La fusion des régions : entre échec financier et charcutage électoral de grande ampleur


La fusion des régions : entre  échec financier et charcutage électoral de grande ampleur

La fusion de régions s’avére, comme prévu, être un gouffre financier :

Fusion des régions : le bilan sévère de la Cour des comptes

La réforme territoriale n’a pas permis de dégager les économies escomptées. Elle a au contraire coûté plus de 200 millions d’euros, cingle un rapport de la Cour des comptes.

 Les dépenses globales ont enflé de 207 millions d’euros entre 2015 et 2018, selon un rapport de la Cour des comptes publié mardi.
Les dépenses globales ont enflé de 207 millions d’euros entre 2015 et 2018, selon un rapport de la Cour des comptes publié mardi. LP/Olivier Boite
Par Stanislas de Livonnière et Gaëtane Morin

Un coup d’épée dans l’eau.

La fusion des régions, qui sont passées de 22 à 13 (plus 5 outre-mer) au 1er janvier 2016 sous l’impulsion de François Hollande, n’a pas permis de dégager les 10 milliards d’euros d’économies escomptées.

Bien au contraire!

Les dépenses globales à périmètre constant ont enflé de 207 millions d’euros entre 2015 et 2018, selon un rapport de la Cour des comptes publié mardi.

L’institution, présidée par l’ancien socialiste Didier Migaud, épingle notamment le Centre-Val de Loire, plus mauvais élève avec + 16 %, l’Occitanie (+ 11,7 %), la Bretagne (+ 9,5 %) et la Normandie (+ 9 %).

Et révèle, en creux, une réforme mal pensée, décidée sur un coin de table à l’Elysée et mise en œuvre à la va-vite.

NDLR : Très bien pensée au contraire, comme on le  verra à la fin de cet article.

« La fusion des régions n’était qu’un des volets de la réforme territoriale, défend André Vallini, ancien secrétaire d’Etat en charge du dossier. On prévoyait aussi, initialement, de supprimer les départements, de regrouper les intercommunalités et les syndicats intercommunaux. Mais le débat parlementaire ne nous a pas permis d’aller aussi loin. »

Des économies marginales

Les économies d’échelle annoncées sont donc restées marginales, essentiellement cantonnées aux contrats d’assurance, dépenses énergétiques, achats de fournitures, frais postaux et télécommunications.

Les coûts de personnel, de structure et de fonctionnement ont, eux, explosé dans la plupart des régions fusionnées, qui ont fait le choix de préserver les équilibres géographiques préexistant à la réforme.

Motif invoqué : ne pas froisser les habitants des territoires « lésés ».

Le siège du conseil régional en Normandie a ainsi été fixé à Caen, mais Rouen, qui conserve son hôtel de région, accueille toujours deux réunions annuelles et Le Havre, une.

Les élus et les agents multiplient donc les déplacements, avec leur lot de dépenses supplémentaires.

« La construction d’un immeuble rassemblant nos 600 fonctionnaires à Caen ou à Rouen, aurait eu un coût exorbitant », fait valoir Hervé Morin, président centriste de la région.

Frais de structure et de mobilité

En Occitanie, où cohabitent désormais 13 départements pour 6 millions d’habitants, la facture est encore plus salée.

Faute de disposer d’un hémicycle assez grand à Montpellier, la présidente de la région, Carole Delga, est contrainte de louer le parc des expositions de Montpellier pour accueillir ses 158 conseillers régionaux en séance.

Prix à payer : 137 000 euros par réunion, d’après l’opposition.

« De tels schémas, peu adaptés à la rationalisation des moyens, ont laissé à ce stade peu de marges de manœuvre pour réaliser des économies, tout en introduisant un facteur de complexité dans l’organisation des services et le management des équipes », épingle la Cour des comptes.

Une masse salariale en forte hausse

D’autant qu’à ses frais de structure et de mobilité s’ajoutent les dépenses de personnel, en forte hausse.

La masse salariale augmente chaque année de 50 millions d’euros environ, estiment les magistrats.

«Il fallait bien harmoniser les salaires entre les agents de Haute et Basse-Normandie, et personne n’accepterait de gagner moins »,

justifie Hervé Morin, qui reconnaît un alignement des indemnités par le haut.

« Le nivellement nous a coûté 7 millions d’euros, mais nous avons obtenu des contreparties : généralisation des 35 heures hebdomadaires, polyvalence des postes dans les lycées et lutte contre l’absentéisme. Cela devrait permettre de dégager une économie de 8 millions d’euros dès cette année »,

À rebours de l’impression laissée par le rapport, Morin, également président de l’Association des régions de France, estime que la fusion des régions était une bonne réforme.

 

NDLR2: le retour des grands féodaux en quelque sorte. 1300 ans de politique royale, suivie de 200 ans de politique républicaine ruinée en quelques décennies .

