Port du voile en Iran : la résistance des femmes s’organise grâce à internet


Port du voile en Iran : la résistance des femmes s’organise grâce à internet

C’est sur le réseau Instagram, qui permet de publier des photographies personnelles, que le pouvoir iranien et des femmes mannequin jouent au chat et à la souris.

Resplendissantes sans leur voile, elles osent défier le tribunal chargé de la cybercriminalité, le corps des gardiens de la révolution islamique et le centre iranien contre les cybercrimes.

Pour exprimer sa solidarité, une jeune iranienne s’est même rasé la tête puis a diffusé sa photo sans cheveu ni voile, faisant valoir qu’ainsi, elle n’avait plus de chevelure à cacher !

C’est aussi grâce au réseau social Facebook qu’une vidéo a pu être diffusée montrant une femme entrer dans un stade sans voile, ce qui est interdit, toutes les femmes, quelles qu’elles soient, devant porter le voile en Iran, même si elles ne sont pas musulmanes. Néanmoins, une des rebelles ayant été interpellée a dû exprimer publiquement ses regrets… On imagine aisément que ses paroles n’exprimaient pas sa pensée réelle.

Les pays occidentaux ne devraient donc avoir aucun scrupule à interdire le voile islamique de la même manière que leurs ressortissantes se le voient imposer en Iran.

Qu’en disent le Pape François, Barack Obama, les étudiants de Sciences po ayant participé au Hijab day, les femmes voilées en Occident, etc. ?

L’article rappelle enfin que de jeunes Iraniens ont récemment été condamnés à de la prison et fouettés pour s’être filmés en train de danser.

Sources :

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160517.OBS0638/iran-arrestations-de-mannequins-qui-s-affichent-sans-voile-sur-instagram.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/l-histoire-du-soir/20160516.OBS0624/la-solution-radicale-d-une-jeune-iranienne-pour-echapper-au-port-du-voile.html

Iran : chasse aux mannequins qui s’affichent sans voile sur Instagram

Le compte Instagram de la mannequin iranienne Elham Arab compte plus de 12.000 abonnés

Le tribunal iranien chargé de la cybercriminalité juge « anti-islamiques » les photos partagées par bon nombre de professionnels de la mode.

Huit personnes ont été arrêtées en Iran et accusées de propagation de « culture anti-islamique » sur la plateforme de partage de photos Instagram, pour y avoir publié des images de femmes non voilées.

Le tribunal iranien chargé de la cybercriminalité inspecte depuis deux ans tous les recoins d’Instagram, dans le cadre de l’opération « Araignée 2 », afin de traquer tous ceux qui partagent des photos « anti-islamique ». Une vaste communauté de professionnels de la mode a ainsi été identifiée, dont 170 personnes qui géraient des pages sur Instagram (59 photographes et maquilleurs, 58 mannequins, et 51 responsables de maison de couture), d’après un communiqué officiel.

« Nous avons découvert que 20% du réseau Instagram iranien était contrôlé par les milieux de mode », a déclaré dimanche soir Javad Babaie, juge au tribunal chargé de la cybercriminalité, à la télévision d’Etat.

Il affirme que 60% des utilisateurs iraniens d’Instagram suivent ces pages. La plateforme s’avère très populaire en Iran, où Facebook et Twitter sont interdits.

Accusé de « propager de la prostitution »

Javad Babaie ajoute que les huit personnes arrêtées « propageaient un contenu immoral et une culture anti-islamique », notamment des photos de mannequins non voilées. Or, selon lui, le devoir de la justice est « d’agir contre ceux qui commettent de manière organisée de tels crimes ».

21 autres personnes font également l’objet de procédures et d’avertissements.

Cette affaire survient après l’arrestation en février dernier de 7 mannequins, tous relâchés depuis.

« Certaines d’entre elles sont accusées de charges lourdes, propagation de la prostitution et de la corruption », avait alors précisé le porte-parole de l’autorité judiciaire.

Il ne précise pas si les huit nouvelles arrestations concernent les mêmes personnes (selon le « DailyMail », il s’agissait de Melikaa Zamani, Niloofar Behboudi, Donya Moghadam, Dana Nik, Shabnam Molavi, Elnaz Golrokh et Hamid Fadaei).

Selon la justice iranienne, l’opération « Araignée 2 » fait suite à « des milliers de lettres et d’e-mails venant de tout le pays contre les aspects négatifs de l’espace virtuel, notamment Instagram ». L’application, propriété de Facebook, est ainsi accusé de « propager le mannequinat et à normaliser la débauche », de « promouvoir des habits qui sont contre les coutumes de la société iranienne » et d' »attirer les jeunes filles et garçons en leur proposant des revenus considérables ».

« Les gérants d’Instagram veulent changer le mode de vie islamique-iranien en Iran », accuse même le Centre iranien des crimes organisés.

« La stérilisation les cyberespaces populaires »

Dimanche, la télévision d’Etat a diffusé en direct une émission dans laquelle la mannequin iranienne Elham Arab expliquait « volontairement » devant le procureur de Téhéran qu’elle regrettait ses actes, notamment la publication de ses photos non voilée sur les réseaux sociaux, et conseillait aux Iraniennes de ne pas commettre la même « erreur ». Par ailleurs, elle a affirmé qu’elle gagnait jusqu’à l’équivalent de 3.300 dollars par mois, alors que le salaire minimum en Iran est d’un peu plus de 200 dollars mensuels.

Depuis la Révolution islamique de 1979, le voile islamique est obligatoire en Iran pour toutes les femmes. Les femmes se voient tenues de se couvrir tout le corps à l’exception du visage et des mains.

