Relisez le discours de Ratisbonne, ce discours qui a suscité la rage et la violence islamiques

Relire le discours de Ratisbonne

Dès la première  phrase,  celui qui redevient humblement le professeur Ratzinger devant ses élèves, s’émeut que l’on veuille bien, à nouveau, écouter son enseignement.

Comme on est loin de l’arrogante humilité que certains pourraient  professer en d’autres  occasions !

Avec  Ratzinger,  on est dans la finesse, l’attente de l’autre, cet effort que fait cette  intelligence supérieure pour se rendre accessible, comme  en demi-teinte, pour que les fidèles puissent accéder à la contemplation de la splendeur de la vérité.

Nulle arrogance,  pas de formule à l’emporte-pièce de nature à vous faire aduler par l’opinion publique mondialiste. Simplement,  un discours humble et exigeant, à l’instar de ceux que pouvaient tenir  son maitre bien aimé Jésus Christ le Seigneur.

Sa recherche de la communauté des professeurs montre un souci permanent du travail en équipe, avec les autres, cette culture de la communauté, qui est comme une propédeutique à ce souci de l’Eglise,  qui sera  l’un des signes marquants  du pontificat majeur de Benoit XVI.

Dès les premières lignes,  le mot fatidique fait son apparition.

Celui qui lui valut les foudres la bien-pensance mondialiste,  celui-là même que les tenants de l’islam,  comme ceux de l’islamisme,  n’ont jamais pu entendre,  pas plus d’ailleurs que celui de liberté.

Un mot dont l’histoire, en Occident, remonte aux racines grecques de notre identité, à savoir les philosophes,  et, aussi, que cela plaise ou non,   aux pères de l’Eglise…

Un mot difficile,  car il  exige un effort permanent ;  un mot exigeant,  car il suppose une remise en cause  de tout ce que notre intelligence humaine peut appréhender, à commencer par ce que nos certitudes, y compris religieuses, peuvent nous proposer de confort et de certitudes.

Un mot scalpel,  qui peut mettre à nu ce que nous voulons cacher sous couvert d’évidences, d’habitudes,  d’us et de coutumes.

Un mot cruel qui est de nature à trahir nos lâchetés et nos mensonges partagés, consubstantiels de notre « vivre ensemble ».

Un mot qui fonde notre culture occidentale ainsi que  notre arrogance scientifique et philosophique, faut-il  l’avouer ?

Un mot qui sépare de façon injuste et irrémédiable,  et de façon parfaitement discriminatoire,  les uns des autres.

Mais un mot dont le Professeur allemand indique aussi qu’il implique une responsabilité.

Un mot dont il a souligné la nécessité dans son rapport avec la foi : La raison.

Avec un humble petit r, la raison comme un outil de travail dans notre approche du monde et des autres,  et non avec cet « R » majuscule,  qui  risque de déifier ce qui n’a pas vocation à l’être, et ne doit pas être confondu avec le Logos.

Cette raison qui est donc au cœur de ce dialogue avec l’islâm dont le discours de Ratisbonne se fait l’écho non  pas dans une islamolatrie mensongère à laquelle  trop souvent les curés et leurs chefs nous ont habitués.

Le cœur du discours de Ratisbonne est d’expliquer minutieusement pourquoi la diffusion de la foi par la violence est contraire à la raison.

Naturellement cela concerne toutes les religions, mais c’est l’islâm, on se demande pourquoi, qui s’est senti visé particulièrement et a confirmé les dires du pape en déployant à cette occasion une violence sans nom.

Faut-il rappeler que des chrétiens  ont payé de leur vie la rage islamique contrariée par ce texte extrémiste  car raisonnable ?

 
Complément de Christine Tasin
Extraits du Discours de Ratisbonne, source Wikipedia

Les paragraphes qui traitent de l’islam[modifier | modifier le code]

Paragraphe 1 –

«  Tout cela me revint en mémoire récemment à la lecture de l’édition publiée par le professeur Théodore Khoury (Münster) d’une partie du dialogue que le docte empereur byzantin Manuel II Paléologue, peut-être au cours de ses quartiers d’hiver en 1391 à Ankara, entretint avec un Persan cultivé sur le christianisme et l’islam et sur la vérité de chacun d’eux. L’on présume que l’empereur lui-même annota ce dialogue au cours du siège de Constantinople entre 1394 et 1402 ; ainsi s’explique le fait que ses raisonnements soient rapportés de manière beaucoup plus détaillée que ceux de son interlocuteur persan. Le dialogue porte sur toute l’étendue de la dimension des structures de la foi contenues dans la Bible et dans le Coran et s’arrête notamment sur l’image de Dieu et de l’homme, mais nécessairement aussi toujours à nouveau sur la relation entre — comme on le disait — les trois « Lois » ou trois « ordres de vie » : l’Ancien Testament — le Nouveau Testament — le Coran. Je n’entends pas parler à présent de cela dans cette leçon ; je voudrais seulement aborder un argument — assez marginal dans la structure de l’ensemble du dialogue — qui, dans le contexte du thème « foi et raison », m’a fasciné et servira de point de départ à mes réflexions sur ce thème.  »

