Après le Brexit et Trump, Geert Wilders peut-il sauver les Pays-Bas ? Le printemps sera-t-il patriotique ?

2 février 2017, par Bruce Bawer

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Alors que la plupart des politiciens d’Europe, sauf Nigel Farage, ont répondu à la candidature présidentielle de Donald Trump par des ricanements de condescendance et ont salué sa victoire avec des félicitations réticentes ou des cris d’alarme apocalyptiques, Geert Wilders a toujours montré son soutien à Donald Trump. Le lendemain de l’élection américaine, le politicien hollandais a qualifié le verdict américain de « révolution politique » et de « réalisation étonnante et historique » qui « a envoyé un puissant message au monde ». Il a ajouté: « Je n’ai jamais douté de la victoire de M. Trump. Nous assistons aux mêmes soulèvements des deux côtés de l’Atlantique. Le printemps patriotique se répand dans le monde occidental ».

Espérons qu’il en soit ainsi. Jusqu’à présent, la seule preuve d’un tel printemps patriotique a été le Brexit (même s’il a paru fragile, grâce à la décision du tribunal que le Parlement britannique devait ratifier le vote référendaire, [ce qui est maintenant fait] ). La prochaine épreuve majeure du « Printemps patriotique » se déroulera le 15 mars, lorsque le parti de Geert Wilders (PVV) participera aux élections de la Tweede Kamer, la puissante chambre basse du parlement néerlandais. Les choses ont beaucoup changé depuis les dernières élections de 2012, alors que les deux grands électeurs étaient le parti travailliste de gauche (PvdA) et le parti conservateur pour la liberté et la démocratie (VVD). Le PVV de Geert Wilders est alors arrivé très en arrière, plus ou moins lié à trois autres partis, chacun prenant une douzaine de places sur 150, le reste étant réparti entre cinq partis encore plus petits. Suite aux élections de 2012, le VVD et le PvdA ont formé un gouvernement de coalition, avec le chef de file du VVD, Mark Rutte, conservant le poste de premier ministre.

Le nouveau gouvernement n’a toutefois pas tenu en place longtemps, c’est à dire jusqu’à la montée en flèche du PVV de Geert Wilders dans les sondages, en faisant le premier parti du pays. Oh surprise ! La dédiabolisation de Geert Wilders a fait passer son parti à la vitesse supérieure. La raison ? Dans un discours à ses partisans, il a demandé s’ils voulaient plus ou moins d’UE, plus ou moins du parti travailliste et plus ou moins de Marocains. La suggestion de Geert Wilders selon laquelle les Pays-Bas ne devraient peut-être pas accepter un nombre illimité de Marocains a outragé à peu près tout l’establishment hollandais ; l’élite politique et médiatique l’a frappé. Les enseignants le dénonçaient dans les salles de classe, le clergé le critiquait dans les sermons. Geert Wilders a répondu en soulignant que trois sur cinq Hollandais-Marocains de moins de 23 ans étaient des fans du rap et que les Marocains étaient 22 fois plus susceptibles que les Néerlandais de commettre des crimes violents. Mais ça n’a pas marché. Les sondages ont chuté et le parti est passé au troisième rang.

Pas pour longtemps ! Le PVV a rapidement rebondi et, depuis l’été dernier, le parti est largement repassé au premier rang, dominant le VVD d’une marge confortable et laissant le PvdA s’enfoncer rapidement dans la pénombre. Après avoir vécu le passé dramatique de leur pays depuis le 11 septembre 2001, les assassinats de Pim Fortuyn en 2002 et de Theo van Gogh en 2004, la débâcle d’Ayaan Hirsi Ali qui a occasionné son émigration vers les États-Unis en 2006 et la diffamation internationale de Geert Wilders, les électeurs hollandais semblent enfin être sur le point de faire du PVV le parti le plus représenté au parlement néerlandais, le Tweede Kamer.

Ce n’est pas trop tôt. Compte tenu de certains des événements survenus en Europe depuis 2012, notamment les attaques terroristes à Paris, Bruxelles, Nice et Berlin et la reconnaissance que ces actes avaient été facilités par les politiques d’immigration insensées de l’UE et des frontières ouvertes, il ne faut pas s’étonner que de plus en plus de Néerlandais répondent positivement à la position dure de Greet Wilders envers l’islam et l’UE. Il s’agit, après tout, d’un pays où les musulmans représentent désormais plus d’un quart de la population des deux plus grandes villes, Rotterdam et Amsterdam, et des proportions presque égales à La Haye et Utrecht. C’est aussi un pays où un tribunal a récemment trouvé Greet Wilders coupable de critiquer l’islam, un verdict qui n’a fait qu’augmenter son soutien près du grand public.

En réponse à la popularité croissante du PVV, le premier ministre Rutte a durci sa rhétorique sur l’immigration. Mais tout le monde sait que c’est du bidon, et en tout cas cela n’a pas changé grand chose. Les sondages suggèrent que le PVV pourrait emporter jusqu’à un cinquième ou un quart des sièges du parlement. Toutefois les chances semblent minces, hélas, que Greet Wilders devienne premier ministre. Dans le système néerlandais, les partis doivent invariablement négocier des accords post-électoraux pour regrouper des coalitions majoritaires et former des gouvernements ; le problème est que les dirigeants de l’establishment politique néerlandais, se prévalant du fameux cordon sanitaire qui est utilisé dans toute l’Europe pour isoler les partis ne faisant pas partie de l’establismment, ont déjà annoncé leur refus de travailler avec le PVV.

Quels que soient les résultats des élections de mars, le VVD et d’autres partis finiront probablement par former une coalition téméraire qui ne durera probablement pas longtemps, et cela pourrait entraîner une nouvelle élection, auquel cas Greet Wilders pourrait avoir une meilleure chance de l’emporter. Certes, même s’il n’a pas la possibilité de former un gouvernement, un lourd vote pro-Wilders serait, en soi, une déclaration forte, peut-être même forçant la main de Rutte & co, pour agir sur l’UE et l’immigration. Il est cependant difficile d’imaginer qu’ils feront tout ce qui est nécessaire pour sauver les Pays-Bas. Pour cela, espérons que l’électorat se déplacera vers le PVV assez rapidement pour que Geert Wilders arrive assez tôt pour faire la différence.

Qui sait ? Comme le Brexit et Trump, Geert Wilders pourrait finir par étonner le monde. Marquez le 15 mars sur vos calendriers. Quoi qu’il arrive, ce sera une journée marquée en rouge.

 

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2 Commentaires

  1. Les Néerlandais, semblent aussi cons que nous, avec cette putain d’immigration A force d’attendre ,ils se réveilleront minoritaires dans leur propre pays . Quelle similitude avec la France . J’espère que G.Wilders fera péter tout ça . Je crois malheureusement, que les peuples ont peur de tout, et attendent de se faire bouffer sans réaction. Je rêve d’un soulevement démocratique européen . Si ça ne suffit pas ,il faudra se résoudre à nous battre ,les armes à la main .

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