Malgré la victoire des réformistes et modérés au Parlement iranien en février dernier, le contrôle de l’expression sur internet se poursuit en Iran.

« La stérilisation les cyberespaces populaires est notre objectif », a lancé un porte-parole du Centre iranien contre les cybercrimes à la BBC. « Nous avons déjà mis en place un plan en 2013 avec Facebook, maintenant il faut le faire avec Instagram. »

YouTube s’avère également scruté, puisqu’en mai 2014, les autorités ont arrêté un groupe de jeunes Iraniens pour avoir publié une vidéo où on les voyait danser sur la chanson « Happy » de Pharrell Williams. Malgré les nombreuses critiques, les jeunes ont écopé de prison avec sursis et de 91 coups de fouet, rappelle le « New York Times« .

Plus récemment, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (organisation paramilitaire iranienne dépendant du chef de l’Etat) s’est dit préoccupé par la popularité de Kim Kardashian sur Instagram. Selon « Vanity Fair », la starlette ne serait autre qu' »une espionne » travaillant pour la plateforme, qui entend ainsi « cibler les jeunes et les femmes » afin de les corrompre avec un mode de vie en contradiction avec l’islam.

La solution d’une jeune Iranienne pour échapper au port du voile : se raser le crâne

La jeune femme s’était rasé le crâne par solidarité, mais son geste est devenu politique.

Cette jeune Iranienne avait initialement pris la décision de se raser la tête dans le but de vendre ses cheveux afin de venir en aide à de jeunes enfants atteints du cancer. Et ne se doutait pas que cela deviendrait un symbole de la lutte contre le port du voile dans son pays.

Sans révéler son identité, elle a publié cette photo via l’influent groupe Facebook « My Stealthy Freedom », qui soutient notamment la lutte contre le port du voile, obligatoire pour les femmes dans les lieux publics en Iran (étrangères, touristes et non-musulmanes comprises), en y adjoignant ce texte :

« J’ai vendu mes cheveux pour aider ces adorables petits anges atteints de cancer. Mais quand je suis sortie dans la rue, je me suis dit : ‘Pas de cheveux, pas de police des mœurs !’ Ceux qui me disent toujours de me voiler les cheveux n’ont plus aucune bonne raison de m’arrêter à présent. »

Et, suivant cette logique, elle a décidé de sortir tête nue dans la rue.

La loi iranienne oblige les femmes à cacher leurs cheveux, même si une tolérance existe envers les foulards laissant apparaître le haut du crâne, comme le note le « Huffington Post » qui rapporte l’histoire.

Les administrateurs de la page Facebook « My Stealthy Freedom », créée en mai 2014 par une journaliste en exil en Angleterre et suivie par 1 million de personnes, s’inscrivent dans un mouvement de lutte contre le port du voile qui n’a jamais cessé depuis la révolution islamique de 1979 et qui prospère aujourd’hui sur les réseaux sociaux. Ainsi, en avril, est né le hashtag #SeeYouInIranWithoutHijab qui appelle les touristes féminines à ne pas se couvrir la tête en visitant le pays.

Huit arrestations pour « culture anti-islamique »

Huit personnes liées au milieu de la mode et accusées de propagation de « culture anti-islamique », notamment pour avoir publié des photos de femmes non voilées sur Instagram, ont été arrêtées ce lundi 16 mai, d’après les informations de l’AFP. Provoquant l’indignation de la page « My Stealthy Freedom » :

« Non seulement on ne nous autorise pas à afficher notre réelle identité dans les rues d’Iran, mais en plus maintenant la police veut traquer la présence des femmes sur les réseaux sociaux. C’est comme si nous étions témoins d’une guerre culturelle quotidienne entre ces femmes et le gouvernement ».

En mai dernier, toujours sur la page Facebook « My Stealthy Freedom » (« ma liberté discrète »), était publiée la vidéo d’une jeune femme qui avait réussi à rentrer dans un stade de football sans voile, habillée de drapeaux aux couleurs de son équipe. La projection et la distribution de cette vidéo visionnée plus de 54.000 fois sur Internet ont été interdites en Iran. Les femmes n’ont pas le droit de pénétrer les enceintes sportives, au prétexte qu’elles seraient « exposées à de grands risques d’agressions violentes ou verbales », expliquait la page Facebook.

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Maxime

"On ne peut vivre agréablement si l'on ne vit avec prudence, honnêteté et justice" (Epicure). La France ne pourra retrouver la jeunesse de Bacchus peinte par Bouguereau qu'en renforçant le principe de précaution.


7 thoughts on “Port du voile en Iran : la résistance des femmes s’organise grâce à internet

  1. AvatarCaughnawaga

    C pas bien une femme non-voilée, mais mettre 25 supposés espions dans un bain d’acide nitrique, ça c bien.

    On marche sur la tête

  2. AvatarBaudin Brencic Arielle

    Mais qui….va nous débarrasser de cette immonde Saloperie,qui ou quoi…?

  3. Olivia BlancheOlivia Blanche

    C’est bien le paradoxe de notre monde actuel. Tandis que les femmes du Moyen Orient souhaitent, pour beaucoup, l’émancipation, les musulmanes vivant en Europe sont soumises au coran – ou aux imams – qui prêchent dans les mosquées construites sur notre sol !

    Pas plus tard que ce matin, j’étais dans le bus. Un groupe scolaire est monté : classe verte – et les mères qui accompagnaient étaient voilées ! Trois en tout, dont une était de toute évidence une Française convertie… La majorité des enfants étaient d’ailleurs issus de l’immigration. Je n’ai repéré qu’un seul gamin de type européen…

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