Ce qu’il vient de demander, ce mercredi, avec 15 autres patrons de région.

Mais alors, pourquoi cette fusion calamiteuse ?
La réponse nous est donnée par ce représentant  du PS :

Bien qu’éloigné aujourd’hui des affaires, Christian Eckert (PS), ancien secrétaire d’Etat au Budget et ancien professeur de mathématiques, évalue la fusion des régions, la copie des finances et de la fiscalité locale du gouvernement. Sévère, mais juste.

Quel bilan tirez-vous de la fusion des régions ?
La fusion des régions a été présentée à tort sous l’angle des économies.
En réalité, le redécoupage n’a pas spécialement été fait pour économiser de l’argent. Il a été décidé pour contrer la présence forte du Front national (désormais Rassemblement National, ndlr) dans certaines régions, comme le Nord ou l’Occitanie.
Si c’était à refaire, je n’aurais personnellement pas poussé pour faire cette réforme
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7 thoughts on “La fusion des régions : entre échec financier et charcutage électoral de grande ampleur

  1. AvatarVan Dunord

    Tant qu’il y aura des ponctionnaires employés à vie impossible de les licencier ça sera toujours un gouffre pour les spoliés.

  2. Avatardurandurand

    Hollandouille c’est dépêcher de mettre en place les super -régions sous le prétexte fallacieux de faire des économies, nous voyons aujourd’hui le résultat de ces économies , mais surtout il a suivi la feuille de route du plan mondialiste , transformer les régions en super régions , qui deviendront des provinces de la capitale qui sera Bruxelles , dans la suite logique du plan mondialiste .Fini , liquider , hors service les états nations , notre patrie deviendra un énorme länder , une grosse province européenne , c’est ce qui va arriver si nous laissons faire ,et c’est bien parti pour !

    1. Avatarvieux bidasse.

      Questions:
      Pensez-vous que l’on puisse trouver plus con qu’un français?
      Il n’y avait pas besoin de la cour des comptes pour savoir que le gauchiotte nous a enflés une fois de plus.
      Mais il semblerait que certains aiment… donc ils vont très vite aller veauter pour le futur empereur.

  3. AvatarBobbyFR94

    Plainte DEVRAIT être portée pour mauvaise utilisation de l’argent public, avec circonstances agravantes concernant le but réel du projet qu’a été la réorganisation des régions !!!

    Un troiisième fait est celui de nuire à la « démocratie » car le but réel, maintenant avoué, est de nuire à un parti politique, ce qui devrait être CONDAMNABLE, enfin sur le papier !!!

  4. Avatarberger

    Les redécoupages sont souvent avec une arrière pensée politique. Les fusions de communes en Belgique font passer le nombre de plusieurs milliers à plus ou moins 600 mais autour de Bruxelles tout a été redécoupé pour limiter la propagation du français, En France je ne sais pas pour le RN mais j’ai aussi mon plan qui donne Beauvais, Chartres et Orléans à l’Ile de France. Grand Paris à part. Fusion NPC-Picardie, Bretagne avec Nantes. Une région au départ de Tours avec le Poitou et le Centre sans le Loiret. Lorraine et Champagne mais Alsace à part comme la Corse. Faites l’essai sur une carte!

  5. Avatarvieux bidasse.

    Il faut que je me calme et arrête de dire ma haine des gouvernementeurs: Je pourrais très bien faire le premier la découverte du goulag à la macrotte.

  6. AvatarAdalbert le Grand

    Quelle surprise!

    Avez-vous déjà vu une réforme faite par les « socialistes » qui ne soit pas un gouffre financier, une catastrophe économique (et parfois même un cataclysme)?

    Mais comme disait un illustre socialiste inconnu (du nom de Hollandouille, paraît qu’il aurait même été président), « ça ne coûte rien, c’est gratuit », vu que c’est l’argent de l’État, autrement dit l’argent des autres.

    Rappel : 5ème semaine, retraite à 60 ans, 35 heures, ISF (60 milliards nets dans les caisses de l’État qui ont fait perdre au pays l’équivalent d’une année de PIB, plus de 2000 milliards, d’où chômage, baisse de l’investissement, désindustrialisation…), pognon claqué à fonds perdu dans « l’accueil » des immigrés, jeté par les fenêtres dans les banlieues, chasse au diesel prétendûment polluant (alors qu’aujourd’hui c’est celui qui pollue le moins, dixit tous les experts, le PDG de PSA, et mon garagiste…)

    Et maintenant la fusion des régions.

    Si la gauche était compétente en économie, cela se saurait. Partout cela a toujours été un désastre. Il ne savent que jeter l’argent (des autres, jamais le leur) par les fenêtres.

    En revanche, ils maîtrisent très bien la théorie du ruissellement. Attention, celui à la sauce gauchiste, qui fait qu’une partie conséquente du flot qu’ils déversent ruisselle miraculeusement dans leurs propres poches.

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