decouvrir-visiter/nature-ames-de-jardin/la-roseraie-de-provins/

Dans un écrin de verdure, surplombé par les monuments de la vieille ville, la Roseraie de Provins.

La visite permet d’apprendre  l’histoire de la Rose à travers plus de 450 variétés de rosiers mises en scène par thème dans un jardin de 3,5 hectares.

 

 

Denier ou Provinois en argent

Diamètre : 19,5 mm, poids : 1,05 g.

AVERS

Titulature avers : + TEBAY COMES.

Description avers : Croix cantonnée au 1 d’un oméga, aux 2 et 3 d’un croissant, au 4 d’un alpha.

Traduction avers : (Thibaut comte).

REVERS

Titulature revers : CASTRI PRVVINS, (LÉGENDE COMMENÇANT À 9 HEURES).

Description revers : Peigne surmonté de trois tours crénelées.

Traduction revers : (Château de Provins).

 

Poésie et chansons de Thibaut. Chant de croisade

Seigneurs, sachiez: qui or ne s’en ira

En cele terre ou Deus fu morz et vis

Et qui la croiz d’Outremer ne prendra,

A paines mès ira en Paradis.

Qui a en soi pitié ne remenbrance,

Au haut Seigneur doit querre sa venjance

Et delivrer sa terre et son pais.

 

Emission audio de France Culture. En 1989, Claude Mettra recevait sur France Culture, le médiéviste et romaniste Jean Dufournet dans le cadre de l’émission « Une vie, une œuvre » dédiée tout entière à Thibaut IV de Champagne, roi de Navarre et grand poète courtois du XIIIe siècle.

 

 

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Jules Ferry

n’est pas prêt à renoncer à son mode de vie occidental. En un mot ou avec un dessin, Jules Ferry dit NON à ceux qui veulent reléguer les femmes au foyer, couvrir leur tête, rallonger leurs jupes, jeter les homosexuels du haut des tours, interdire l’alcool, limiter la liberté d’expression, bannir les caricatures religieuses, censurer les livres, codifier la tolérance…


5 thoughts on “La Ville de Provins(77) au chevet des rosiers irakiens détruits par Daesh

  1. AvatarRajkoumar

    Pourquoi toujours cette appellation : Daesh ?
    afin de ne pas mentionner les islamistes ?
    depuis fabius, on doit dire « daesh » et non plus l’état islamiste.
    Nommer les choses par leur nom est devenu si vilain que ça ?

    1. AvatarJoël

      État qui n’existe pas officiellement non plus d’ailleurs.
      Je préfère dire (tant pis pour l’amalgame) les coranistes.

  2. frejusienfrejusien

    Riche article passionnant,

    à un moment dans le discours , il associe la naissance de l’amour en Occident, avec le même type de mouvement en Orient ??

  3. Avatarbm77

    Je sais que Provins est associé à la moisson du blé et à la rose, mais je ne connaissais pas cette histoire. Je sais que c’était une des place forte de la Champagne,sinon la principale . Une agréable occasion de promenade en perspective, pour aller admirer ces roses de Provins qui sont associée à une si belle histoire . Où on s’aperçoit, en aparté ,que par son passé la France a été constamment confrontée dans son histoire à l’islam. Thibault de Champagne, c’est un croisé honni des musulmans aujourd’hui . Doit-on détruire Provins ou édulcorer son histoire ? Pourquoi ne pas la transformer en parc d’attraction???

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