Paragraphe 2 –

«  Dans le septième entretien (dialexis — controverse) édité par le professeur Khoury, l’empereur aborde le thème du djihad, de la guerre sainte. Assurément l’empereur savait que dans la sourate 2, 256 on peut lire : « Nulle contrainte en religion ! ». C’est l’une des sourates de la période initiale, disent les spécialistes, lorsque Mahomet lui-même n’avait encore aucun pouvoir et était menacé. Mais naturellement l’empereur connaissait aussi les dispositions, développées par la suite et fixées dans le Coran, à propos de la guerre sainte. Sans s’arrêter sur les détails, tels que la différence de traitement entre ceux qui possèdent le « Livre » et les « incrédules », l’empereur, avec une rudesse assez surprenante qui nous étonne, s’adresse à son interlocuteur simplement avec la question centrale sur la relation entre religion et violence en général, en disant : « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l’épée la foi qu’il prêchait ». L’empereur, après s’être prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l’âme. « Dieu n’apprécie pas le sang — dit-il —, ne pas agir selon la raison, sun logô, est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l’âme, non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelqu’un à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace… Pour convaincre une âme raisonnable, il n’est pas besoin de disposer ni de son bras, ni d’instrument pour frapper ni de quelque autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de mort… »

Paragraphe 3 –

«  L’affirmation décisive dans cette argumentation contre la conversion au moyen de la violence est : ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. L’éditeur Théodore Khoury commente : pour l’empereur, un Byzantin qui a grandi dans la philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, en revanche, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable. Dans ce contexte, Khoury cite une œuvre du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui explique que Ibn Hazn va jusqu’à déclarer que Dieu ne serait pas même lié par sa propre parole et que rien ne l’obligerait à nous révéler la vérité. Si cela était sa volonté, l’homme devrait même pratiquer l’idolâtrie.  »

(Dans la suite de son discours (12 paragraphes), le pape parle des relations entre la Foi catholique et la raison, en particulier la philosophie hellénistique. Il n’est plus question de l’islam ni de la violence, par contre la citation de Manuel II « Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. » revient à deux reprises.)

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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4 Commentaires

  1. Benoit 16 était un très bon pape, on a récupéré cet imbécile heureux de pape François, à la place.
    Je commence à croire que Nostradamus avait raison quand il prédisait il y a 8 siècles, que l’actuel pape serait le dernier…

  2. On comprend mieux, à la lecture de cet article, pourquoi le pape Benoit XVI a été poussé à la démission… Pas d’islamisation = pas de mondialisation imposée à des peuples abrutis.

  3. Laurent, je partage tout à fait votre analyse.
    Je regrette beaucoup le pape Benoît XVI. Il a osé et parce qu’il a osé il a été ostracisé !
    Un peu en marge mais dans le même esprit : entendu ce matin que l’acteur Omar Sy est le personnage préféré des Français… Ce dernier défend naturellement le « Vivre Ensemble » – Et il déplore que la parole de ceux qui le décrient ne soit pas mieux condamnée… Encore un qui voudrait museler la liberté d’expression !
    Je n’ai pas répondu au sondage IFOP et je n’aurais pas choisi ce comédien comme étant mon préféré…

  4. Bonjour,
    Notre grand problème est que, nous n’avons ni à la tête de l’Eglise, ni à la tête de l’archevêché de Paris, une personnalité d’un telle ampleur intellectuelle
    Le fait que le Christianisme considère qu’il y a des lois morales « fixées » et universelles est essentiel à mon avis.
    Car, transposé au domaine du monde matériel, il a donné naissance, avec Galilée, à la Physique mathématique – et justement à ses lois « fixées » et universelles – qui a permis à l’Europe de surclasser l’Islam.
    L’Islam, avec un dieu qui édicte des lois variables, et ce depuis le Coran, un dieu non obligé par la logique, avait perdu la partie …
    Il a fallu que la stupidité crasse de « nos » gouvernants qui, en lui ouvrant les portes de notre Monde, lui donne un avantage que l’on espère très temporaire.
    Les musulmans ne s’y trompent pas, ils rient, à gorge déployée, de cette stupidité :
    http://oumma.com/201463/plus-important-bouleversement-demographique-de-lhisto

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